IMPRESSION PRODUITE PAR LA CONVENTION
rappelle que ce que je vous ai dit de bouche il y a longtemps : nec Hercules contra plures. »
Au Hanovre, sur le terrain de la lutte, le sentiment dominant fut celui de la délivrance; les ministres , à l’exception du président Münchhausen dont nous avons fait entendre les réserves, se félicitaient d'un arrangement qui avait mis fin aux hostilités dont ils étaient les premiers à souffrir. « Toutes ces lettres, mandait Münchhausen de Londres à Newcastle (1), ne contiennent qu'un applaudissement de la convention. »
En Hollande, chez les partisans de l'Angleterre, l'effet produit fut des plus fâcheux. « Je ne puis pas vous répéter, écrit Yorke (2), tout ce qu’on dit de notre conduite et Le tort qui a été fait à notre cause. »
De l'autre côté de la Manche où la nouvelle parvint le 17 septembre, la consternation fut générale. Bien qu’avertis par le langage du Roi et par les confidences de la favorite, les ministres britanniques s'étaient fait illusion jus qu'au dernier moment ; le refus de Richelieu de consentir à un armistice avait ravivé leurs espérances. L'affaire trainerait en longueur, Cum»erland tiendrait tête à l'ennemi, et dans l'intervalle, le roi de Prusse, au besoin même le gouvernement anglais, trouverait quelque moyen de venir en aide à l’armée hanovrienne. La dépêche de Cumberland à Holdernesse qui annonçait à la fois les négociations et leur conclusion n’était pas de nature à faire la lumière, car elle n’entrait dans aucuns détails; on ne les sut que par les indiscrétions du roi George qui laissa échapper des bribes de la correspondance particulière de son fils.
Dans la première audience qui suivit la réception des avis du Hanovre, le monarque tint des propos dont la violence et l'injustice n'étaient rachetées par aucune trace de dignité royale ou d'affection paternelle. Oublieux des
(1) Münchhausen à Newcastle, 22 septembre 1757. Newcastle Papers, (2) Yorke à Newcastle, 23 septembre 1757. Newcastle Papers.
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