SYSTÈME D'APPROVISIONNEMENT
lentement mais régulièrement. Le système de progression était des plus méthodiques; aussitôt maitre d'une position, on établissait, sous la protection du gros de l'armée, le nombre de fours nécessaires pour la cuisson du pain de munition; puis, aptès le délai exigé pour le fonctionnement des fours, on se portait à l'extrémité du rayon d'approvisionnement. Là, nouvelle installation, nouveau séjour, et nouvelles étapes en avant. Ces lenteurs provenaient en partie des masses imposantes qu'il fallait déplacer. D'après une situation du # juin, le maréchal avait en Westphalie, sous ses ordres immédiats, 86 bataillons d'infantefie (1) à un effectif moyen de 550 hommes, et 8* escadrons comptés à 140 cavaliers, soit, en y ajoutant l'artillerie et les troupes légères, un total de 61,000 combattants et de 190 canons; restaient en arrière 19 bataillons et 28 escadrons, au camp de Ruremonde ou dans les garnisons des bords du Rhin.
Ce fut au cours de la marche de Munster à l'Ems, au camp de Warendorff, qu’eut lieu l'incident si dramatiquement raconté par le comte de Gisors (2). La condamnation d’un maraudeur à la peine de mort, la fuite favorisée par les soldats spectateurs de l'exécution, les violences contre le prévôt et ses archers, tous ces faits donnent une triste idée de la discipline, justii ent la conduite du maréchal, et expliquent la réprimande sévère (3) qu'il adressa au régiment de Champagne.
(1) Le rapport de Cornillon, major général de l'infanterie, donne pour la portion de cette arme campée à Warendorff, 1884 capitaines et ofliciers subalternes, 31,784 soldats et sous-officiers présents sous les armes, et 1,413 aux hôpitaux. Le régiment de Champagne fort de 4 bataillons comptait 62 capitaines, 67 lieutenants, 2,269 soldats présents, 276 en détachement dont 18 ofliciers, et 81 soldats à l'hôpital.
(2) Gisors à Belleisle, 9 juin 1757. Archives de la Guerre. Estrées à Paulmy, 6 juin 1757. Archives de la Guerre. Voir Camille Rousset. Le comte de Gisors p. 185 et suivantes.
(3) Le maréchal avait dit : « qu'il serait fâcheux pour lui d’être à la tête d’une armée de voleurs. » |
Le 1% juin le quartier-général était à Rhéda, petite ville sur le cours supérieur de l'Ems, à distance presque égale de Bielefeldt et de Paderborn. On y recut des nouvelles importantes de l'ennemi : le duc de Cumberland venait la veille d'évacuer le camp qu'il avait occupé presque depuis le début des hostilités. Tout d'abord ce prince avait paru décidé à attendre dans ses lignes de Biclefeldt l'attaque de son adversaire; il avait rappelé à lui de Paderborn la division du général Schmettau, puis le détachement de Rittberg; il avait réuni dès le 8 juin, sous son commandement direct, #6 bataillons et 38 cscadrons. Mais l'approche du gros de la grande armée qui franchit l’Ems le 12 juin, l'arrivée de Soubise à Neukirchen, et surtout les mouvements des coureurs francais qui inquiétaient ses communications avec Minden et le Weser, le décidèrent à abandonner une position qui de. venait de jour en jour plus exposée. Attribuant à d’Estrées un esprit d'aventure que ce dernier n2 possédait pas, il se vit sur le point d'être tourné, et crut devoir se dérober par une marche de nuit à une bataille imminente. Le 13 juin (1) à six heures du soir la retraite conmenca; elle fut pour le moins aussi mal conduite que les opérations francaises que nous venons de décrire. Nous y relevons les fautes coutumières : routes mal explorées, instructions contradictoires, encombrement par les équipages de l'unique chaussée à la disposition des troupes, désordre inhérent à une manœuvre de nuit, arrêts multipliés, si bien que quand l'avant-garde atteignit Herford les derniers bataillons étaient encore à Bielefeldt. Quelques coups de fusil tirés par les partisans de Fischer vinrent accroitre la confusion; un régiment de cavalerie hanovrienne fut pris de panique et s'enfuit au galop
(1) Voir pour la description de la retraite. Hassell. Die Katastrophe von Hastenbeck und Kloster Zeven,p. 324 et suivantes. |
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