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INFLUENCE DE DUVERNEY

Louis de ménager l'amour-propre de son vieux serviteur, à partir de ce moment et pendant quelques mois celei-si n'eut plus la haute main dans la direction des opérations militaires, et fut remplacé dans sa fonction oflicieuse par Duverney dont l'influence devint prépondérante.

Vers cette époque se produisit un incident diplomatique qui n’était pas de nature à rehausser le crédit de Belleisle, et qui peut expliquer la diminution passagère de son autorité dans le conseil du Roi. Au ministère des Affaires Étrangères parvint ure dépêche du chevalier de Folard, transmettant des ouvertures pacifiques que la margrave de Baireuth avait faites sous le coup du désastre de Kolin et à l'instigation de son frère. Au paquet était jointe, sous sceau volant, une lettre de cette princesse à Belleisle, contenant un appel à l’ancienne affection du maréchal pour le roi de Prusse. Bernis s'empressa (1) de consulter le roi Louis XV sur cette importante communication, et reeut l'ordre d'en faire part à Stahremberg. Sur l'avis de ce dernier, il fut décidé de ne pas remettre à Belleisle le pli qui lui était destiné, et de répondre à la margrave que le Roi de Prusse, s'il voulait négocier en vue de la paix, devait s'adresser aux puissances qu'il avait si injustement attaquées. Quant à Folard, il fut invité à ne plus se prêter à des pourparlers d’une nature aussi compromettante.

Ainsi que cela avait été convenu, Richelieu régla son départ de Paris de sorte qu'il précédât de quelques jours le courrier qui portait à d'Estrées la nomination de son successeur. Après une courte visite à Bourbonne-les-Bains où se trouvait M"° de Lauraguais, il se rendit à Strasbourg pour activer l'organisation des renforts affectés à son armée : de cette ville, il réclama les chevaux pour transporter

(1) Stahremberg à Kaunilz, 17 juillet 1757. Archives de Vienne.

les munitions et pour trainer les canons. Entre a : avait recu, avec sa lettre de service, des rs . taillées (1) auxquelles son ami Duverney avait Fe “ . moire sur la continuation de la campagne. Tou | : ord, était-il dit dans le document ministériel, le Roi, . ue des désastres de Bohème, avait jugé nécessaire d el deux nouvelles armées en Allemagne, dont : prenne confiée à Richelieu devait agir « vers la W ss AE . à portée de favoriser les opérations de l'armée à de ë phalie. » La seconde, sous les ordres du Rens a . bise, destinée d’abord à rejoindre les Hal iee su depuis la victoire de Kolin pour la diversion pu de ë : condition d'être augmentée d une partie ue primitivement attribuées à Richelieu. On restait donc li . de pousser le plus rapidement DOSDIe l'invasion du Hanovre. A cet effet, 20 bataillons et 36 escadrons, y a pris ceux du camp de Ruremonde, seraient ajoutés si grande armée sous le commandement supérieur du échal de Richelieu; cette addition et celle de 12 is de supplémentaires de mi'ice sur le FRE ses l'effectif total à 141 bataillons et 159 esca ue compter les troupes légères et les 1% en unes dont * Autrichiens et 10 Palatins. On DRpo qu ou arrivée au quartier-général le nouveau commandan chef trouverait en train le siège d'Hameln et ni celui de Minden. On ne prévoyait pas une longue a tance de ces petites places, et on croyait que le en Cumberland n'’essaierait pas de les secourir, mais qu . retirerait derrière la Leine « pour LIBRE défendre cette rivière et de couvrir Hanovre et Brunswick. » ; « Ce sera, continuait le mémoire, à la prudence du ne chal de Richelieu à juger du parti qu’il sera le pie a tageux de prendre, ou de commencer par préférence à

(1) Instructions pour le maréchal de Richelieu, 17 juillet 1757. Archives de la Guerre.

