MARCHE DE SOUBISE SUR ERFURT
mier itinéraire, l'objectif fut modifié, et on substitua (1) Erfurt à Wurtzbourg comme point de jonction avec les Impériaux. Ceux-ci qui s'organisaient sous les ordres du prince de Saxe Hildburghausen, conslitucraient avec le concours des Français de Soubise une masse assez imposante pour engager une action indépendante et pour rendre intenable la position des Prussiens en Saxe. Le commandement en chef des forces combinées était attribué au lieutenant de l'Empereur; quant à son subordonné français, sa situation assez mal définie ne laissait pas d'être délicate. M. de Saint-Germain fut envoyé auprès du prince saxon pour régler ce détail, ainsi que tout ce qui regardait les rapports entre les deux fractions de l'armée.
Le 30 juillet Soubise était à Strasbourg surveillant le départ de ses régiments, :e lendemain Nicolai avec l’avant-garde occupait Hanau sans résistance : « Les ministres du Landgrave (2) se prêtent de bonne grâce à donner aux troupes quelques gratitications en pain et en viande... On nous a préparé un grand diner à l'Hôtel de Ville où je vais assister, étant quatre heures de l'après-midi etayant grand appétit. » Les premières étapes furent franchies sans trop de peine; le général (3) se borne à critiquer la tenue de quelques bataillons « qui ne valent pas mieux que la milice, » et à constater « qu. 42105 hôpitaux ne sont pas encore à leur point de perfection. » Enfin le 25 août, Soubise avec les têtes de colonnes de son corps arriva à Erfurt ; il devait y faire connaissance avec l’armée dite des Cercles, parce qu'elle était formée des contingents des différents Cercles de Empire.
1) Le changement longuement débattu fut définitivement adopté vers le 20 juillet,
\ Nicolai à Soubise. Hanau, 31 juillet 1757. Archives de là Guerre. Le comté de Hanau appartenait au landgrave de Hesse Cassel.
(3) Soubise à Paulmy, 13 et 18 août 1757. Archives de la Guerre. GUERRE DE SEPT ANS. 34
Étrange mosaïque de régiments, de bataillons, de compagnies appartenant à une multitude de petites principautés rivales, ne relevant que de leurs seigneurs directs et n'obéissant qu’à la Diète, les troupes de l'Empire étaient plutôt une réunion de milices affectées à la défense de leurs territoires respectifs qu'une armée propre à faire campagne. Des cadres sans expérience ni valeur; des soldats jeunes, ignorant leur métier et indisciplinés; dans lies rangs beaucoup de protestants prèts à manifester leurs sympathies pour le roi de Prusse; l'ensemble laissait fort à désirer. Le commissariat, les convois de munitions, l'équipage de ponts, tout ce qui constitue l'outillage administratif indispensable à l'existence et à l'entretien du combattant faisait défaut. Agir de concert avec de pareilles troupes n'était pas chose facile, aussi n'est-il pas surprenant de voir un projet de règlement, élaboré pa Saint-Germain, débuter par un article ainsi concu (1 «Il serait à pronos de faire le service toujours séparément pour éviter les difficultés et ‘es incnvénients qui naitraient nécessairement à chaque pas. »
De Vault fait un triste tableau (2) du contingent de Hesse Darmstadt, cependant un des meilleurs, commandé par le Prince héréditaire. « Ce prince est parti du camp près Nuremberg sans aucune autre instruction du général sinon de se rendre à Érfurt par le chemin de Hilmenau: on ne lui a prescrit aucune marche, ni aucune époque pour son arrivée à Erfurt; on lui à seulement dit de marcher lentement, ensuite on lui à envoyé ordre de presser sa marche, pui: on l'a réprimandé de ce qu'il marchait trop vite. On ne lui a donné aucun moyen de subsistances que le ministère d’une cinquantaine de juifs dont chaque contingent particulier se sert pour sa fourniture. de facon que dans uelques régiments chaque demi-com-
(1) Soubise à Paulmy, 21 août 1757. Archives de la Guerre. (2) De Vault à Paulmy. Arnstadt, 28 août 1757. Archives de la Guerre.
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