CRISE MINISTÉRIELLE EN ANGLETERRE
rer.x du pouvoir, se serait laissé faire, se serait même résigné à entreprendre tout seul la constitution du ministère, s'il n’en eût été empèché par les conseils de ses amis. Ces derniers sentaient fort bien qu'il était impossible de mettre sur pied ure adininistration viable, sans le concours d'uu orateur capable de diriger ies débats de la Chambre des Communes. Fox possédait le talent de l'emploi, mais manquait du prestige nécessaire; d'autre part, su rivalité avec Pitt entrainerait pour toute combinaison dont il ferait partie l'opposition intransigeante de cet homme d’État et de ses fidèles. Le dilemme était embarrassant. Newcastle, après les hésitations dont il était coutumier, se déroba et associa définitivement son sort à celui du député populaire.
Indigné d’un refus qu'il qualifiait de trahison, le vieux Roi essaya de composer un ministère avec Fox et quelques politiques de valeur secondaire. La tentative échoua grâce à l'intervention de Mansfield et à la démission de Holdernesse qui, à l'instigation de Newcastle dont il était la créature, remit son portefeuille au moment critique. Il fallut bon gré, malgré, donner carte blanche à Newcastle et autoriser ce dernier à reprendre les pourparlers avec Pitt. Lady Yarmouth, l’ancienne maitresse restée amie du Roi, lord Hardwicke, ex-collègue et intime du premier ministre, et lord Bute, confident de la princesse de Galles et de son fils le futur George III, se mêlèrent ectivement de la partie; après maintes entrevues où ces personnages jouèrent le rôle de conciliateurs désintéressés, le ministère Pitt-Newcastle fut enfin formé le 29 juin. Holdernesse rentra au département des Affaires Étrangères qu'il partagea avec Pitt, Legge revint aux Finances, Anson à la Marine. Fox ne fut pas membre du cabinet, mais en échange de la promesse d’une neutralité bienveillante
obtint le poste aussi lucratif que modeste de payeur-général de l’armée.
D'au
Pour la nouvelle administration l'avenir ne s'annoncçait
pas sous de riants auspices : peu d'accord entre collègues, quel rapports très tendus entre le Roi et ses ministres, rancune l'env tenace contre Pitt, vif mécontentement à l'égard de New- écrit castle et de Holdernesse, désordres à l’occasion de l'or- £enc ganisation de la milice, mauvaises nouvelles d'Améri- NN confc que, défaites du roi de Prusse, retraite de Cumberland mes | devant l’armée supérieure de d’Estrées, embarras à l'in- EE) térieur, orages menaçants sur l'horizon extérieur; la OPPO: perspective était peu encourageante. Tout d’abord le ca- hume binet exposa sa politique étrangère dans une lettre à Mit- troup chell (1); on affirmait à Frédéric la détermination d'agir Ne de concert, soit pour la négociation de la paix, soit pour discut la continuation vigoureuse de la guerre. Puis, pour sub- théâtr venir aux besoins de l’armée du Hanovre et pour ama- mandk: doucrle Roi, Pitt s’engagea à lui faire ouvrir par le Par- confid lement un crédit de 100,000 livres sterling. passé... Devait-on s’en tenir à un subside financier, ou fallait-il si j'ai renforcer Cumberland d'un corps de troupes anglaises ? aller c La question fut chaudement débattue au sein du conseil. Son Sa Ne serait-il pas à propos d'envoyer au Prince les 9,000 soutent hommes de Chatham qui avaient inspiré de si vives inquié- mieux tudes à Richelieu? Le Roi, probablement à la prière de son qui veu fils, était de cet avis; Frédéric, dans ses conversations avec compte Mitchell, s'était exprimé dans le même sens. Par contre, grave c Pitt, initiateur d’un projet de descente dans les environs J'ajouta de Rochefort, y était très opposé. À son ordinaire New- ne pou castle plaide le pour et le contre (2). « Un renfort de cette Majesté nature permettrait certainement au duc de faire plus que obligé « nous n’effectuerons, j'en ai peur, par une tentative sur notre cc les côtes françaises. Cela donnerait du cœur à la cause aucune protestante, aux princes de l’Empire et aux Hollandais... A l'iss (1) Holdernesse à Mitchell, 15 juillet 1757. Newcastle Papers. Newcastle à (1) Newc Mitchell, 18 juillet 1757. Newcastle Papers. (2) Newc (3) Autre
(2) Newcastle à Hardwicke, 25 juillet 1757, Newcastle Papers.
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