INTRIGUES EN FAVEUR DE RICHELIEU
n'est content, personne n'est écouté. Quant au second tout l'embarrasse; il ne pense qu'à avoir du foin et de l'avoine, quelque prix qu'il en coûte; point d'expédient, point de force; dupe de la confiance, n'est point secondé, a de la hauteur et voudrait paraitre n'avoir besoin de personne. Je vous le répète, les seules causes sont le général et l'intendant ; mais de grâce c’est un secret que je confie à vous seul. »
Deux jours après c’est le nouveau ministre des Affaires Etrangères qui parle (1): «Je vous renvoie, mon cher ami, le billet et la copie de votre réponse. Je suis pénétré des vérités que l’un et l’autre contiennent. J'en ai fait un usage prudent quoique direct. M*° de Pompadour pense comme ous et je pense que le maitre est bien ébranlé. J'ai cffert à M. de Paulmy d'appuyer les démarches qu’il jugerait à propos de faire ; vous conviendrez que c’est tout ce que je puis et ce sera bien assez; la guerre et la politique unies ensemble doivent être bien fortes en ces circonstances. Trouvez le moyen de faire quelque chose du corps de M. de Soubise combiné avec les Cercles. »
Pour l’excuse de Bernis, 1l faut reconnaitre que si le désir de faire jouer un rôle au prince de Soubise, protégé de la favorite (2), entrait pour quelque chose dans ses calculs, il était surtout préoccupé de donner satisfaction à l’Impératrice-Reine qui insistait pour une coopération plus active. « La cour de Vienne, continue-t-il, nous demande notre plan d'opérations; nous ne pouvons pas le lui refuser parce que sur ce plar elle combinera les partis qu'elle peut ou doit prendre. Si nous lui laissons envisager que tout se réduira cette campagne à prendre des quartiers d'hiver dans le pays de Hanovre et à préparer les
(1) Bernis à Duverney, 9 juillet 1757. Correspondance de Bernis avec Duverney.
(>) Mme de Pompadour à Duverney, billet lui recommandant Soubise. Cor-respondance de Bernis, p. 78.
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arrangements de la campagne prochaine, elle sera au désespoir, et peut-être nous supposera-t-elle des ménagements pour le roi de Prusse... M. le maréchal de Richelieu a laissé entendre à M. deStahremberg qu'on ne pouvait rien faire cette année que de préparer le succès de la campagne prochaine; entre nous, quand cela serait ou pourait être, il ne faudrait pas le dire à la cour de Vienne, ;
Entre Richelieu et Bernis qui avaient suivi la cour à Compiègne, et Duverney resté à Paris, il y eut échange presque journalier de notes. Le maréchal, à peu près sûr de devenir généralissime, aurait voulu conserver sous ses ordres tout le corps qui lui avait été assigné en premier lieu. Bernis, Stahremberg et M*"° de Pompadour préféraient au contraire en distraire une partie des renforts pour Soubise. Duverney soutint avec énergie l'opinion de Richelieu, et fournit mémoire sur mémoire à l'appui de sa thèse. Le Roi trancha la question (1) en faveur de Soubise. Quant au commandement de la grande armée, Ja décision de Louis “” doit remonter aux premiers jours de juillet, mais elle demeura le secret des conjurés pendant quelques jours. Stahremberg, quoiqu il s en défendit. semble avoir eu sa part dans les intrigues qui amenérent la disgrâce de d'Estréces: il se fit tout au moins, auprès de sa cour, l'écho des plaintes formulées contre ce sénéral. 11 nous apprend (2) quelques détails curieux qu'il tenait de Bernis : Belleisle, dont on craignait l'opposition à cause de son animosité contre Richelieu et de son al fection pour d'Estrées, ne devait être mis au courant qu'après le départ pour l'armée du nouveau général en chef: le Roi s'était chargé personnellement de lui annoncer sa résolution et de l’informer que c'était sur ses ordres exprès qu'elle lui avait été cachée. Malgré le désir de
jui 757. Corres » Bernas avec (1) Bernis à Puverney, 15 juillet 1757. Correspondance de Bernus à
Duverney. - ; .
: (2) te à Kaunitz, 17 juillet 1757. Archives de Vienne.
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