‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 201 sur 385 · ARMEMENT DE L'OFFICIER ET DU SOLDAT · texte numérisé non relu

ARMEMENT DE L'OFFICIER ET DU SOLDAT

ment. Le bataillon français (1) se divisait en 17 compagnies dont 1 de grenadiers et 16 ‘le fusiliers; ces dernières au complet comptaient 1 capitaine, 1 lieutenant, 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspessades, 1 tambour et 31 soldats; les grenadiers avaient un officier subalterne et 5 hommes de plus; pour la manœuvre 2 compagnies étaient réunies en une seule division. Le bataillon, non compris les officiers, devait avoir après les dernières augmentations un effectif de 685 hommes, et possédait, depuis le commencement de l’année, une pièce légère d'artillerie dite « à la suédoise. » Ce canon trainé par 3 chevaux avait une provision de 55 projectiles dans le coffre d’avanttrain, et était servi par un détachement d’un sergent et de 16 hommes d'élite pris dans le corps. Pour le déploiement en ligne, la formation se faisait générelement sur trois rangs. Les officiers et sergents Ge grenadiers étaient armés d’un fusil du poids de 6 livres; les officiers de fusiliers portaient un esponton, sorte de lance longue de sept pieds, se terminant par une lame de huit pouces et pesant en tout trois livres; les sergents étaient munis d’une hallebarde. L'exercice à la prussienne, très compliqué et comportant un grand nombre de temps et mouvements, se faisait sous la surveillance du major du régiment et des aide-majors. Au premier bataillon figurait l'état-major composé du colcnel, du lieutenant-colonel, d'un aide-major, du maréchal des logis, de l’aumônier, et du chirurgien; à la tète des autres était le commandant, ayant rang tantôt de capitaine sans compagnie, tantôt de lieutenantcolonel; il était assisté d’un aide-major. Les régiments étrangers avaient par bataillon à peu près le mème effectif, mais leurs compagnies étaient doubles ou triples des françaises. Chaque capitaine était responsable de sa

(1) Ces renseignements sont puises dans le recueil des règlements et ordonnances de 1756,1757, etc. Bibliothèque de la Guerre.

compagnie, et encaissait des primes calculées d'après un nombre de présents s’écartant peu du complet, et supprimées quand ce nombre tombait au-dessous d'un minimum fixé. La solde journalière des officiers variait selon les corps et d’après les circonstances; le capitaine de fusiliers touchait cinq livres (1) par jour, le lieutenant 45 sols, le chirurgien 30 sols; quant aux soldats, le prêt, fixé à 15 sols pour le sergent, descendait par échelons successifs à cinq sols six deniers povr le simple fusilier. L'entretien du linge et de la chaussure était en principe à la charge de l’homme, mais en campagne il iui était alloué de temps en temps une paire de souliers à titre de gratification. L'habillement et l'équipement étaient payés par la masse alimentée au moyen de retenues sur la solde. Enfin, en temps de guerre, officiers et soldats avaient droit au pain, et, sauf le vendredi, à des rations de viande dont l'unité était fixée à 1/2 livre, mais dont la quantité différait selon le grade, le colonel en recevant 18 tandis que le simple troupier n’en avait qu'une seule.

La cavalerie appartenait presque exclusivement à la branche de l’arme qu’on appelle aujourd'hui la grosse cavalerie, et portait la cuirasse; les régiments étaient à 2 escadrons divisés en quatre compagnies, fortes chacune d'un capitaine, un lieutenant, un maréchal des logis. 2 brigadiers et 38 cavaliers, et avaient par conséquent un complet de 328 soldats. A l'état-major figuraient le colonel décoré du titre de mestre de camp, le lieutenant-colonel, le major, l’aide -major, l’aumônier et le chirurgien. Les dragons, considérés comme une sorte d'infanterie montée, et les hussards, d'ailleurs peu nombreux, avaient une constitution spéciale et un eflectif presque double. L’artillerie, fusionnée depuis 1755 avec

(1) D’après les savants calculs de M. d'Avenel, la valeur de l'argent à l'époque qui nous occupe était à peu près double de la valeur actuelle.

