‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 199 sur 385 · MISSION DE BALBI · texte numérisé non relu

MISSION DE BALBI

avait contractés avec Marie-Thérèse, et qu'il se trompait sur les sentiments intimes du monarque français à son égard, Au fond du cœur il ne croyait pas à une union réelle et durable des maisons de Bourbon et de Habsbourg: à ses veux l'intérêt de la France ne pouvait se concilier avec la suprématie de l'Autriche en Allemagne, et devait s'opposer À l'écrasement de la Prusse, seule capable de maintenir dans l'Empire la balance des pouvoirs. D'ailleurs, quelle que fût l'issue des pourparlers, ils auraient peut-ètre pour effet de ralentir l'action militaire des Francais. Gagner du temps dans la crise qu'il traversait, c'élait beaucoup, et la mission de Balbi, n'eût-elle produit que ce résultat, aurait été fort avantageuse à la Prusse.

Mais tout en s'offrant à traiter, Frédéric demeurait résolu à faire tête à ses ennemis. Au retour de sa tentative infructueuse de livrer bataille aux Autrichiens, il vint à Dresde avec 12,000 hommes, laissant le gros de ses forces sous les ordres du duc de Bevern, pour surveiller le prince Charles et défendre la Silésie ; puis, après quelques jours dans la capitale de la Saxe, il se porta au-devant des confédérés en Thuringe. Cette semaine de la fin d'août fut pour lui une des périodes les plus sombres de ce triste été. C'est avec raison que Frédéric pouvait écrire (1) à Finckenstein : « La crise est si terrible que cela ne saurait durer plus longtemps; le mois de septembre décidera de mon sort pour l'automne et pour l'hiver; quand nous l’aurons passé, il faudra voir ce qui nous reste à faire. Vous pouvez compter que nous nous battrons bien... Voilà ma facon de penser et celle de l’armée. »

(1) Frédéric à Finckenstein, 28 août 1757. Correspondance politique, vol XV, p. 312.

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be Du CHAPITRE VII Dai dét CAMPAGNE DE WESTPHALIE, — BATAILLE D'HASTENBECK. ten ein sur L'entrée en campagne des Français dans le nord de jo l'Allemagne ne date que des derniers jours d'avril 1757. do “A Ce fut à cette époque en effet que le maréchal d’Estrées dta: arriva à Wesel, et prit le commandement de son armée seig dont les premiers échelons avaient déjà pénétré en West- état ’ phalie; mais les préparatifs pour la mobilisation des trou- ske pes et leur marche sur le Rhin remontaient à ï hiver. toi D'Estrées lui-même revint d'Autriche au commencement tach de mars, avec la dignité de maréchal de France qui lui — avait été conférée pendant son absence. A Vienne et à D Paris, on avait beaucoup discuté les plans stratégiques; ‘ lé mais malgré l'échange de force mémoires, projets et con- de £ tre-projets, on n'avait pas pu se mettre d'accord, et on sé avait décidé de subordonner la direction de la grande due armée à la neutralité du Hanovre, au sujet de laquelle les lé négociations étaient encore pendantes. En attendant leur la té issue, le premier objectif, invariable quelle que fût la Les destination ultérieure, était le passage du Rhin et la con- géné h quête des territoires appartenant au roi de Prusse, situés sur ce fleuve; l'opération initiale devait être le siège des ({)1 places fortes de Gueldre et de Wesel. nou Le prince de Soubise, désigné dès le 1°’ janvier pour le ee commandement provisoire, recut le 25 février (1) sa let- celte n ii rép (1) Instructions à Soubise, 5 février 1757. Archives de la Guerre. p chives

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