‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 23 sur 385 · EFFETS DU MEMOIRE RAISONNÉ · texte numérisé non relu

EFFETS DU MEMOIRE RAISONNÉ

qu'il y ait un exemple dans l’histoire qui ressemble à celui-ci. » ; D'après Vitzthum , les recherches durèrent plusieurs heu. res; le général Wylich et le major Wangenheim, chargés par le roi de Prusse de cette triste besogne, se retirèrent en emportant trois gros sacs de toile remplis de papiers. Quand on prend connaïssance du « mémoire raisonné » (1) à ia compilation duquel servirent les pièces dérobées, on se demande si l'effet moral à attendre de cette publication était en rapport avec l’esclandre que causa la violation des archives saxonnes : les documents cités dans la note rédigée par Herschberg, et dont l’authenticité venait d’être constatée, établissaient les inquiétudes et les mauvais sentiments de la cour du roi de Pologne à l'égard de son dangereux voisin, mais ne prouvaient en aucune façon la participation à un complot offensif contre les États de ce prince. Frédéric, s’il eut la satisfaction stérile de gagner le procès de tendance intenté au Roi-Électeur et à son ministre, avait trop justifié par .son agression le bien fondé des craintes conçues sur ses projets; il ne réussit qu’à démontrer, ce dont on se doutait déjà, l'imbécillité d’un gouvernement qui n'avait su prendre aucune précaution contre un danger prévu.

Avec sa fougue habituelle, le roi de Prusse, qui désirait encore éviter une rupture avec la France, ne tint aucun compte de l'effet pénible que ne pouvaient manquer de produire sur le souverain de ce pays ses actes arbitraires à l'égard du père de la Dauphine. Il se comporta de même vis-à-vis du représentant de Louis XV à la cour de Dresde, personnage dont le marquis d’Argenson à fait le crayon suivant (2) : « Le comte de Broglie, avec une âme remplie d’ambition , ressemblait à un voleur; ses yeux étincelants

(1) Voir au sujet du « mémoire raisonné » Renversement des alliances, p. 523.

(2) Cité par Boutaric. Correspondance secrète de Louis XV, vol. I, p. 65.

décelaient l'inquiétude et l’activité de son esprit. Il avait de grands talents pour la politique et pour la guerre, mais le despotisme de ses idées et les calculs d'une ambition démesurée le portaient toujours avec impétuosité au-delà de toutes les bornes. »

| tzahn de l’équipée projetée, le margrave Carl de Brande- | bourg, qui commandait en l'absence du roi, avait donné l’ordre de ne laisser passer personne ct de ne pas faire Î d'exception pour le représentant de France. Fidèle à sa conil signe, le poste fit arrêter la voiture; Broglie se récria, qi insista et parlementa d'abord avec l'officier de jour, puis

Un diplomate de nature aussi autoritaire et de tempéra- | ment aussi ardent, était plutôt enclin à attiser le feu qu'à | l'éteindre. L'échec répété de 5es tentatives pour négocier un traité entre la France et la Saxe, lui avait laissé peu de I! ° goût pour la personne de Brühl dont il méprisait le carac- t if tère et supportait mal les procédés. Cependant, lors de I | l'invasion de la Saxe, il épousa avec passion la cause de la à | cour de Pologne; il se fit l'interprète zélé des lamentations k | que le roi Auguste transmit à sa fille la Dauphine, et se d joignit à lui pour dénoncer la supercherie et la violence des Prussiens. Resté à Dresde après le départ du roi, con- À formément aux ordres de sa cour, il insista pour obtenir d | la libre communication avec le camp, se plaignit de l’ar- É | restation d’un de ses courriers, majora cet accident en la | incident diplomatique, et enfin, ne pouvant obtenir de P | Frédéric l'autorisation d'aller et venir auprès des assiégés és comme il l’entendrait, il essaya de traverser les lignes d prussiennes et obligea les officiers du roi à user de force P pour l’en empècher. Les faits furent des plus simples (1) : ae dl Broglie en carrosse, avec une escorte de quelqués cavaliers, Su | se présenta le 6 octobre aux avant-postes. Averti par Mal- |

x (1) Voir pour le récit détaillé la lettre de Broglie à Valory, 11 octobre 1756 Hi (Mémoires de Valory, vol. IT, p. 353) et le rapport du margrave Carl au roi de Prusse, Correspondance politique, vol. XIII, 5. 507, 508 et 514-515.

roi

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