‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 261 sur 385 · EXPLICATIONS DONNÉES PAR CUMBERLAND · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS DONNÉES PAR CUMBERLAND

la grande dame (1) je n’y vois aucune objection, pourvu que ce soit un ministre qui y aille. Si une douceur, comme on le propose, peut être un moyen efficace d'obtenir non seulement un soulagement pour le Hanovre, mais aussi une paix générale, je serai d'avis de la porter à un haut chiffre, et de rendre l’o‘fre tentatrice la plus élevée possible... Quant à faire dénoncer la convention par le Roi, je ne vois pas comment on pourrait s’y prendre, à moins que la France ne brise ou ne viole l’arrangement; étant donnée leur morgue cela ne me parait pas improbable. Il y a encore tant de détails à régler que des divergences se produiront à coup sûr. Si la nouvelle publiée par les journaux d'aujourd'hui est vraie et que les Autrichiens aient battu le prince de Bevern en Lusace, cette défaite aura pour résultat de précipiter la destinée du roi de Prusse et d'augmenter l’insolence française. »

La prophétie de Hardwicke ne tarda pas à se réaliser. A la fin de septembre un important courrier arriva de Stade ; Cumberland avait recu les lettres du 16 qui avaient apporté quelques restrictions aux instructions précédentes. «Le contenu (de ces lettres), écrit-il (2), me cause une peine extraordinaire, craignant que Votre Majesté n’approuve point les pas que j'ai faits depuis peu. Je me console uniquement par l'espérance que lorsque Votre Majesté voudra bien comparer dans leur suite les ordres gracieux qu'Elle m'a donnés avec ma conduite, Elle me fera la justice d’avouer qu’autant que j'ai pu entrer dans ses intentions, je n'ai hasardé dans la moindre chose de m'en départir. »

Puis abordant le détail, Cumberland nous apprend que le recul vers Stade, qui avait eu une influence si néfaste sur la campagne, avait été prévu dès le début.

(1) Madame de Pompadour.

(2) Cumberland au Roi. Traduction du temps. Stade, 24 septembre 1757. Newcastle Papers.

« Votre Majesté me permettra de lui rappeler très respectueusement comme quoi les ‘nstructions dont Elle à bien voulu me munir à mon départ d'Angleterre, et celles qu’'Elle m'a fait parvenir depuis en confirmation des premières, et tout le plan d'opérations réglé et approuvé là-dessus, tendaient à la retraite éventuelle dans le pays de Brême et à couvrir la forteresse de Stade. » Jamais il n'avait été question, ni dans la correspondance entretenue avec le roi de Prusse, ni dans celle de Mitchell, d’une retraite sur Magdebourg. Cumberland exprime non sans dignité son vif désir de se disculper : « Soit que Sa Majesté, comme je n'en perds pas l'espérance, voudra condescendre d’agréer mes actions, ou mème, ce que je regarderais comme mon plus grand malheur, à me déclarer son mécontentement là-dessus; l’un ou l’autre me sert de raison très forte pour souhaiter de pouvoir me jeter aux pieds de Votre Majesté et lui rendre compte de ma “onduite. » Le Prince termine en disant qu'il laissera après son départ deux pleins, pouvoirs : le premier au président Münchhausen et au ministre d’État Busch pour les négociations dé la paix, si le maréchal de Richelieu est autorisé à les entamer, le second au général Sporcken pour les détails d'exécution de la convention militaire. Les uns et les autres auront pour instruction de gagner du temps, « afin que les ordres précis là-dessus de Votre Majesté puissent arriver avant qu'on ne vienne à la conclusion. »

Comme on l'a vu par les extraits cités, la seule raison qui empècha le roi George de revenir sur la parole donnée et de dénoncer l’arrangement de Closter Seven, était la croyance que ses troupes avaient commencé leur marche et par conséquent se trouvaient éparpillées et à la merci de l'ennemi. Un incident à propos du traitement reservé aux Hessois après leur retour dans leur pays, vint arrêter la séparation de l'armée et fournir un prétexte

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