‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 216 sur 385 · ORDRE DE PRESSER LES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

ORDRE DE PRESSER LES OPÉRATIONS

parties si nécessaires à concilier; il joint à un travail infatigable des connaissances fort étendues et de grandes lumières. » En la conjoncture, Mailleboïs (1) était d'accord avec son chef dont il partageait les hésitations; il conseille au ministre de renoncer à la traversée du Weser, « opéra tion que le maréchal regarde comme très difficile et mème inutile, » et de se borner à la prise de possession de Cassel, à l'envoi à Richelieu de 20,000 hommes qui marcheaient en arrière des lignes, par le duché de Berg et par Limbourg sur la Lahn.

Pendant qu'on ergotait à Bielefeldt, on perdait patience à Paris. Par dépèche datée du 25 juin, soit deux jours avant l'arrivée à Versailles de la nouvelle de la victoire de Kolin, le ministre (2) revint à la charge : « Quelques raisons que vous puissiez avoir de retarder les opérations de votre armée pour les assurer davantage, je suis obligé de vous dire que le Roi pense qu'elles doivent toutes céder aux vues politiques qui exigent dans les circonstances présentes que vous pressiez vivement le duc de Cumberland, et que vous fassiez mème promptement quelque coup d'éclat qui puisse être de quelque secours aux troupes autrichiennes, prêtes à être accablées par les forces du roi de Prusse. Sa Majesté m'a donc commandé très expressément de vous expliquer qu'elle désire fortement que vous tentiez le passage du Weser, et que si contre toute apparence vous y trouviez une impossibilité morale, vous fassiez du moins marcher une partie de votre armée pour vous bien établir dans la Hesse. » La difficulté des transports qu'invoquait le maréchal pour expliquer la lenteur de ses progrès appelait des éclaircissements, aussi à cette missive était annexé un mémoire sur le désordre dans les distributions et dans l’organisation des convois. On y po-

(1) Maillebois à Paulmy, 20 juin dix heures du soir. Archives de la Guerre, {2) Paulmy à Estrées, 25 juin 1757. Archives de la Guerre.

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sait un certain nombre de questions auxquelles on demandait des réponses précises.

Avant que les injonctions de la cour ne lui parvinssent, d’Estrées fidèle à un prograïnme n'excluant pas l'offensive, mais qui la comprenait raisonnée et méthodique, annonça un mouvement pour le 1° juillet. En passant, il ne peut s'empêcher de donner un coup de patte aux reporters de l’époque : « J'apprends (1) que la nouvelle que les ennemis avaient repassé le Weser est arrivée trentesix heures après que tout le monde la sut par la poste: comme on écrit ici les événements avant qu'ils soient arrivés, et que la date de ces lettres est antérieure à l’événement, je n’en suis pas surpris. »

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Le plan stratégique que se proposait le général en temps chef était le suivant : Conformément aux intentions déjà nalire transmises à la cour, un corps de 20,000 hommes sous les der to ordres du duc d'Orléans envahirait la Hesse et, selon toute 0 utes probabilité, serait maitre de Cassel vers le 15 juillet. Du Su LL côté du Weser, Broglie et Chevert devaient faire des dé- limpr monstrations à la faveur desquelles d’Armentières, avec bonne une division, jetterait derx ponts sur le haut de la rivière. 7 Con Quant à la franchir avec le gros de l’armée, il était pré- l'avoir maturé d'y songer encore; les fours de Paderborn, base au des approvisionnements, ne seraient en état que vers Dé é le 8 ou 10 juillet, et il était impossible d'approcher VHa- ne 7. meln, dont on prévoyait le siège, « sans avoir fait ui nou- lui-mê vel établissement intermédiaire, ce qui ne peut s’exécuter que Je que plus de 15 jours après l'emplacement donné. » laise , Il

A ce travail Maillebois avait sans doute collaboré; il le mutins complète par quelques observations et y ajoute un com- lents à mentaire fort désobligeant. Dans ces appréciations mor- situatio! dantes et spirituelles, le chef d'état-major ne fait grâce à : serait

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son général d'aucune de ses faiblesses; malgré le ton (1) Maill Partie de «

(1) Estrées à Paulmy. Bielefeldt, 27 juin 1757. Archives de la Guerre. GUEI

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