DÉSERTIONS DANS L'ARMÉE DES CERCLES
an- delà de Gotha, s'était terminée par un retour précipité à ntre la vue d’une brigade de cavalerie prussienne: par suite I à d'ordres mal donnés, on laissa au pouvoir de l'ennemi quelvant ques prisonniers et bon nombre de chevaux de main. La leux désertion s'était mise dans les régiments impériaux. « Il est OU- parti cinquante grenadiers le jour du détachement, rapbien porte Soubise (1), et cette nuit 1% de la compagnie qui a oute monté la garde chez le prince de Hildburghausen. » Deux jours (2) plus tard les plaintes se renouvellent, « Les trou- > sé- pes de l'Empire nous embarrassent beaucoup; les officiers ville supérieurs répondent qu'elles feront leur devoir. Elles er à sont belles mais mal intentionnées, mal disciplinées et la par désertion continue. Si l’on en renvoie une partie il y a à Le Le craindre que le reste ne s'ennuie et ne demande à se reini irer. Il en est déjà question. Vous pouvez juger, Mons; de sieur, de tous nos embarras. »
qu'ils | Personne, à l'exception peut-être des lieutenants-généplus “aux de l'Empire qu'Hildburghausen persistait (3 à garheux der auprès de lui, ne croyait plus à la valeur des troupes pn «le des Cereles: mais si elles n'ajoutaient rien à la qualité, onné elles faisaient nombre; aussi se préoccupait-on dans le à Sa- camp francais du remplacement des bataillons qu'il s'agin'en rait de reléguer à l'arrière. On songea tout naturellement elles àtirer de l’armée du Hanovre le complément nécessaire cau- pour permettre la diversion sur lElbe que la cour de nent Vienne réclamait depuis longtemps. Mais les avis à Versailles étaient très partagés sur la nature de la coopération eu que Richelieu aurait à prêter à Soubise; la question avait el ‘té longuement débattue entre l'ambassadeur de Marieurt, it
. L\ Soubise au ministre. Eisenach, 22 septembre 1757. Archives de la L'aul Uuerre.
(2) Soubise au ministre. Eisenach, 24 septembre 1757. Archives de la ur re. Guerre.
la , Soubise au ministre. Eisenach, 27 septembre 1757. Archives de la Guerre,
Thérèse et les ministres de la Guerre et des Affaires Étrangères. Il va sans dire que dans ces conférences, Duverney était très écouté, beaucoup trop à en croire Stahremberg :
L'abbé de Bernis (1) donne trop de confiance à Duveruey et n'approfondit pas assez les projets militaires et les vues secondes de ceux qui en font. En général cette besogne-là est Lien mal gouvernée ici; on fait des plans et des projets aujourd’hui pour les défaire demain; chacun est d’un avis contraire, chacun a ses vues particulicres, et l'abbé de Bernis est, en tout ce qui a rapport à la partie militaire, toujours de l’avis du dernier qui lui parle et par conséquent très souvent en contradiction avec luimême. Duverney est homme d'esprit, et je lui crois des grandes connaissances militaires, mais dans le fond il n'est que munitionnaire et rapporte tout à son objet. Il résulte d'ailleurs un très grand inconvénient de la confiance excessive qu'on lui accorde, c’est qu'il autorise les brigandages de ses subalternes et s’en rapporte en tout aux idées et aux notions fausses qu'il en recoit; en quoi il fait plus de mal à l'État qu'avec tout son mérite et son intelligence il ne peut lui faire de bien. Ce sont là des cordes délicate, et auxquelles on ose à peine toucher ici, car Duverney est l'oracle de tout le monde, et je crois que M. de Stainville pense à cet égard tout comme les autres. »
De même que son collègue des Affaires Étrangères, le ministre de la Guerre, Paulmy, ne voyait que par les yeux du Duverney. C'était donc ce dernier qui était le véritable inspirateur des solutions stratégiques; mais il avait à compter avec le maréchal de Belleisle dont le crédit, un moment obseurci, commencait à reprendre, et avec le maréchal de Richelieu qui, malgré toute sa déférence pour son ami, n'entendait agir qu'à sa guise et était trop éloigné pour ne pas pouvoir le faire avec impunité. De cet ensem-
(1) Stahremberg à Kaunitz, 14 septembre 1757. Archives de Vienne.
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