‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 224 sur 385 · CONTRE-ATTAQUE DES HANOVRIENS · texte numérisé non relu

CONTRE-ATTAQUE DES HANOVRIENS

“auche la division de Contades ct les grenadiers du Roi, conduits par Guerchy, s'emparaient des jardins d'Hastenbeck et débouchaient du village. Sur la droite, le feu de Chevert avait cessé; le drapeau de Picardie flottait audessus des rochers en sigüe de victoire; le maréchal pouvait discerner, dans la ligne ennemie, les premiers symptomes de la défaite. Il ne se trompait pas; Cumberland, ému des progrès des Français, voyant son centre ébranlé et sa gauche sur le point d’être coupée, avait donné les ordres pour la retraite.

Tout à coup, environ trois quarts d'heure après la prise de la redoute, un incident se produisit qui porta le plus srand trouble dans l'état-major francais et dans une partie de l’armée. D'Estrées, qui s'était rendu à la redoute, entendit tout à coup, dans la direction de l'Obensburg, un feu violent de mousqueterie qui paraissait gagner sur sa droite; il crut d’abord à une méprise de ses troupes qui se seraient méconnues dans le bois et qui tiraient les unes sur les autres. Voici d’ailleurs le récit empreint d’une srande franchise fait par le général en chef (1) : « Je voulus faire cesser cette erreur en ordonnant aux tambours qui étaient au bord du bois de rappeler; mais ce fut en vain. C'était réellement le feu des ennemis, et j’avouerai que j'en eus de l'inquiétude. Elle fut augmentée par le bruit de huit pièces de canon dont l'ennemi s'était emparé et qui tiraient sur les carabiniers placés parallèlement au ravin d'Hastenbeck. J'étais trop près de cet objet pour ne pas le distinguer, et je suis sûr (2) que cet événement ne m'avait pas encore fait penser à ordonner aucun mouvement rétrograde. Depuis quelques minutes M. de Chevert m'avait averti que les ennemis se reti-

(1) Le récit du maréchal d'Estrées est confirmé par celui de Chabot, chef d'état-major de la cavalerie.

(2) Les éclaircissements de d’Estrées, que nous citons, étaient une réponse à un mémoire de Maillebois.

raient, el je voyais distinctement qu'il n'y avait plus que quelques troupes de cavalerie peu considérables sur le terrain où l’armée ennemie avait été en bataille. »

A cet instant survient M. de Puvségur de la part de Maillebois qui, peu de temps avant la prise de la redoute, et par ordre du maréchal, était allé surveiller les mouvements de la gauche francaise. « M. de Maillebois m'envoie vous dire, dit cet officier, qu'il n'y a rien de si pressé que de lui envoyer deux brigades de cavalerie et deux d'infanterie, parce qu'il y a de la cavalerie et de l'infanterie ennemies qui tournent par l'extrémité du bois. » D'Estrées continue : « Je détachai les carabiniers et la brigade de Lyonnois. Au même moment M. le duc de Broglie me fit dire que M. le duc d'Orléans lui avait envoyé ordre de marcher, et qu'il me priait de lui mander ce qu'il avait à faire: ma réponse fut qu'il devait obéir à ce prince qui apparem ment avait vu des choses qui pressaient et qui m'étaient inconnues. Dans l'instant je vis presque toute la cavalerie de ma gauche se porter de toutes jambes à ma droite: il me vint d'artres avis qui disaient que la brigade de la Marine avait p. du son canon, que les troupes autrichiennes avaient beaucoup souffert. Tous ces événements me furent rapportés en moins de cinq minutes et me donnèrent l'idée de changer ma position, ou pour me retirer si jy étais obligé, ou pour me mettre en état de marcher aux ennemis s'ils venaient en force sur mon flanc droit. Au lieu d'envoyer M. de Puységur à M. le duc de Broglie, comme le suppose gratuitement M. de Maillebois, je lui dis : « M. de Puységur, a-t-on pensé à nos équipages? Il faut les faire passer au delà des défilés de Halle. » À quoi il me répondit : « Dans ces circonstances il faut des ordres par écrit. » — « Vous n'avez qu'à les écrire, lui dis-je, et je les signerai. » « De ce moment je fus occupé de faire repasser le ravin d'Hastenbeck à l'artillerie et à toute l'infanterie, excepté Champagne et les grenadiers de

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