CHAPITRE X
SOUBISE EN THURINGE. — RICHELIEU A HALBERSTADT. — LES AUTRICHIENS EN SILÉSIE. — CAMPAGNE DES RUSSES. — OU- VERTURES PACIFIQUES DE FRÉDÉRIC.
Pour suivre les différentes phases de l'épisode de Closter Seven, il nous a fallu anticiper sur les événements militaires dont le centre de l'Allemagne fut le théâtre pendant l'été de 1757. Le roi de Prusse, on s'en souvient, s'était vainement efforcé de provoquer une bataille décisive avec le prince Charles: les Autrichiens n'avaient pas voulu sortir de la forte position qu'ils occupaient près de Zittau et s'étaient refusés à tout engagement. Frédéric, inquiet des progrès des alliés du côté de la Saale, s'était porté à leur rencontre, laissant à ses lieutenants Bevern et Winterfeldt le soin de tenir tête aux Impériaux. À ce moment, c'està-dire vers la fin d'août, Richelieu, maître de la Hesse, du Brunswick et de la plus grande partie du Hanovre, poursuivait Cumberland en retraite sur Stade et l’'embouchure de l’Elbe; les Russes avaient envahi la Prusse royale et s'avançaient lentement contre les forces très inférieures du maréchal Lehwaldt; enfin les Suédois s’apprêtaient à franchir la frontière de la Poméranie.
Après de longues discussions, tant à Vienne qu'à Versailles, on avait enfin arrèté la composition du corps de 24,000 hommes qui devait coopérer directement avec les troupes de l’Empire. Dans le principe on avait compté sur
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k,000 Bavarois et 6,000 Wurtembourgeoiïs à la solde de la France; mais l'Électeur de Bavière, très impressionné par les succès des Prussiens en Bohème et par l’incursion du partisan Mever en Franconie , ue se hâtait pas de remplir ses engagements; quant aux Wurtembourgeois, très mal disposés pour la cause impériale, ils s'étaient mutinés (1) et avaient presque tous déserté. A la suite de ces incidents la destination des uns et des autres fut changée, et on les envoya servir dans la grande armée autrichienne qu'ils rallièrent dans le courant de l'automne. Le cou:ingent fourni par Sa Majesté Très Chrétienne se trouvait ainsi réduit à 14,009 hommes; on se décida à l’augmenter de 8,000 troupes françaises empruntées à Richelieu. Grâce à ce renfort, le corps auxiliaire atteignit un effectif (2) de 31 bataillons, dont 13 appartenant aux régiments suisses o1 allemands de l’armée régulière, et 22 escadrons, soit avec l'artillerie (24 pièces de campagne) un peu plus de 21,000 combattants. Sous les ordres du prince de Soubise, désigné depuis longtemps pour ce commandement indépendant, servaient 5 lieutenants géntraux, parmi lesquels le chevalier de Nicolai, le comte de Lorges que nous avons vu à Hastenbeck, le comte de Mailly et le comte de Saint-Germain, 9 maréchaux de camp, 7 brigadiers d'infanterie et 4 de cavalerie. Le comte de Revel remplissait l'emploi de major-général des logis de l’armée, et au nombre de ses collaborateurs était M. de Vault qui avait pris à Vienne une part active aux arrangements militaires du commencement de l’année.
Tout d’abord le corps de Soubise devait être dirigé sur la Bohème et à cet effet concentré à Wurtzbourg. Sur la demande de la cour de Vienne, et malgré une vive opposition de Duverney qui avait tout preparé pour le pre-
(1) Dumesnii au ministre. Nuremberg, 8 juillet 1757. Archives dela Guerre. (2) Instructions à Saint-Germain, 17 juillet 1757. Archives de la Guerre.
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4) Le c 20 juillet.
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