‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 222 sur 385 · BATAILLES D'HASTENBECK · texte numérisé non relu

BATAILLES D'HASTENBECK

que principale contre le village d'Hastenbeck et la redoute centrale. Plus à gauche se tiendraient M. de Souvré avec les Palatins et la brigade autrichienne, M. d’Anlézy avec le régiment de Champagne et les bataillons suisses de Reding, au centre M. de Contades avec sa division, M. de Guerchy avec les grenadiers, enfin à l'extrême gauche des Francais et formant réserve, le duc de Broglie qui la veille avait franchi le Weser.

L'artillerie, sous les ordres de MM. de Vallière et de Fontenay, était répartie sur le front de bataille et devait appuyer les mouvements des colonnes d'attaque; la cavalerie était en ligne derrière l’infanterie. D'Estrées avait dans les rangs environ 50 à 51,000 fantassins (i) et artilleurs, et 9,000 cavaliers; malgré les queiques relâchements de discipline que nous avons signalés, le troupier était plein d'entrain et très désireux de croiser le fer avec un adversaire qui jusqu'alors s'était toujours dérobé. Le matin du 26 juillet, toute l’armée française était réunie dans l’espace qui s'étend entre le Weser et le ruisseau d’Haste, à l'exception des divisions de Chevert et d'Armentières déjà en route contre la gauche de Cumberland.

« Dès cinq heures 1/2 du matin, écrit un officier d’artillerie (2), M. de Fourcroy, la canonnade commença; le brouillard ne nous permit pas, ou plutôt aux ennemis, de tirer plus tôt, car nous avions attendu le signal indiqué pour huit heures. » A cette heure, ou vers neuf heures d'après d’autres récits (3), on entendit la fusillade de la colonne de Chevert qui gagnait dans les bois à l'extrême droite des Français. Ce général, pendant la marche de

(1) La situation de l'infanterie française en date du 31 juillet 1757, donne 2,601 officiers et 39,949 soldats présents, auxquels il faut ajouter les 2,331 mis hors de combat le 26, et les Autrichiens et Palatins au nombre de 6,000 hommes. La cavalerie au 6 août comptait 9,327 cavaliers effectifs.

(2) Fourcroy à son père. Hastenbeck, 26 juillet 1757. Archives de la Guerre.

(3) Éclaircissements présentés au Roi par le maréchal d’Estrées.

nuit qu’il dut faire pour exécuter son mouvement tournant, fut rejoint par le régiment d’£u fort de 2 bataillons, que le maréchal lui envoya sous la direction du lieutenant-général comte de Lorges (1).

Laissons la parole à Chevert (2) : « M. le comte de Lorges m'ayant joint, je fis mes dispositions et composai mon avant-garde de toutes les troupes légères (volontaires de Flandre et de Haïinault), soutenues par douze compagnies de grenadiers commandées par M. le comte du Chatelet, et M. de Gascoing lieutenant-colonel de Picardie. Ils furent suivis par le premier bataillon de Picardie et successivement par tous les autres (3), laissant la brigade de Navarre à l'arrière-garde.. Par le feu que nous éprouvâämes au début, j'eus lieu de croire ce qui m'a été confirmé par les prisonniers, c’est que nous avions en tête 2,000 grenadiers hessois et 8,000 hommes (#) d'infanterie des autres nations, postés fort avantageusement dans un bois extrémement fourré, où cependant je fis passer nos seize pièces de canon d'infanterie qui me servirent très utilement, et qui a contribué à surmonter les obstacles que j'ai eus à vaincre. M. de Bussy, officier des volontaires, ayant été tué, je me suis trouvé sans guide pour arriver aux deux débouchés qui me menaient à la plaine, ce qui a fait un combat beaucoup plus long qu'il ne devait être par le courage des troupes que je ne saurais trop vanter. Enfin après avoir découvert la route que je devais tenir, je vins donner ordre à la brigade de Picardie, qui avait placé

(1) D'après les récits de l'affaire, il est évident que Lorges avait également sous ses ordres le régiment d'Enghien qui appartenait à la division du duc de Randan.

(2) Chevert au ministre. Hagen, 28 juillet 1757. Archives de la Guerre.

(3) La division de Chevert était composée en outre des troupes légères des brigades ou régiments de Picardie, Navarre et Marine qui comptaient chacun 4 bataillons.

(4) Le récit du duc de Cumberland parle de 8 bataillons postés dans les bois et sur la lisière; ils furent renforcés de 6 autres dans le courant de la

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