INSTRUCTIONS DONNEES A CUMBERLAND
« sonder le terrain et d'approfondir les sentiments du ministère de la cour où vous êtes, surtout ceux du vicechancelier, comte de Colloredo, sans pourtant faire dorénavant des propositions en forme, »
Ces ouvertures assez vagues furent complétées le 11 août par un gros paquet de lettres, de notes et d'apostilles pour le duc de Cumberland. La pièce principale (1), commencait par l'exposé de la situation : impossibilité de renforcer l’armée « car d'y envoyer des troupes d'ici c'est à quoi il ne faut pas songer », peu de probabilité d'un secours du roi de Prusse, crainte du retrait des Hessois et Brunswickois, avantage de traiter avant d'être réduit «ax extrémités. Insuffisamment édifié sur la position et la force des combattants, le Roi demande l'avis de son fils sur les «objets importants » de la lettre, et sur « les circonstances qui y ont rapport. » 11 enjoint aux ministres actuellement à Stade de se concerter à cet effet avec '* Prince. « En attendant, continue le billet royal, vous verrez mes idées au sujet d'une telle paix éventuelle à faire, par la copie ci-jointe d’une lettre que selon mes orûres mon ministre d'État de Münchhausen a écrite au ministre d'État danois de Bernstorf, dont l'original a été mis sous couvert à mes ministres d'État à Stade, avec ordre de ne l'acheminer à Copenhague que quand vous le trouveriez à propos. Ce qui sera pourtant bon et nécessaire en tout cas, c'est que mon Gross Voigt de Steinberg, par une lettre à coucher sous votre approbation au ministre de Berlin, le mette au fait de la véritable situation de mes États d'Allemagne et de mes armées. » La missive de George se termine par un canevas de la communication à faire à Berlin, et par l'invitation d'informer les princes alliés que Sa Majesté « aurait soin de leurs pays
(1) Roi George au duc de Cumberland. Kensington, 11 août 1757. Traduction francaise. Newcastle Papers.
et intérêts respectifs, au possible, et autant que des siens propres. »
Dans une première apostille (1), George prévoit le cas où pour sauver ses États et son armée, il faudra agir avec tant de promptitade que le temps fera défaut pour lui en référer. « Dans cet embarras, je ne sais point d'autre parti à prendre que de remettre entre les mains de votre Direction d'appeler tous mes ministres ou quelques-uns d’eux, et de délibérer , non seulement avec eux sur les moyens et les mesures les plus propres, mais aussi d'en ordonner l'exécution. Votre Direction pourra même entrer en communication avec le baron de Bernstorf, si elle le juge nécessaire ou convenable. Rien que la grande confiance que j'ai dans la prudence de votre Direction ct dans son zèle pour mon service et pour le salut de mes États d’Allemagne, pourrait me persuader à lui imposer un fardeau dont je ne connais pas moins l'importance et la pesanteur, ca je me tiens persuadé qu'elle ne fera de cette autorisation que tel usage qui aboutisse au salut de mes États et de mon armée , et conséquemment à mon repos. »
La troisième apostille (2), toujours datée du 11 août, est plus explicite que les premiers documents. Le Roi ne voit d'autre ressource que de faire négocier avec le général français, pour lui et ses alliés, « une paix particulière, ou une neutralicé, ou même un accommodement préliminaire, aussitôt et aussi bien que possible, afin que tous ces pays soient soulagés et les troupes conservées. » En conséquence Cumkeriand est invité à tenter auprès du maréchal d'Estrées ou de son successeur les ouvertures nécessaires: si elles sont accueillies, il devra « conclure de telle façon qu'il se pourra faire, après qu'il aura employé son mieux. »
(1) Roi George à Cumberland. Apostille 1. Kensington, 11 août 1757.
Traduction française. Newcastle Papers. | (2) Roi à Cumberland. Apostille 2. 11 août 1757. Traduction. Newcastle.
Papers.
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