‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 202 sur 385 · MARCHE DES TROUPES VERS LE RHIN · texte numérisé non relu

MARCHE DES TROUPES VERS LE RHIN

mauvais temps supportèrent vaillamment les fatigues de la route. Parmi les corps destinés à faire campagne, figurait le régiment de Champagne à la tête duquel était le comte de Gisors; ce jeune colonel entretint avec son père, le maréchal de Belleisie, une correspondance (1) des plus suivies. Nous y verrons, pris sur le vif et dépeint dans un style à la fois naturel et plein de coloris, le soldat français du dix-huitième siècle, avec ses qualités et ses défauts. Dans ces billets où se révèlent la modestie, le sentiment du devoir et la haute loyauté de l'écrivain, nous trouverons la description de la vie des camps, le reflet des racontars du bivouac et la critique respectueuse au commandement. La position sociale du comte de Gisors, ses relations intimes avec l'État-major, mettaient à sa disposition des sources d’information, dont l'autorité rehausse la valeur; enfin l’honorabilité et la vrobité du narrateur assurent au récit un caractère d’impartialité bien rare à cette époque d'intrigues et de cabales.

« Nous n'avons pas laissé un homme en arrière des bataillons (2), écrit-il de Sierck...; la gaieté et la bonne volonté du soldat sont très grandes, mais ce sont des jeunes gens qu’il faut bien ménager pour que leurs forces se maintiennent jusqu’à la fin de la campagne. » Cependant la patience du militaire devait subir de rudes épreuves. «Vous savez (3) en combien de juridictions ces environs-ci sont répartis; la moitié d’un village dépend de l’une, l’autre moitié de l’autre. Une compagnie a son billet de logement pour un tel village où il y a deux ou trois maires

(1) M. Camille Rousset dins son charmant ouvrage Le comte de Gisors, a reproduit de nombreux extraits des lettres de son héros. Toute cette correspondance est contenue dans les archives de la Guerre; nous ÿ avons puisé des détails précieux.

(2) Gisors à Belleisle. Sierck, 3 avril 1757. Archives de la Guerre, C. Rousset p. 161.

(3) Gisors à Belleisle. Saarbourg, 6 avril 1757. Archives de la Guerre.

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différents; si elle s'adresse à l’un plutôt qu'à l’autre il la est

renverra sans autre explication. Nous en avons qui ont à V

fait deux lieues à l’entour de la ville avant de trouver con

gite; et dispersées comme elles le sont, ce sera une preuve le 1

bien grande de notre discipline s’il n'arrive aucun dé- imr

sordre. » ma,

Avant mème le début des hostilités, la question des ap- pris provisionnements donna lieu à des difficultés sérieuses. P

Pour l'établissement des magasins de fourrage qu’on vou- SOg'I

lait créer sur la rive gauche du Rhin, on rencontrait des mar

obstacles qui provenaient autant des entraves apportées ter,

de Paris (1) au service de l'intendance que des exigences qui,

et du mauvais esprit des habitants. Le ministre fran- mée

çais accrédité auprès de l'Électeur de Cologne, M. Mon- na)

teils, se plaint des prix exagérés qu'on fait payer aux trou

a commissaires de l’armée et conseille des mesures éner- pass: nr : giques. « M. Foulon, (commissaire ordonnateur à Dus- tail] nl seldorf) écrit-il (2), est vif comme du salpètre, et nos renfc j. ‘Ii commissaires de l'Électeur de Cologne sont indécrottables : peut

cela fait que j'ai une peur de chien que le service se fera. c'est de la plns mauvaise façon. » L'Électeur lui-même est bien pére disposé, mais il n’en est pas de même de certains de ses su- Ce jets. « Envoyez des hommes camper à Dorstein sur la Lippe, s'assé et qu'ils y soient la flamme à la main sur toutes les pos- le 8 à sessions situées dans les États du roi de Prusse, qui ap- sessid partiennent aux mal intentionnés de la ville de Munster. et en Celle-ci étant pour vous tout seul, et dans le tuyau de les P

l'oreille je la finis tout court. » Monteils préchait une vigou- de la reuse offensive ; il voulait que l’armée tombât sur les Hano- répa vriens avant leur concentration. « Le roi d'Angleterre (3) laissé

(1) Lucé se plaint de la défense qui lui avait été faite d’acheter des four- (1)P rages. Lucé à Duverney, avril 1757. Archives de la Guerre. Guerre.

(2) Monteils à Fumeron ( 1° commis à la Guerre), 25 mars 1757. Archives (2) oO de la Guerre. chives (3) Monteils à d'Estrées, 6 avril 1757. Archives de la Guerre. (3) Sa

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