‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 210 sur 385 · D'ESTRÉES A MUNSTER · texte numérisé non relu

D'ESTRÉES A MUNSTER

en général satisfaisantes (1). Par contre l'union n'existait guère au quartier-général; Maillebois, dans sa correspondance avec son beau-frère, le marquis de Paulmy, commence à critiquer son chef. « Je vois malheureusement (2) qu'on ne peut ètre sûr de rien avec les irrésolutions, les contradictions qui règnent ici: j'avais bien prévu tout ce qui arrive. »

Vers la fin de mai 37 bataillons étaient campés sous les murs de Munster; mais pour aller plus loin on avait besoin de vivres et de fourrage. « II me faut, écrivait le maréchal (3), au moins 30 fours à Lippstadt, et cela ne peut pas se faire en un jour. » En outre le terrain n'était guère propice aux marches rapides. « Ce pays-ci, au dire de ceux qui connaissent l'Italie, est beaucoup plus serré et plus coupé. Il en a toutes les difficultés et aucune des ressources, on ne peut pas faire dix pas sans ouvrir des passages et combler des fossés. S'il pleut vingt-quatre heures, on ne peut faire un pas, et on m'assure que le terrain du pays de Paderborn est le même pour la plus erande partie. Les voitures qui portent les bateaux n'ont pas beau jeu dans de tels chemins. »

Puis il y avait le problème des officiers généraux : « J'ignore, quand le tout sera joint, même en plusieurs corps, où il sera possible de pouvoir placer la moitié et même le quart des officiers généraux et autres qui suivent l'armée. Je sais que ce détail n'est qu'un accessoire qui ne devrait pas totalement embarrasser, mais il a cependant beaucoup de part à la difficulté des mouvements. Je ferai celui que je projette presque sans équipages, malgré le besoin que tout le monde a d’emporter avec soi les choses qui ne se trouvent pas dans le pays. » D'Estrées rappelait en termi-

(1) Estrées à Paulmy, 27 mai 1757. Archives de la Guerre, Noailles à Paulmy, 27 mai 1757. Archives de la Guerre. |

(2) Maillebois à Paulmy, 26 mai 175. Archives de la Guerre.

(g) Estrées à Paulmy, 27 mai 1757. Archives de la Guerre.

nant qu'il ne s'était jamais engagé à dépasser Munster avant le 1° juin, et qu'il avait fixé cette date au Roi avant son départ.

Dans une lettre à Belleisle (1) le maréchal revient sur les mêmes sujets: il offre de fournir, pour le corps qu'on se proposait de former sur le Mein, vingt escadrons de cavalerie restés en arrière faute de fourrage, et autant d'officiers généraux que l’on voudra. « Il est impossible de les loger ni de les employer tous dans cette armée-ci qui ne ressemble pas mal à celle de Darius pour les équipages. » Quant aux Hanovriens toujours campés à Bielefeldt, il n'espère obtenir le contact avec eux que le 6 ou 7 juin: il insiste à nouveau sur les difficultés de vivres, de convois et de routes, et ajoute : « Toute personne à qui cette mécanique est inconnue et qui voyage avec son doigt sur la carte, croit qu’on ne fait rien et qu'il était possible de marcher à grands pas et de ne pas arrêter une minute; j'espère que vous en jugerez autrement, et si vous étiez ici peut-être trouveriez-vous qu'on à fait l'impossible. » Le 3 juin l’armée s’ébranla de Munster après un séjour qui n'avait pas été sans quelques inconvénients. « La fureur des jeux de hasard, rapporte le général en chef (2), avait pris ici, et on allait s’enfermer dans les tripots pour jouer. » Il a dû sévir; un capitaine du régiment de Picardie a été envoyé en prison à Strasbourg pour la durée de la campagne.

Rien d’intéressant ne se passa jusqu'au {4 juin; la correspondance de d’Estrées roule toujours sur le défaut de subsistances, sur le peu de ressources du pays traversé, sur le mauvais temps et sur l’impraticabilité d'aller plus vite. Quelques mots d’un billet à Belleisle résument la situation : « Je n'ai pas le talent de faire marcher une armée à la nage et de la faire vivre de l'air. » Néanmoins, en dépit de toutes les causes de retard, l'offensive se continuait

(1) Estrées à Belleisle, 28 mai 1757. Archives de Ia Guerre. (2) Estrées à Belleisle, 3 juin 1757. Archives de la Guerre.

lent était tion le nc mun nem d'ap séJou vena place en W d'infa 8: es l'arti batta lons e £arnis Ce camp queme damn favoris violen( donne duite qu'il a

(1) Le portion balternes hôpitaux taines, 6 officiers,

(2) Gis Paulmy, de Gisor!

(3) Le d’une ar

ster Poi

r les n se avi- ‘1ers pger

r'es-

n dé-

auait

Page 1