‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 223 sur 385 · ATTAQUE DE CHEVERT · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE CHEVERT

un drapeau sur la roche la plus élevée et qui était vu par notre armée, de prendre la tête de la colonne, suivie par Navarre, la Marine et la brigade d'Eu, qui toutes étaient placées sur les crètes des sommets de cette montane, du côté de M. le maréchal d'Estrées. »

Ce récit si bref rend à peine un hommage suffisant à la valeur et à l’ardeur du soldat. Il fallut des efforts incroyables pour triompher des difficultés de là montée et pour trainer l'artillerie jusqu'en haut. Les hommes furent obligés à plusieurs reprises de porter leurs canons à bras pour franchir les rochers qui obstruaient les sentiers. Les traditions du pays ont conservé le souvenir de cet exploit en donnant à l’un des chemins du Scheckenberg le nom de « Kanonenweg. » Aussitôt les pièces en position, on les tourna (1) contre la gauche de la ligne ennemie: cette décharge inattendue mit le désordre dans les bataillons de Cumberland et facilita les progrès du centre francais.

Pendant le combat dans le bois que se passait-il du côté d'Hastenbeck? Aussitôt qu’on entendit les premiers coups de fusil des soldats de Chevert, le feu des batteries francaises, très mollement soutenu jusqu'alors, reprit avec vigueur sur toute la ligne; il fut dirigé avec beaucoup d’effet (2) sur la redoute de la lisière du bois et sur les troupes hessoises postées derrière le village d'Hastenbeck. Bientôt l'artillerie française, dont la supériorité devenait de plus en plus évidente, se porta en avant et rapprocha son tir du centre ennemi. Cependant la colonne d'Armentières, qui aurait dû marcher par l'orée dela forètet relier la manœuvre de Chevert avec l'assaut de la redoute, ne donnait aucun signe de vie. Pendant la première période de la lutte, elle avait contribué au succès de notre droite en forçant

(1) Bréhaut (colonel de Picardie) à Paulmy, 7 août 1757. Archives de la Guerre.

2) Relation de la bataille par le duc de Cumberland.

l'ennemi à évacuer la batterie du Scherenberg : Le général hanovrien Schulenburg (1), chargé avec trois bataillons de la défense de cette position, malgré le renfort de deux autres bataillons qu'on lui envoya de la réserve (2), tourné par Chevert, attaqué de front par M. de Roqueval avec les grenadiers de la division d'Armentières et quelques troupes légères, avait été obligé de battre en retraite; il emmena presque toutes ses pièces; une seule démontée tomba au pouvoir des Français. A partir de ce moment. d'Armentières, égaré par son guide, s'était porté trop à droite et parait avoir confondu ses efforts avec ceux de Chevert. Maillebois qui était alors auprès du maréchal s'apereut du vide produit par cette erreur de direction (3). « Les brigades qui doivent longer le bois ne paraissant pas, jugerez-vous à propos, dit-il à son chef, de les remplacer par les brigades de Champagne et de Reding? » D'Estrées approuva l'idée. Le mouvement réussit : Le régiment de Champagne, trainant ses canons avec lui, franchit non sans peine les nombreux ravins qui dévalaient du Scheckenberg et qui coupaient les abords de la position ennemie, et pénétra dans la redoute dont les défenseurs avaient été démoralisés par l'explosion des caissons contenant leur provision de poudre. Chassés une première fois, grâce à un retour offensif des Brunswickois courageusement enlevés par leur prince héritier, les soldats du cite de Gisors restèrent définitivement maitres de la batterie et des douze pièces de canon dont elle était ar-

mée. | | | Il était onze heures 1/2; la bataille semblait gagnée. A

(1) Cet épisode de la lutte est décrit par Hassell, p. 366. Nous avons cherché à concilier son récit puisé aux sources hanovriennes avec celui des gé-

néraux francais. | (2) Maillebois à Paulmy, 19 août 1757. Archives de la Guerre. | (3) Mémoire de Maillebois. Éclaircissements de d'Estrées. Archives de la

Guerre.

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