‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 28 sur 385 · PROMESSE D'ENVOI DU CORPS AUXILIAIRE · texte numérisé non relu

PROMESSE D'ENVOI DU CORPS AUXILIAIRE

joindre aux Francais destinés à opérer de ce côté les 24,000 auxiliaires et les contingents des princes allemands dont la France pouvait disposer. Cependant, et tout en attirant l'attention de l’Impératrice sur les objections soulevées , si Sa Majesté le désirait, le corps promis en vertu du traité de Versailles « irait, et même dès l’année présente, en Bohème ou toute autre part où Elle croirait pouvoir s'en servir utilement. »

Sur un point fort important, Stahremberg ne dissimulait pas sa déception : « On m'a fait sentir assez clairement que, tant que le traité secret ne serait pas conclu, on s'en tiendrait uniquement au secours stipulé de 24,000 hommes, et ne ferait rien de plus... En un mot tout se rapporte ici à l’idée de notre traité secret, et tout s’accroche à la crainte que l'on à que, d’après l'invasion du roi de Prusse, nous ne changions peut-être de vue à cet égard, et ne nous flattions de pouvoir reconquérir la Silésie et affaiblir le roi de Prusse sans être obligés de céder les Pays-Bas; tant que cette crainte subsistera, il n'y à guère lieu de se promettre que nous réussissions à porter cette cour à des résolutions bien vigoureuses. »

Dans un second post-scriptum, l'ambassadeur, en accusant réception du courrier expédié de Vienne le 2 septembre, prévint son chef qu'il avait prévu et exécuté ses instructions au sujet de la réquisition à adresser à la cour de Versailles.

A Vienne, l'on ne perdit pas de temps pour exprimer la joie ‘ue causaient les nouvelles de France. Le 18 septembre Kaunitz écrivait (1) à l'envoyé : « Sa Majesté vous ordenne de porter incessamment à la connaissance du ministre de Sa Majesté Très Chrétienne qu’'Elle est très sensible à la proi ptitude avec laquelle le roi se dispose à la secourir: qu’El ® préfère les troupes à l'argent, parce qu'il lui faut

(1) Kaunitz à Stahremberg, le 18 septembre 1756. Archives de Vienne.

promptement des secours effectifs pour repousser les efforts du roi de Prusse; quele corps de 24,000 hommes que le roi lui donne sera plus tôt prêt à marcher que toutes autres troupes qu'Elle pourrait se procurer, et que d'ailleurs Elle fait beaucoup de cas des troupes francaises. » On était peu partisan de l'expédition de Clèves à laquelle on découvrait le grave inconvénient d'inquiéter les Hollandais, le Hanovre et les autres cours protestantes du nord de l’Allemage. « Sa Majesté désire donc, au lieu de cela, et demande instamment au roi qu’il veuille bien encore cette année, et le plus tôt possible, faire passer Jusque dans ses États héréditaires d'Allemagne le secours qu'il lui envoie. Des raisons bien pressantes la déterminent à lui demander ce témoignage de son amitié, et les voici : Le roi de Prusse emploie actuellement la plus grande partie de ses forces contre nous. Il est déterminé à ne plus rien ménager, et hasarde les opérations les plus hardies. Il. s’attachera constamment à nous, et il n’est aucun remède qui puisse diminuer nos dangers et l'effet de ses efforts que celui de l'attaquer dans le cœur de ses États. »

On espérait avoir vers la Toussaint une nouvelle armée de 29.000 hommes en Moravie, que viendraient renforcer le corps auxiliaire français et 14,000 Autrichiens rappelés des Pays-Bas. Ces troupes réunies étaient destinées à pénétrer en Silésie « encore cet hiver, pendant qu'avec 80,000 hommes au moins, nous occuperons les forces du roi de Prusse en Bohême. Les Russes pourront déjà être avancés vers ce temps par la Prusse ou par la Pologne, et d'ici là, notre traité avec la France devant vraisemblablement ètre fait, le roi ne peut jamais rien risquer en se prèêtant à ce que l'Impératrice lui demande, supposé mème qu'il pût y avoir quelques doutes sur nos intentions, que néanmoins on aurait tort de soupconner, comme je vous le répète encore une fois ».

A Versailles, les affaires ne devaient pas recevoir la

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