INDÉCISION DU CABINET BRITANNIQUE
lui faire part de ses embarras, de la nécessité dans laquelle il se trouve, si nécessité il y a, et en général de ses projets. On m'objectera peut-être que ce sera alors une course entre le roi de Prusse et nous, à qui conclura le premier sa paix particulière. Je réponds que sans communication cela se passerait de même, car Sa Majesté prussienne ne sera pas sans savoir ce © .i se prépare, et elle sera plus justifiée en traitant de son côté que si nous avions agi ouvertement avec elle. » Quant au projet de paix séparée ou de neutralité pour les États allemands du Roi, le ministère anglais ne peut s'y opposer « qu'à la condition d'offrir au Roi un secours en rapport avec les exigences de la situation ». Tout en se refusant à fixer la nature et l'importance du concours, Hardwicke y adhère en principe.
C'était tenir le langage du bon sens, mais le cabinet britannique était trop divisé et trop absorbé par ses préoccupations intérieures pour se rallier à ce sage avis; de plus en pius perplexe il ne sut prendre aucune résolution. Pitt, qui considérait la partie comme perdue en Allemagne, proposa (1) de se retourner vers l'Espagne. Non seulement on terminerait avec cette puissance les litiges commerciaux et maritimes depuis si longtemps pendants, mais on lui offrirait Gibraltar « si elle voulait nous aider i reprendre Port-Mahon, car sans Port-Mahon personne n'oserait signer la paix; en échange de Gibraltar nous pourrions recevoir Oran, ou un autre port des côtes barbaresques. » Le projet &e Pitt fut agréé par le Roi, éventucllement soumis à l'Espagne, et repoussé par Sa Majesté catholique qui ne voulut pas se mêler au conflit.
En attendant, les nouvelles du Hanovre devenaient de plus en plus alarmantes; le 10 août arriva un billet du duc de Cumberland à son père que ce dernier communi-
(1) Neweastle à Hardwicke, 9 août 1757. Newcastle Papers.
qua à Neswcastle, Le commandant des forces confédérées y représentait en termes saisissants (1) la sitaation désespérée de son armée en pleine retraite sur Stade : « Le Roi, très ému du contenu de sa lettre, écrit Newcastle, dit qu'il enverrait au duc l'ordre d'arrêter la poursuite des Francais, en offrant de traiter avec eux; il avait averti, ou avait l'intention d'avertir le roi de Prusse, du parti qu'il était obligé d'adopter. Lady Yarmouth essaiera d'obtenir pour le duc l'autorisation de correspondre avec le roi de Prusse, et si possible d'empècher des ennuis de ce côté. Peutêtre, ajoute le méfiant Anglais, le duc ne sera pas aussi pressé quand il verra qu'il aura à jouer le rôle en personne. »
Pendant que ses ministres britanniques étaient encore à la recherche d’une solution, le vieux roi avait trouvé la sienne en se conformant au programme qu'il s'était tracé. Münchhausen dut écrire à Vienne et à Copenhague ; dans la dépêche adrcssée à Steinberg (2) il s'exprimait ainsi : « Sa Majesté penche maintenant à donner les mains à une paix particulière, si elle se peut conclure à des conditions raisonnabks, de ne vouloir prétendre de Sa Majesté et de ses alliés, de prendre la moindre part à la guerre contre Sa Majesté prussienne et d'y concourir par des secours en troupes ou en argent; si bien que les États du Roi et ceux de ses alliés doivent être délivrés de leurs hôtes incommodes et du pesant fardeau dont ils sont accablés, et qu'à l'occasion des présents malheureux troubles, ils ne soient plus molestés par des marches, passages, logcments, fournissements de vivres, chariots et autres prestations. » Suit l'appel habituel à la reconnaissance que l'Impératr'cc. Reine devait éprouver pour le roi George. Comme conclusion, Steinberg avait pour mission de
(1) Newcastle à Hardwicke, 10 août 1757. Newcastle Papers.
(2) Münchhausen à Steinberg. Traduction francaise, 9 août 1757. Newcastle Papers.
«SI min chai réné
par le d cait cer | il ne du r wick mités des c « ob) ces q lemer « En idées la Co] minis d'État couve ne l’a veriez
en tou une le de Be
mes É
de Geo
tion à
princes
(1) Roi tion franc
istle