MÉDIATION DU DANEMARK
un événement aussi glorieux pour les armes du Roi que décisif pour la cause commune. » Le militaire avait accompli sa part de l'opération, voyons le diplomate à l'euvre,.
Le Président Ogier avait reçu dans la nuit du 27 au 28 août la dépêche de Richelieu dont nous avons donné l'analyse plus haut. La suggestion du maréchal coïncidait avec une avance que venait de faire à Copenhague le Roi Électeur du Hanovre, tant en son nom qu'en celui de ses alliés, en vue « d’une paix particulière, ou d’une exacte et entière neutralité de ses États d'Allemagne et des leurs. » Ogier avait porté cette démarche à la connaissance de Richelieu. « Cette demande, écrit-il Île 28 août (1), donne une foce toute nouvelle aux affaires de cette partie de l'Allemagne et m'a paru une circonstance bien favorable à l’objet de votre expédition du 23 de ce mois. » L'envoyé français s'était bien gardé de laisser deviner à Bernstorf les dispositions conciliantes dont il a eu la confidence : « Je lui ai annoncé que vous étiez en marche et à trois journées de l’ennemi, et dans le dessein de combattre s’il vous en donne la possibilité. J'ai fait entrevoir à M. de Berustorf l'avantage qu’il y aurait de chercher avec moi et de concourir aux moyens qui peuvent épargner le sang qu’une nouvelle action va faire répandre... [1 m'a marqué sa surprise extrême de ce que M. le duc de Cumberland, qui a été avant le 12 de ce mois-ci instruit des intentions du Roi son père, ne vous ait fait encore aucunes ouvertures ou propositions de paix, et très flatté du moyen que je lui ai fourni de tenter de faire cesser des hostilités qui vont devenir inutiles. » Il demandera au Roi son maitre « de faire partir aujourd'hui un exprès adressé à la régence d'Hanovre réfugiée à Stade. Sa Majesté danoise, dans une lettre personnelle,
(1) Ogier à Richelieu. Copenhague, 28 août 1757. Archives de la Guerre.