‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 225 sur 385 · D'ESTRÉES FAIT RÉTROGRADER SES TROUPES · texte numérisé non relu

D'ESTRÉES FAIT RÉTROGRADER SES TROUPES

France: je fis dire à M. de Chevert de se retirer sur mor. Plus il m'avertissait qu'il n'y avait presque pas de troupes devant lui, plus elles avaient disparu à mes yeux à la faveur des bois et des montagnes, et plus j'étais persuadé par les mouvements qui se faisaient en arrière de moi que les ennemis se portaient sur notre flanc droit sur le chemin d'Hanovre. »

Le changement dt position décidé par le maréchal ressemblait fort à une reculade: aussi fot-il très mal accueilli par les officiers de son étal-major. « Au premier ordre que j'en donnaïi, plusieurs personnes, MM. de Guerchy, Cornillon (1), Chabot (2), et beaucoup d'autres me vinrent faire des représentations qui leur étaient dictées par leur zèle pour le service du Roi et par leur amitié pour moi; comme ils ignoraient tous les différents avis que j'avais recus, ils avaient lieu d'être étonnés de ma résolution. Je commandai cependant comme quelqu'un qui voulait ètre obéi. L'infanterie passa (repassa) le ravin d’Hastenbeck; je le bordai d'artillerie... La tranquillité était rétablie sur notre flanc droit et eu arrière. Les carabiniers qui s'étaient rapprochés de ma position me prouvaient qu'il n'y avait plus d'inquiétude à avoir de ce côté-là. Je is ouvrir des passages et ils s’'avancèrent avec une autre (brigade de cavalerie) aux ordres de M. de Fitz James, au delà du terrain où les Hanovriens étaient postés au commencement de la bataille. Je me portai au même point où je vis les ennemis qui se formaient sur les hauteurs d'Hameln, ayant devant eux la rivière; il ne restait plus en decà que deux ou trois troupes de cavalerie qui cherchaient à la passer. J'aperçus en même temps, à 1/2 lieuc sur ma droite, le corps des troupes de Brunswick qui avait pénétré dans le bois pendant l'action et qui se retirait. Il était quatre heures au soir; la chaleur excessive et

(1) Major-général de l'infanterie.

(2) Major-général de la cavalerie.

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l'extrème fatigue des troupes ne permettaient plus de rien entreprendre d'utile; : ne fut question que de prendre une position sûre et commode. »

Que s'étail-il passé dans le bois? Le rapport de Chevert va nous le dire. Nous avons laissé ce général maître des hauteurs d'Obensburg, à l'extrême droite de la ligne française, et se préparant à descendre sur Hastenbeck pour prendre en flanc le centre ennemi. Afin d'activer le défilé retardé par les difficultés du terrain et par l'étroitesse des sentiers, il se mit à la tête de sa colonne. laissant à la queue ses canons, sous l'escorte d'un détachement. Les régiments s'ébranlèrent dans l'ordre suivant : Picardie, Navarre au complet et plus des 2/3 de Marine. « Comme je les formais, rapporte-t-il (1), pour achever de chasser les ennemis qui fuyaient devant moi et qui se retiraient par ma droite (2), du côté de Hameln, j'entendis un feu vif sur une descente à ma gauche, qui m'étonna beaucoup sans m'effrayer puisque je n'avais point laissé d'ennemis derrière mes brigades. Je sus longtemps après que M. le comte de Lorges, qui n'avait point jugé à propos de laisser suivre à sa brigade l’ordre général et la disposition que j'avais faite, avait obligé cette brigade à marcher sur sa gauche. »

Lorges (3), comme nous le verrons plus loin, protesta contre l'accusation de Chevert, et donna une autre version de l'incident dont la cause initiale avait été l'irruption dans le bois d’un parti confédéré. Le duc de Cumberland rend compte de ce retour offensif dans les termes suivants (#) : « Le feu de la mousqueterie augmenta con-

(1) Chevert au ministre, 28 juillet 1757. Archives de la Guerre,

(2) Par suite du mouvement tournant accompli, Chevert à ce moment devait se trouver dans une position perpendiculaire et à un peu en arriere de la formation primitive des Hanovriens.

(3) Il n'est pas clair si Lorges, qui était licutenant-général de la même ancienneté que Chevert, avait été mis sous les ordres de ce dernier.

(4) Relation du duc de Cumberland. Archives de la Guerre.

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