‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 260 sur 385 · RAPPEL DE CUMBERLAND · texte numérisé non relu

RAPPEL DE CUMBERLAND

tant de précipitation, et n'avoir pas soumis le projet à la ratification? Pourquoi, au lieu de stipuler des garanties pour la sauvegarde de l'Électorat, avoir donné à l'occupation ennerhie la sanction d'une clause exprésse? « Si son armée était restée, continue George, et qu'elle eût fait mine de vouloir attendre la dernière extrémité, les Français auraient vraisemblablement parlé d’un autre ton, et il eût été temps assez de conclure une convention si honteuse et pernicieuse lorsque la moitié de l’armée aurait été perdue. Comme je dois donc croire que vous avez eu des raisons à moi inconnues que vous avez eu des scrupules de m'ouvrir par écrit, je souhaite donc d’être informé par vous de bouche le plus tôt possible, pour ma tranquillité et pour votre propre justification. » Pour fournir ces explications, Cumberland recut l'autorisation ou l’ordre de revenir: à Londres. |

Dans une apostille (1) le Roi aborde les critiques de détail, signale l'insuffisance du territoire alloué à la division de Stade, l'impossibilité pour la cavalerie de se nourrir dans des cantonnements aussi restreints, et enjoint à Cumberland d'obtenir par l'entremise du comte de Lynar la modification de cet état de choses.

Ce recours à l’auteur principal de l'accord démontre que le roi George, à cette époque, se considérait comme lié en sa qualité d'Électeur par la signature de son plénipotentiaire. La même déduction ressort d'un aveu contenu dans une communication (2) adressée au landgrave de Hesse : « L'exécution de la convention en a suivi si tôt la conclusion que nous nous sommes trouvé hors d'état de la désavouer et rompre. »

Pendant que George se débattait entre l'obligation de la

(1) Roi George à Cumberland. Apostille. 21 septembre 1757. Newcastle Papers.

(2) Rescrit à l'envoyé de Hardenberg, 23 septembre 1757. Newcastle Papers.

parole donnée que venait de consacrer le fait accompli et le désir de se dérober à un arrangement dont il prévoyait les suites ruineuses, le cabinet britannique se lavait les mains de l'affaire (1), et affirmait à qui voulait l'entendre son intention de maintenir l'alliance et de soutenir le roi de Prusse par un subside important. A cet effet, dès le 18 septembre, c’est-à-dire aussitôt après l’arrivée des avis du Hanovre, on avait préparé une protestation (2) déclarant « que la mesure avait été prise sans la participation des ministres anglais, et ne devait exercer aucune influence sur la conduite de l'Angleterre. » On séparait ainsi le sort du cabinet de celui du souverain dont la position, comme Électeur, était considérée comme désespérée, même par ses amis les plus fidèles; selon l'expression de Münchhausen, « 1l était sans pays, sans sujets, sans troupes et sans argent »; et pour comble de malheur la capitulation lui faisait perdre toute chance d'obtenir un secours du Parlement. En effet, il ne pouvait attendre de la Chambre des Communes, mécontente à bon droit d'une négociation engagée et menée à l'insu du ministère britannique, un sacrifice quelconque pour l'entretien de troupes qui désormais ne serviraient plus un intérêt anglais.

Dans la veine de découragement où se trouvait tout le monde à Londres, on songea un instant à faire des ouvertures directes à la cour de Versailles. Newcastle consulta là-dessus son ami Hardwicke, et obtint de ce dernier une réponse (3) qui dépeint l’état des esprits à ce moment de la crise : « J'aborde maintenant la grande question de la mission à Paris et de la manœuvre (sic) là-bas... Le point capital, et en mème temps celui qui prête le plus au uoute, est d’y envoyer un ministre; quant à l’idée de s'adresser à

(1) Newcastle à Yorke, 23 septembre 1757, à Dupplin, 28 septembre 1757. Newcastle Papers.

(2) Newcastle à Hardwicke, 18 septembre 1757. Newcastle Papers.

(3) Hardwicke à Newcastle, 24 septembre 1757. Newcastle Papers.

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