PLEINS POUVOIRS DE CUMBERLAND
A cet effet des pleins pouvoirs rédigés par la chancellerie
allemande de Londres sont joints à l'expédition. « Quoique
les négociations pour le traité ou la convention ne doivent
être différés pour cela, la signature et la consommation de
ce dont on sera convenu ne devra pourtant se faire que
jusqu’à ce que le plein pouvoir de la cour de France soit
arrivé, et prêt à être échangé contre le mien. » Enfin le
| Prince est mis au courant des pourparlers que Steinberg
4 est chargé d'entamer auprès de l’Impératrice, et de la
ë | prière adressée à Bernstorf « d'effectuer que sa cour em- - ploie ses bons offices, tant à Vienne qu’à Versailles. »
; Aux instructions royales étaient annexés les pouvoirs les
plus étendus (1), ainsi qu'on peut en juger par le texte sui-
e vant : « Plein pouvoir, commission, et mandement spé-
- | cial, pour, de notre part, en qualité d’Électeur, convenir
u | avec le général en chef de l’armée de Sa Majesté très chré-
’, tienne, arrêter, conclure et signer, lui-mème ou par telle
i- ou telle personne qu'il y autoriera, tel traité, article ou
t convention que ledit notre très cher fils avisera bon être:
promettant en qualité d'Électeur d’avoir agréable, tenir
st A ferme et stable, à toujours accomplir et exécuter ponc-
it tüellement tout ce que Ie dit notre très cher fils aura sti-
l pulé, promis et signé en vertu du présent pouvoir, sans
u jamais y contrevenir, ni permettre qu'il y soit contre-
venu, pour quelque cause ou pour quelque prétexte que
's ce puisse être; comme aussi d’en faire expédier nos lettres
de ratification en bonne forme, pour être échangées dans
| le temps dont il sera convenu. En témoin de quoi nous
s: avons fait mettre notre scel à ces présentes. Donné à notre
n palais de Kensington, le 11° d'août, l'an de grâce mille
D sept cent cinquante-sept, et de notre règne le trente et
D NT RC Et Le D à
(1; Plein pouvoir donné à Kensington, 11 août 1757. Newcastle Papers. Ce
à dernier document paraît avoir été rédigé en francais; les autres piéces sont
a | des traductions de l'original, évidemment allemand, faites à Londres au moment de l'expédition.
unième. » Peu de temps après l'envoi de ce volumineux courrier, le roi George ressentit des craintes sur l’interprétation trop large que son fils pourrait donner à des instructions qui trahissaient clairement le désir d’en finir à tout prix. Dans une note en date du 16 août (1), il envisagea l'hypothèse où les Français pousseraient leurs exigences jusqu'à demander le désarmement de ses soldats, ou à insister « sur d’autres conditions dures et nullement acceptables. » Dans ce cas, Cumberland devait se concerter avec les ministres et généraux hanovriens sur les moyens de délivrer et de conserver l’armée, et « pour qu'elle ne tombe d'aucune facon entre les mains des ennemis. »
Par la même occasion, Münchhausen (2) priait le Gross Voigt de Steinberg (3) de faire savoir à Cumberland qu'il pouvait signer un armistice; mais « que la conclusion de l'affaire principale devait être trainée de bonne manière jusqu'à ce que l’envoyé, M. de Steinberg, sût : "it quelle réception avait eu la proposition (à Vienne) pour une paix particulière. »
Enfir le roi d'Angleterre dépècha à Frédéric une lettre personnelle (4) pour l’informer de ses intentions. Il constate avec douleur le mauvais état des affaires du roi de Prusse. « Depuis la dernière action, les miennes se trouvent dans une triste situation. Les ennemis sont maîtres de la plus grande partie de mes États et de ceux de mes amis. Je n'ai aucun secours à espérer de Votre Majesté et Je me trouve hors d'état de lui en fournir. Je suis la victime de ma bonne foi et de ma fidélité à mes engagem : :
(1) Roi George à Cumberland. Apostille, 16 août 1757. Traduction. Newc:.... Papers.
(2) Münchhausen au Gross Voigt de Steinberg, 16 août 1757. Newcastle Papers.
(3) Père de l’envoyé à Vienne, membre du conseil de régence.
(4) Roi d'Angleterre au roi de Prusse, 16 août 1757. Correspondance politique. Vol. XV, p. 317.
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(1) Steinbe P. 316.
(2) Cumbe