‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 204 sur 385 · RÉPARTITION DE L'ARMÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DE L'ARMÉE FRANÇAISE

à toutes les recherches qu'on exige. Avec de la patience, on est venu à bout de persuader les magistrats et le clergé. Il est aisé de négocier quand on se trouve en compagnie aussi nombreuse et aussi respectable. En mème temps on se loue de la discipline la plus exacte; je crois qu'elle se maintiendra. »

Quand d'Estrées arriva à Wesel le 27 avril, la disposition de l’armée était la suivante : Beauvau était à Munster et Hatteren sur la Lippe avec 8 bataillons. Saint- Germain avec 10 bataillons et # escadrons était campé sur le cours supérieur de cette rivière. Entre la Lippe et la Roer, étaient cantonnés 8 bataillons et 2 escadrons, sans compter les partisans de Fischer ; le duché de Berg était occupé par une division de 8 bataillons et 10 escadrons. En résumé, à peu près le tiers de l'infanterie, 3% bataillons sur 110, et le huitième de la cavalerie, 16 escadrons sur 127, avaient franchi le Rhin; le reste de l’armée était échelonné sur la rive gauche du fleuve, depuis Clèves jusqu'à Cologne. Les dernières instructions qu'apportait avec lui le maréchal différaient peu des précédentes. L'hypothèse de la neutralité du Hanovre, la latitude laissée au sujet du passage du Weser, l'invitation de combiner l'énergie avec la prudence, les prescriptions sur le maintien du bon ordre, sur le traitement de l’habitant, sur le respect du culte protestant, s'y trouvent reproduites. |

A la suite du généralissime apparut une véritable cohorte de grands seigneurs, de lieutenants-généraux, et de maréchaux de camp avec leurs équipages et une escorte d'officiers et de serviteurs de tout rang. En première ligne figuraient le duc d'Orléans, le prince de Condé et le comte de la Marche. La présence de ces princes du sang à l’armée était une gêne sérieuse pour le commandement; non seulement ils amenaient de nombreux carrosses et chariots de toutes sortes avec les centaines de chevaux

nécessaires pour trainer ce convoi (1), mais à la garde de leurs précieuses personnes il fallait affecter des régiments entiers. Seul le duc d'Orléans eut un rôle de quelque importance pendant la campagne; désigné pour remplacer d'Estrées er cas de maladie, il se montra froissé (2) de la nomination de Richelieu et se retira peu après l'arrivée de ce dernier. Les 46 lieutenants- généraux et les 65 maréchaux de camp attachés à l'armée du Rhin, se recrutaient dans l'élite de la noblesse française. Parmi les premiers nous relevons le comte de Berchiny, le marquis de Villemeur, le duc äc Randan, le marquis de Contades, le marquis d'Armentières, le duc de Brissac, le marquis de Souvré, le duc de Chevreuse, le duc d’Ayen, le marquis de Beauffremont, le sieur de Chevert, le comte de Noailles, le duc de Broglie, le chevalier de Muy, le comte de Lorges, le comte de Mailly, le comte de Guerchy, le marquis de Saint-Pern, le comte de Saint-Germain. Dans la liste des seconds nous remarquons le marquis de Crillon, le marquis de Poyanne, le marquis de Péreuse, le comte de Vogüé, le marquis de Custine, le marquis d> Voyer, le prince de Beauvau, le marquis de Béthune. A la tête de l'artillerie était le sieur de Vallière, et le service de l’intendance était dirigé par M. de Lucé.

Selon l'habitude de l'époque, les généraux, dont le nombre était hors de proportion avec l'effectif des combattants, n'étaient pas pour la plupart attachés à une division ou à une brigade; ils étaient de service à tour de rôle et d'après un tableau de roulement. On imagine la confusion qui résultait de cette variation presque journalière dans le commandement; encore était-ce le moindre

(1) Le duc d'Orléans était parti de Paris avec 850 chevaux, le prince de Condé avec 225 et le comte de la Marche avec 100. Mémoires de Luynes. vol, XVI, p. 57. | . (2) Duc d'Orléans à Paulmy, 5 août 1757. Archives de la Guerre.

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