‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 276 sur 385 · MANQUE D'ORGANISATION DES IMPÉRIAUX · texte numérisé non relu

MANQUE D'ORGANISATION DES IMPÉRIAUX

it chargés de sa subsistance, Vous IMaginerez aisément, Monseigneur, la canfusion et le Peu de sûreté d’un Pareil service d'autant plus que non seulement le Prince de He les colonels des Corps n'ont rien à dire aux préposés pour les fournitures des différents Contingents, Un autre article au moins aussi important, c'est que presque toute Jes l'oupes qui sont ici n'ont de Munitions de £uerre que quelques boulets pour leurs pièces de régiment. point de cartouches pour l'infanterie au delà de trente COUPS par homme, pas de chariots composés, très peu de poudre, point de pierre à fusil et point d'argent Pour faire des achats. Le régiment de dragons qui est ici est dans le même cas: il n'a Pas seulement de COurroies aux selles Pour attacher ses tentes, en sorte qu'il est obligé de les porter sur des chariots du pays... Je dois rendre Justice à la beauté des hommes qui composent ces troupes: mais | armes, ct les dra- Sons ne savent pas seulement ce Eu c'est que de se mouvoir en escadrons. Je ne finirais Pas, Monseigneur. s: Je voulais vous peindre la vérité du peu de moyens que ces troupes ont de faire la guerre. » Le service d'état-major était aussi défectueux que le reste : Quant à ce qui regarde M. le prince de Hesse, il ne sait pas le matin ce qu'il doit faire le soir; c'est moi qui l'ai déterminé de s'arrèter ici. »

À Erfurt commencèrent les conflits entre Soubise et Je

prince d'Hildburghausen. La premiére entrevue eut lieu le 29 août: le Prince de Saxe fut très poli, et parut flatté de la démarche faite auprès de lui « à l'heure de l'orre. » Cependant Je Français n’était Pas désireux de lier “1 sort à celui de soldats aussi peu Militaires, ni d'entrer ‘A Campagne sous Jes ordres d’un Sénéral dont ni le caractère ni la Capacité ne Jui inspiraient Confiance. Pas plus que lui le cabinet de Vienne, à en croire la corres-

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pondance de Stainville, n'était partisan de l’action commune des deux armées. « Au reste, écrit Soubise (1), ce qui m'a décidé de tenir ferme vis-à-vis de M. le duc de Saxe Hildburghausen, c'est la confidence que me fait M. de Stainville, et il demande Île plus grand secret; il est convenu avec M. de Kaunitz que je chercherais à augmenter les difficultés sur les articles de la convention qui restent à régler, afin que ces difficultés n'étant pas levées quand l'armée se trouvera en état de marcher, l’Impératrice se trouve autorisée à laisser en arrière l’armée de l'Empire. Le prince Charles de son côté m'a fait écrire par le prince Camille (2) que je ne ferais rien de bon réuni avec l’armée de l'Empire... Tout le monde s'accorde sur la même façon de penser; on craint le duc de Saxe Hildburghausen ; il est haï de tous les généraux de l'Empire. Je ferai mon possible pour ne donner lieu à aucun sujet de plainte contre les troupes et contre moi; mais je prévois que nous serons souvent d’un avis différent. »

Un pareil début ne promettait guère. Durant le séjour à Erfurt, on passa le temps à reposer les troupes, à ébaucher leur organisation, et à discuter avec les Allemands les questions de préséance. CC‘: , riode de quiétude ne devait pas être de lungue durée; elle fut troublée par les nouvelles de Frédéric dont on apprit le départ pour la Thuringe. Le 10 septembre, à deux heures du matin, Soubise (3) cecut de l'Autrichien Laudon qui lui servait d’éclaireur, avis que le roi de Prusse était arrivé la veille à Küsen, près de Naumburg sur la Saale. « Il n’y avait pas de temps à perdre pour évacuer Erfurt, » lui mandait-on. Vu l'état de l’armée alliée, il eût été imprudent d'attendre l'approche de l'ennemi dans une position aussi éloignée de tout soutien. Richelieu, il est vrai, avait promis de marcher sur Halberstadt aussitôt qu'il serait débar-

) Soubise à Paulmy. Erfurt, 30 août 1757. Archives de la Guerre.