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brouiller, l’entrain, la bonne humeur, le courage. Dirigés par des chefs investis de leur confiance, ils auraient déployé la résistance, la solidité, l’héroïsme qui ont il-

ESPRIT DES OFFICIERS ET DES SOLDATS. 385 1% 28 on | ji le génie, était répartie en bataillons, et affectée uni- 4 Ù |: . juement au service des canons de calibre moyen qui for- De | ea maient une réserve indépendante des pièces régimen- 64: | ro taires. “ai Gi | de Si, de l’organisation matérielle, nous passons à l'étude EE . du personnel, 1l nous faudra constater qu'il laissait fort à LA AOC EN ët. désirer. Les incidents de la campagne nous révèleront un FA | de corps d'officiers peu homogène. A la tête des régiments, At LE ONE | er des jeunes gens servis par la naissance et la fortune plus LE D CON ue par le mérite, braves au feu mais sans expérience, Leu PR AIN ue frondeurs, et pour la plupart plus soucieux de leurs aises LOS RE | te que du bien-être de leurs hommes; dans les compagnies, 0 dr par | à côté" d'une forte proportion de représentants de la no- RECU Le

D blesse de province, beaucoup d'officiers sortis du rang, m2 4 L nt : vieillis sous le harnais, mais igncrants et rebelles aux 1 SEE inde méthodes nouvelles, d’ailleurs aussi besogneux les uns À LA EU ntité que les autres. La troupe, recrutée au moyen d enrôle- À à Lt si D ments volontaires, comptait bon nombre de mauvais su- bo jets et de jeunes soldats incapables de soutenir les fati- PE) LT QE & gues d’une longue campagne. La durée du service fixée à its ni 1 ‘ six ans, sauf rengagement en temps de paix ou maintien mL ML QE sta forcé en temps de guerre, eût permis de constituer des AE À ee : noyaux solides et de leur inculquer une instruction mili- l pes | bris. taire suffisante ; malheureusemeït la dispersion des gar- re | nt nisons, la faiblesse des effectifs, le peu de connaissances RATE | t le des supérieurs, entravaient les bons résultats qu'eût don- A fee (EME sute- M nés le séjour prolongé sous les drapeaux. En résumé, ERREUR à at le les troupes dont le maréchal d’Estrées allait prendre le HA Es. commandement, peu exercées, médiocrement encadrées, À “an Se étaient mal préparées pour la guerre; et cependant, à te Seti côté de leurs défauts, les soldats français d’alors pos- k Avec sédaient les qualités inhérentes à la race, l’art de se dé- a de à :

lustré en maintes circonstances leurs descendants directs. Par malheur, parmi les généraux de Louis XV il n'y en eut pas un qui fût capable de tirer parti des éléments qu'il avait entre les mains: pas un seul, parmi les nombreux commandants qui se succédèrent à la tête des armées, ne songea à faire appel aux sentiments d'honneur et de dévouement qui existaient alors comme ils existent aujourd'hui; nul ne sut faire vibrer la note du devoir et du patriotisme, et obtenir l'effort presque surhumain qui mène à la victoire.

Maintenant que nous avons fait connaissance avec l’armée que d’Estrées allait conduire en Allemagne, nous pouvons revenir aux premiers incidents de la campagne. 11 devenait chaque jour plus évident que le roi George ct ses alliés ne laisseraient pas traverser leurs États sans opposition, et qu'il faudrait rayer du programme l’hypothèse de la neutralité. De Hambourg (1) et de Munster, où le colonel Ryhiner (2) était allé surveiller les travaux de fortification que faisait exécuter l’Électeur de Cologne, on apprenait la confirmation de l'abandon de Wesel et l'évacuation par la voie hollandaise de la grosse artillerie de cette place. D'autre part, l’arrivée d'Angleterre des Hanovriens et le retour annoncé du contingent hessois à la solde de cette puissance, n'étaient pas des symptômes pacifiques. On estimait que l’armée de Cumberland, quand elle serait au complet, renforcée des P,ussiens de Wesel, des Brunswickois et de quelques détachements venus de Magdebourg, atteindrait un effectif de 50,000 hommes.

La marche sur le Rhin des colonnes françaises s’effectua dans d'excellentes conditions; les soldats pleins d’entrain observèrent la discipline la plus exacte (3), et malgré le

(1) Champeaux au ministre, 7 mars 1757. Archives de la Guerre.

(2) Ryhiner au ministre, 2,13, 20 el 23 mars 1757. Archives de la Guerre,

(3) Soubise au ministre, 25, 26 mars et 13 avril 1757. — Broglie au ministre, 27 avril 1757. Archives de la Guerre.

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