‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 238 sur 385 · OCCUPATION DE BRUNSWICK ET HANOVRE · texte numérisé non relu

OCCUPATION DE BRUNSWICK ET HANOVRE

ses États, il dépècha un envoyé à Richelieu pour négocier un traité de paix. Celui-ci exigea les conditions qui avaient été imposées par son prédécesseur à la régence de Hesse Cassel. Il fallut en passer par la loi du vainqueur; le 10 août on signa une convention en vertu de laquelle les places fortes de Brunswick et de Wolfenbuttel devaient être remises aux Francais avec leur artillerie; le duché serait frappé d'une contribution de guerre; le duc recevait la permission de se retirer dans un de ses châteaux avec un bataillon de sa garde; mais rien n'avait été stipulé au sujet du contingent brunswickois qui avait suivi Cumberland dans sa retraite. Le duc d'Ayen, avec quelques bataillons et un peu de cavalerie, fut détaché pour prendre possession du duché.

A peine le plénipotentiaire de Brunswick était-ii reparti avec l’ultimatum français, qu'il fut remplacé par les délégués de la régence du Hanovre venus pour s'entendre sur la reddition de la capitale de l'Électorat. Richelieu resta sourd au plaidoyer de M. de Platen-Hallermund qui avait été choisi sans doute à cause de sa parenté avec le ministre français, M. de Saint-Florentin (1). Le duc de Chevreuse, commandant de l'avant-garde, imposa l'occupation de la ville et la rétention comme prisonniers de guerre des quelques soldats restés en garnison. Le lendemain de la capitulation, le 11 août, Richelie1 arrivé avec ie gros de l’armée logea son quartier-général dans le château du comte de Platen; il y demeura jusqu'au 29 du mois. |

De tels résultats étaient aussi brillants qu'inespérés; les places du Weser, sur la résistance desquelles on avait tablé, avaient ouvert leurs portes à la première sommation; sans coup férir on s'était rendu maitre du duché de Brunswick, de la plus grande partie du Hanovre; l’ad-

(1) M. de Saint-Florentin avait épousé sa sœur.

versaire se retirait à marches forcées vers l'embouchure de l’Elbe et paraissait déserter la lutte. Mais ce mouvement inattendu qui livrait la capitale électorale sans défense ne cachait-il pas un piège? N'était-il pas inspiré par le désir d'aller au-devant des renforts que le roi George envoyait à son fils et qui débarqueraient sans doute à Stade? cette pensée ne fut pas sans troubler le maréchal dans les délices de sa nouvelle Capoue. On savait de source certaine que la flotte anglaise réunie à Chatham avait embarqué 8 à 10,000 hommes de troupes nationales. Quelle était La destination de ce corps expéditionnaire? A ce sujet les avis étaient fort partagés; chacun des généraux qui commandait sur la côte de la Manche ou de la mer du nord se croyait menacé. Tantôt on s’imaginait que les villes d'ostende et Nieuport étaient visées; ces ports, que venaient d'occuper, en vertu du traité secret avec l'Autriche » quelques bataillons français, n'étaient pas en état de résister à une attaque. Tantôt c'était à Embden qu'on prévoyait la descente des Anglais. Richelieu, quoique incrédule au sujet de ce bruit, expédia dans l'Ost Frise le régiment d'Eu, fort éprouvé comme on le sait, à la journée d'Hasae pensée du général en chef, le he objeetil des Anglais devait être le renforcement de l’armée de Cumberland : « Nous voilà à Hanovre (1), mon cher Duverney, et nos quartiers d'hiver seront bien ne si nous pouvons nous garer, comme je l'espère, de l'armée de M. le duc de Cumberland. Mais si les Anglais embarqués à Chatham viennent à Stade, et que le roi de Prusse y joint quelques Prussiens, ce qui n’est pas impossible, cela . viendra sérieux, car tout ce que nous avons ici se perd à aussi vite qu'il a été pris si nous éprouvons quelque ne heur : je ferai bien en sorte qu'il n'arrive pas. On trou-

(1) Richelieu à Duverney, 12 août 1757. Correspondance de Richelieu avec Duverney. Londres 1789. vol. 1, p. 98.

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