RÉGIME DU SOLDAT FRANCAIS
tre de service et ses instructions. Il avait sous ses ordres 107 bataillons et 127 escadrons, dispersés dans la Flandre, la Lorraine et le pays Messin. Ces troupes, distribuées en cinq colonnes, devaient partir de Longwy, Sédan, Maubeuge, Valenciennes et Lille, et se diriger sur Neuss "t busseldorf où les premières seraient rendues vers le 15 avril. bans le document ministériel (1) nous relevons quelques détails intéressants sur la marche, la nourriture et le traitement des hommes. Les étapes, qui variaient de deux à cinq licues, étaient réglées sur le pied d'un jour de repos sur cinq; chaque soldat touchait une ration de sept quarterons de pain et de trois quarterons de viande, et avait droit au logement, au feu et à la lumière gratis, Le pain était fabriqué 2/3 en froment et 1/3 en seigle, et non en seigle pur comme dans l'armée autrichienne; son coût était évalué à deux sols six deniers en monnaie de France, et celui de la viande, qui devait être de bonne qualité, à trois ou quatre sols la livre. À chaque régiment étaient attachées des voitures pour transporter les tentes et les havresacs.
Peu de jours après la remise des instructions de Soubise, le maréchal d’Estrées (2) recut sa nomination officielle de général en chef (3), en cas de maladie ou d'absence il serait remplacé par le duc d'Orléans. Soubise atfecté au commandement éventuel d'un corps auxiliaire sous l'autorité du général de l'Empire, resterait en attendant à la tète d’une division indépendante de la grande armée. Les mémoires qui accompagnaient la lettre de service du généralissime, prévoyaient, contrairement aux premiers
(1) Instructions aux commissaires français, 21 février 1757. Archives de la Guerre.
(2) Instructions à d'Estrées, 1° mars 1757. Archives de la Guerre.
(3) Le comte de Clermont écrivit à Mme de Pompadour pour se plaindre de celte nomination et du maréchal de Belleisle qui l'avait inspirée. La marquise ii répondit que le choix s'imposait. Papiers de Clermont, vol. XXXII. Archives de la Guerre.
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proiets, l'évacuation de Wesel par les Prussiens, dont l'avis avait été transmis d'Allemagne par les agents francais (1 et la concentration sur les bords du Weser de l’armée &u duc de Cumberland. Hi était libre de marcher à l'ennemi pour le combattre, ou de prendre une position « qui, sans le commettre au hasard d’une action, lui procure l'avantage de couvrir le siège de Gueldre et les magasins qu'il aura faits dans la Westphalie. » Si la neutralité du Hanovre n'était pas consentie, hypothèse de beancoup la plus vraisemblable, le maréchal aurait l'alternative d'occuper les États du landgrave de Hesse Cassel et d'y attendre le cours des événements, ou, si le passage du Weser n'offrait pas trop de dangers, de s'emparer de Minden et d'Haweln. On espérait que ce premier succès conduirait à la conquête de Hanovre, Rrursv'ick, et même de Halberstadt où l’on s'installerait pour prendre des quartiers d'hiver et préparer le siège de Magdebourg. D'Estrées devait « maintenir la discipline, punir les maraudeurs avec toute la sévérité possible, empècher que les officiers et soldats ne commettent aucune violence contre les habitants, et surtout qu'on ne porte aucun préjudice à ceux de la religion prétendue réiormée, ni dans leurs personnes, ni dans leurs biens, ni dans leur culte, pour ne pas aliéner le corps évangélique que l’on s'efforce d'entrainer dans la guerre présente, sous prétexte d’une oppression supposée. » Avant d'entamer le récit des opérations, essayons de nous rendre compte de la composition et de l’organisation de la grande armée qui allait franchir le Rhin. L'infanterie était répartie en régiments français, allemands et suisses; les premiers, en nombre très supérieur, étaient tantôt comme les vieux régiments de Champagne, Picardie, Navarre, etc., à quatre bataillons, tantôt, pour les corps de création plus récente, à deux et quelquefois à un scule-
(1) Ryhiner au ministre, 27 février 1757 Archives de la Guerre.
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