‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 212 sur 385 · RETRAITE DES HANOVRIENS DE BIELEFELDT · texte numérisé non relu

RETRAITE DES HANOVRIENS DE BIELEFELDT

renversant tout sur son passage. Le lever du jour permit de se reconnaitre, de rétablir l'ordre et de former une arrière-garde qui pût tenir en respect l'ennemi, d'ailleurs peu entreprenant. Impressionné par la mauvaise conduite de ses soldats, Cumberland crut prudent de précipiter sa marche; le 1% juin au soir il partit de Herford laissant le général Block avec quelques bataillons pour couvrir sa retraite. Il ne s'arrêta qu'après avoir traversé le Weser; satisfait d’avoir mis ce cours d'eau entre lui et l'armée de d'Estrées, il donna à ses troupes démoralisées et exténuées de fatigue le repos dont elles avaient besoin. Les pertes matérielles des confédérés se bornèrent à quelques voitures et à quelques magasins de grains et de fourrages qu'il fallut brûler ou abandonner aux Français; en hommes et en chevaux, elles furent peu importantes.

Une poursuite énergique eût changé en désastre le mouvement rétrograde de Cumberland; heureusement pour lui elle fut des plus molles. M. de Beauvau, chargé de cette mission, s’attarda à Bielefeldt. Mal lui en prit, car les soldats de sa brigade profitèrent du séjour pour se livrer à un pillage (1) « que les officiers ne pouvaient plus réprimer. » La discipline à peu près restaurée, il se porta en avant, appuyé par les volontaires de Chabot et par quelques piquets d'infanterie. M. de Lorges survint avec un autre détachement, trouva la pointe trop hardie et ne voulut pas dépasser la ville. Cependant avec un peu moins de décousu dans le commandement et un peu plus d'activité dans la marche, il eût été possible d'entamer l'arrière-garde des Hanovriens. Laissons la parole (2) au comte de Gisors qui accompagnait comme volontaire la colonne de Beauvau : « Les ponts de cette rivière qui n'avaient pu être rompus par l’arrière-garde ennemie, la

(1) Gisors à Belleisle , 29 juin 1757. Archives de la Guerre. (2) Gisors à Belleisle, 29 juin 1757. Archives de la Guerre.

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quantité de déserteurs qui nous arrivaient, Pl :pports qu'ils nous faisaient, la malle de Berlin arrivant de Hervorden que nous arrètâmes et d'où les ennemis n'avaient pas songé à retirer leurs lettres, nous donnent lieu de penser qu'ils étaient dans une grande confusion. Nous nous remimes en marche à minuit dans la ferme espérance d’accrocher encore quelque chose de leur arrière-garde. Le lendemain nous reçümes fort mal un nouveau déserteur qui nous dit en chemin qu'il n’y avait plus que 150 hommes dans Hervorden. Cependant au lieu de 150 hommes nous n'avons rien vu du tout, et avons fait tuer quinze volontaires qui tiraient mal à propos contre des murs. Nous avons sommé la place sans succès, et après avoir vu filer des iroupes ennemies toute la journée de l’autre côté d'une rivière que nous ne pouvions passer, avons été obligés de nous replier le 15 au soir, selon toutes les règles de la prudence. » Lorges, qui avait péché par excès de précaution la veille, ne voulut pas suivre le prince de Beauvau dans son recul, resta sur place, et occupa le lendemain 16 juin la ville de Hervorden que l'ennemi avait évacuée pendant la nuit.

On fit rejaillir, peut-être à torf v d’Estrées la responsabilité de cette opération si «ui combinée. Il lui appartenait tout au moins de désigner, parmi ses nombreux lieutenants-généraux, un officier chargé de la direction d'ensemble, au lieu de jeter à la poursuite de Cumberland des fractions isolées qui paraissent avoir agi sans entente, et avoir obéi au seul caprice de leurs chefs immédiats.

D’après sa propre correspondance (1), le maréchal, tout en s’attribuant le mérite des manœuvres qui avaient décidé l'adversaire à se replier, ne songea pas à l'inquiéter sérieusement : « Je serai en route sur Brak-

(1) Estrées à Belleisle. Rhéda, 14 juin 1757. Archives de la Guerre 3132 et 3447,

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