avec Duverne

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1) Duvernd

INSTRUCTIONS DE RICIELIEU. 453

nettoyer toutes les places du Weser avant de se porter directement sur l'ennemi, ou de se contenter de faire attaquer successivement les places d'Hameln, Minden, et Nienbourg par de simples détachements de son armée, pendant qu'il marcherait avec le reste de ses forces au-devant de M. de Cumberland pour le combattre. Il suffira de lui dire ici que le projet favori de la cour de Vienne, et qui a été adopté par Sa Majesté, étant de parvenir à former le siège de Magdebourg au commencement de la campagne prochaine, on ne saurait se flatter de l'exécuter qu’en rejetant l'ennemi dès cette année au delà de l'Elbe. »

A cette première raison pour l'offensive, s’'ajoutait l’avantage de se rendre maitre du pays entre le Weser et l'Elbe, afin d’en tirer les subsistances qu'il eût été ruineux de transporter de France. Les instructions se terminaient par des considérations sur le maintien de la discipline, sur l'entretien des routes, sur le désarmement des habitants, sur les ménagements à avoir pour eux, sur l'affectation des voitures de réquisition au service des vivres et de l'artillerie, et en aucun cas aux besoins des officiers génér'aUx.

Dans son mémoire (1) Duverney insiste sur l'urgence d'occuper toute la région située sur la rive gauche de l'Elbe; il désigne la ville d'Halberstadt comme point stratégique de la plus haute importance, et conseille à Richelieu de détacher de ce côté les troupes légères de Fischer soutenues par une division; aussitôt en son pouvoir Halberstadt devra être mis en état de défense et muni d’une garnison adéquate. Sur les moyens d'assurer la nourriture de l’armée pendant l'automne et l'hiver, Duverney était en désaccord avec l’intendant Lucé; contrairement aux idées de ce dernier qui était partisan des réquisitions

(1) Duverney à Richelieu, 22 juillet 1757. Correspondance de Richelieu avec Duverney. Paris 1789.

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en nature, il préconise le système des livraisons à prix fixe. A l'en croire, la véritable facon « est de faire payer comptant par le munitionnaire, à tous les paysans qui avporteront des blés froments dans les magasins de Halberstadt, 12 livres monnaie de France du sac de 202 livres poids de marc, et 9 livres du sac de seigle du mème poids. À l'égard des foins, paille, avoine, orge ou épeautre, c’est à titre de contribution qu'ils doivent les fournir, et tel est l'usage de la guerre dont je ne crois pas que votre intention soit de vous écarter... Je vois par les lettres que je recois qu'on a déjà demandé au pays de Hesse cent mille sacs de froment, et cinquante mille sacs de seigle, moitié en vieux grains et l’autre moitié en grains de la récolte prochaine. Outre que cette demande me paait excessive, elle ne me semble pas fondée sur les principes de justice, de politique et de confiance qu'on ne doit pas perdre de vue vis-à-vis des peuples que l’on soumet. ;

En ce qui concerne les recouvrements en argent, pas d'objection à ce qu'ils se fassent de concert avec les représentants de l'Impératrice-Reine. Enfin Duverney conclut en proposant que les commissaires impériaux rendissent une ordonnance rassurant les populations et leur promet: tant un traitement équitable; en échange de cette protection, il leur serait interdit « de quitter leurs habitations, d'en retirer leurs chevaux, bestiaux et denrées, à peine d'ètre punis comme transmigrants. »

Dans deux annexes à la pièce principale, l’auteur insiste sur la méthode à suivre pour la création des magasins: « La première précaution à prendre est de fermer toutes les issues des pays conquis, et d’en défendre la sortie des grains sous les peines les plus rigoureuses, même de mort, dans le cas où il serait prouvé que les grains exportés fussent destinés pour l'ennemi. La seconde est d'’intéresser les peuples à se soumettre à cette défense, en iixant aux grains qu'ils apporteront dans les magasins un prix pro-

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