‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 220 sur 385 · RENCONTRE DES DEUX ARMÉES · texte numérisé non relu

RENCONTRE DES DEUX ARMÉES

contact; quelques fractions des alliés tinrent ferme et montrèrent des velléités de combat; mais en définitive il n’y eut que des escarmouches insignifiante.. Un incident curieux se produisit dans un château des bords du fleuve. Des officiers d'état-major français y étaient à table (1), quand leur repas fut interrompu par plusieurs coups de fusil dans les fenètres de la salle où ils se trouvaient. C'étaient quelques chasseurs hanovriens qui tiraient de l’autre côté de l'eau ; le feu fut arrèté par un officier général. (estionnés sur l'identité du personnage, les gens de l’endroit reconnurent leur maitre, le comte de Schulenburg, major-général dans l’armée hanovrienne, qui avait d’ex cellentes raisons pour empècher ses hommes de casser ? vitres (2).

Enfin ie 24 juillet, d’Estrées fit tâter la position des Hanovriens établis sur les collines boisées qui bordent la rive droite du Weser. Malgré une canonnade assez vive l'ennemi, ne bougea pas; il devint évident que, modifiant la tactique suivie jusqu'alors, il avait l'intention de disputer le terrain. Cette attitude nouvelle, les risques d'un assaut contre un adversaire favorisé par la nature des lieux, fireni renaître dans l'esprit du maréchal des doutes sur le succès de l'affaire qu'il allait engager; un conseil de guerre, réuni à la hâte, les partagea, et on était sur le point de renoncer à l'attaque directe pour essayer un mouvement tournant, quand on vit l’armée de Cumberland abattre ses tentes et se retirer dans la direction d’Afferde. Ce spectacle dissipa les hésitations de d'Estrées, qui prit ses dispositions pour se porter en avant et occuper les hauteurs que les Hanovriens venaient d'évacuer.

(1) Mustel au ministre, 24 juillet 1757. Archives de la Guerre.

(2) C’est à cette époque qu’eut lieu l'envoi des bouteilles d'eau de Luce à M. de Cumberland. Le maréchal, ayant appris que son adversaire n’était pas approvisionné de son remède favori, en fit venir 100 boutcilles de Hollande et les lui fit remettre par un trompette. Cumberland donna 100 louis d'or à l'heureux messager.

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C'est à bon escient que le général anglais avait choisi le théâtre de la lutte aux environs de son ancien camp: il espérait y trouver pour la défense des avantages qui compenseraient l’infériorité numérique de ses forces. Pour nous rendre compte du champ de bataille et pour suivre les péripéties du combat, nous nous placerons avec le maréchal d'Estrées sur le Bückeberg (1), au bord du Weser, sous l'ombre d’un tilleul resté légendaire. Derrière nous, le fleuve ; à notre gauche, dans l'éloignement, en aval par conséquent et assise sur le cours d'eau, la petite forteresse d'Hameln: entre les bastions de la ville et la butte où nous nous trouvons, s'étend une plaine dont une partie voisine du Weser en culture, l’autre en prairies marécageuses et coupée par des haies. Au delà de ce marais, que les gens du pays appellent le Tünder-Anger, se dressent les faibles escarpements du Sintelberg auxquels le ruisseau d'Haste, dessiné par une double ligne de saules, sert de fossé naturel; au fond du tableau, presque caché par les contreforts du Scheckenberg, le village d’Afferde, quartier-général de Cumberland. En face de nous les vergers d'Hastenbeck, à moitié enfouis dans le vallon formé par l'Haste: aux dernières maisons du village viennent mourir les pentes boisées qui dévalent des sommets de la montagne.

Le massif du Scheckenberg remplit toute la droite du paysage: vis-à-vis de notre observatoire, à une distance de six kilomètres environ à vol d'oiseau, dominant les villages d'Hastenbeck et de Voremberg, se détache, à l'extrémité sud du Scheckenberg, une haute futaie de chênes et de hêtres à laquelle la tradition a donné le nom d'0bensburg (2) en souvenir de quelque bâtisse oubliée du moyen àge. Des dernières chaumières de Voremberg, à l'extrémité du plateau qui nous sépare de la hauteur, des

(1) Voir la carte p. 444.

(2) Obensburg d'après la carte de l'État-major, Ohmsburg d'après Hassell.

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