(i (2) Prince Camille de Saxe.

(3) Soubise à Paulmy. Erfurt, 10 septembre 1757. Archives de la Guerre.

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RETRAITE SUR EISENACHL. 533

assé de Cumberland, mais il fait « entrevoir de grandes difficultés et ne donne aucune époque. » Aussi Soubise annonce-t-il l'intention de se retirer sur Eisenach qu'il sagnera en deux jours, et où « il trouvera son artillerie à la queue de nos divisions. »

La première étape de la retraite fut la ville de Gotha : « L'armée (1) est arrivée hier ici, Monsieur, après une marche très pénible. La pluie à été continuelle et les chemins affreux. Comme le roi de Prusse éprouve le même temps, j'ai séjourné aujourd'hui; peut-être y resterai-je encore demain si sa marche se ralentit. Les grandes plaines depuis Erfurt jusqu'ici m'inquiétaient avec dix escadrons. En approchant d'Eisenach le pays devient plus favorable pour l'infanterie. Je compte y tenir plus où moins selon les positions militaires que l'on peut y prendre, les secours que je puis espérer de l’armée de l’Empire, et les moyens de subsistance que nous trouverons. M. le prince d'Hildburghausen a couché dans un château à deux lieues d'ici; il en est parti ce matin à quatre heures pour aller droit à Eisenach où il est sans troupes... Je ne puis en vérité vous rendre compte du parti qu'il prendra , et j'iunore les ordres qu'il à donnés à ses troupes. Je vais m'arranger comme ne comptant que sur mes seules forces. » |

Peu à peu l’armée des Cercles se rassembla à Eisenach ; Soubise y arriva le 15 septembre avec son corps. Entre temps les cabinets (2) de Versailles et de Vicnne s'étaient mis d'accord pour ne garder des Impériaux que les bataillons les plus ectrainés; ils avaient décidé de renvoyer la plupart des lieutenants-généraux de l'Empire, et de confier le service générai des vivres à l'intendant francais Gavot. Sur les mouvements ultérieurs des forces combi-

1) Soubise à Paulmy, 11 septembre 1757. Gotha. Archives de la Guerre. (2)

Ministre à Soubise, 10 septembre 1757. Archives de la Guerre,

nées on était fort incertain; Hildburghausen se demandait s'il fallait continuer la retraite ou se porter contre les Prussiens dont l'avant-garde occupait Gotha. « Il à été question, relate Soubise (1), + marcher en avant dans les plaines de Gotha avec toutt la cavalerie des deux armées qui se trouvent réunies, mais la qualité des troupes fait faire des réflexions. Du moins quand on est bien posté il n'y à pas de manœuvres à faire; dans une redoute bien fermée on ne peut fuir. »

Cependant Frédéric n'avait pas dépassé Erfurt; le sé jour prolongé du quartier-général royal dans cette ville donna du courage aux alliés qui résolurent de rester à Eisenach. Soubise avait eu des nouvelles (2) directes par l'entremise de la duchesse de Saxe-Gotha chez laquelle le Roi avait diné. « Il a été de très bonne humeur, très ainable et même galant; il a très bien parlé des Français; de son côté elle a rendu justice à la bonne discipline qu'ils observent. » Malheureusement ce compliment n'était plus de saison; le contact des Impériaux avait eu de fâcheux effets sur la ivrue des soldats de Soubise. « La réunion de l'armée de l'Empire et le mauvais exemple ont occasionné hier une maraude assez considérable... ; ce soir j'ai la satisfaction d’être sûr qu'aucun soldat ne s'est écarté. Il n'en est pas de mème des troupes impériales. Il est vrai qu'elles marquent de pain depuis deux jours et qu'elles ont beaucoup souffert dans les marches forcées qu'elles viennent de faire. »

Jusqu'à la fin du mois de septembre les choses demon rèrent en l’état : l'armée des Cercles et celle de Soubise tranchées dans les environs d’Eisenach, Frédéric à Krfurt, puis à Buttelstadt à moitié route d'Erfurt à Naumbour: Une reconnaissance en force des alliés, poussée jusqu'au

1) Soubise au ministre. Eisenach, 15 septembre 1757. Archives de la guerre, (2) Scubise au ministre. Eisenach, 18 septembre 1757. Archives de là Guerre,

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