‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 226 sur 385 · ATTAQUE DE BREIDENBACH · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE BREIDENBACH

sidérablement à ma gauche, et l'ennemi réussit à nous gagner quelque terrain; je détachai les colonels de Breidenbach et de Dachhausen avec trois bataillons et six escadrons hanovriens pour tourner le bois... Le colonel de breidenbach attaqua les brigades très avantageusement postées et protégées par une batterie de quatorze pièces de canon: il culbuta les ennemis, la bayonnette au bout du fusil, qui se retirèrent avec précipitation, abandonnant, outre nombre de morts, une quantité considérable d'artillerie et de munitions. Mais ce colonel, préférant au butin le salut des blessés, ne put emmener que six pièces de camon; il fit enclouer le reste. Le colonel Dachhausen repoussa quelques escadrons des ennemis jusque devant cette armée. Cette attaque se fit très tard, et dans un éloignement qui fit que je n’en ai pu être informé que quelque temps après ma retraite. »

Ces phrases du rapport de Cumberland nécessitent quelques explications. Le général anglais, aussitôt qu'il s'apercut du danger couru par sa gauche, avait envoyé l'ordre à Breidenbach de se porter au secours des défenseurs d'Obensburg. Cet officier était posté avec trois bataillons et deux escadrons dans le défilé de Schecken qui sépare le versant nord du Scheckenberg des hauteurs voisines. Aussitôt rejoint par Dachhausen avec quatre escadrons, il marcha sur le village de Diederssen, n’y trouva personne, contourna la face orientale du massif, et laissant la cavalerie continuer son mouvement en plaine, gravit la montagne pour aller soutenir ses camarades dont il entendait la fusillade sur sa droite. L'ascension fut longue et difficile ; quand les Hanovriens parvinrent au haut, le combat avait cessé; Chevert poursuivant sa manœuvre commençait à descendre la pente du côté d'Hastenbeck; il ne restait au sommet que les régiments (1) d'Eu et d'Enghien. Ces

(1) Ces régiments étaient à deux bataillons.

troupes se gardaient mal; surprises par l'attaque d'un adversaire dont on ne soupconnait pas l'existence, elles furent promptement mises en désordre et culbutées jusqu'au bord du bois.

D'après un mémoire des officiers du régiment d'Eu (1 et une lettre du lieutenant-général omte de Mailly 2, l'échec de la brigade, contrairement aux assertions de Chevert, aurait été dù à l'imprudence de ce dernier qui, se lançant avec trop d'impétuosité sur les traces de l'ennemi, aurait ébranlé sa division sans avoir nettoyé au préalable le bois de ce qui pouvait s'y trouver encore, I] aurait mème refusé d'écouter les avis (3) qu'on lui fit parvenir sur l'intervention des bataillons de Breidenbach. Que la responsabilité de l'accident incombat à Chevert, à Lorges ou au régiment d'Eu (4), toujours est-il qu'il y eut déroute et panique complète dans cette partie du champ de bataille. Juatre compagnies d'Eu, colonel en tête, prirent à droite avec le comte de Lorges et vinrent donner sur les escadrons de Dachhausen qu'elles arrètèrent par leur feu, disent les uns, par lesquels elles furent sabrées.

1) Défense du régiment d'Erv, 3 août 1757. Archives de la Guerre. 2) Maillv au ministre, 19 août 1757. Archives de la Guerre.

(3) A cette accusation Chevert répondit qu'au moment de l'échauffourée il était à 3 4 d'heure de distance du régiment d'Eu. Chevert à Paulmy, 16 août 1757. Archives de la Guerre.

(4) Malgré le dire des officiers d'Eu, il y à tout lieu de croire que ce régiment poussa assez loin sa fuite; un plan de la batailie déposé aux Archives de la Guerre l'indique à la fin de la journée comme posté sur le Katzenbers, à une grande distance du champ de bataille, Par contre l'historien Hassell se trompe évidemment en faisant participer la division de Chevert à la panique causée par l'attaque de Breidenbach; les régiments sous les ordres directs de ce général, au moment de l'incident, descendaient vers Ho-tenbeck et vinrent camper le soir en première ligne en avant de ce vil'age. Voici le récit de Bréhaut, colonel de Picardie : « Pour nous qui avions fail noire besogne sur la montagne, nous étions descendus par notre droit :, le long de la lisière des bois, plus de 500 toises en avant qu'aucune autre troupe, et allions attaquer les ennemis par leur flanc dans leur retraite, lorsque nous eûmes ordre de faire halte. Vous êtes instruit des raisons de

cet ordre; elles ne me regardent pas. »

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