‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 290 sur 385 · TIMIDITÉ DES GÉNÉRAUX AUTRICHIENS · texte numérisé non relu

TIMIDITÉ DES GÉNÉRAUX AUTRICHIENS

vu jusqu'à cette heure est un terrain coupé de ravins, de ruisseaux, de bois et de petites rivières, ce qui rend la chose fort difficile. Cependant je ferai tout ce que je pourrai; toutes mes nouvelles et rapports me confirment que le roi et le feld-maréchal Keith ont marché avec un corps d'environ 12 à 15,000 hommes par Bautzen et Künigswerda où il était hier encore. Les uns disent qu'ils vont à Leipsick au-devant de l'armée de France et d'Empire, et d'autres disent qu'il va devers Pirna se joindre au prince Maurice; enfin je n'y comprends pas grand chose, mais ce seront les deux premières marches qu'il fera qui pourront faire voir clair à cette manœuvre. J’espère que dans quelques jours nous pourrons faire quelques petits mouvements; le cours de ventre et la foire règnent un peu, et beaucoup de monde, tant soldats qu'officiers, en sont attaqués, mais il :n meurt fort peu... Avant que de rien entreprendre, je voudrais être assuré de la force et de la marche du Roi, et bien sûr de mon terrain. » Une des causes, peut-être la principale, du manque d'initiative des chefs de l’armée autrichienne, était le dualisme du commandement. Le grand chancelier ne se faisait aucune illusion sur les dangers de la responsabilité divisée, et en parlait très librement à Stainville (1); le meilleur remède eût été le remplacement du prince Charles, mais il ne fallait pas y songer, l'Empereur ayant déclaré « qu’il regarderait comme un déshonneur personnel le rappel de son frère. » On pensa un instant à mettre le Prince à la tète de l'armée de l’Empire, à laisser Daun en Lusace avec le gros des troupes, à charger Hildburghausen d'opérer en Silésie. La tournure des événements et la difficulté de changer la direction au milieu de la campagne, firent sans doute abandonner ces projets. L'officier français Montazet qui était entré avec ardeur

{t) Stainville à Bernis, 7 septembre 1757. Autriche. Archives des Affaires Etrangères.

dans son rôle de conseiller militaire, nous fait une peinture saisissante (1) des inconvénients de la situation : « Le plan de la cour a été de donner au maréchal (Daun) la conduite de l’armée, et de décorer Son Altesse Royale du titre de général. Il est aisé de juger de l'effet que cet arrangement doit faire sur le cœur et sur la tête d’un prince qui a de la hauteur et bonne opinion de lui. J'en ai iugé par l’amertume que j'ai vue dans son âme dans plusieurs entretiens que j'ai eus tête à tête avec lui, il est vrai que le maréchal a toujours l’air de dépendre de Son Altesse Royale, mais c'est pour le public et pour le decorun. Le prince Charles, découragé par ses insuccès, n'ose rien entreprendre sans l’assentiment de son subordonné, qui depuis sa victoire est considéré comme le sauveur de l'État. Ce dernier, très galant homme, mais naturellement lent et timide, craint de compromettre sa réputation en courant de nouvelles aventures; il a de plus trop grande opinion de l'adversaire. J'en ai jugé de même malheureusement dans plus d’une occasion, témoin l'affaire de Zittau; non, je ne me consolerai de la vie d’avoir vu devant

nous le prince de Prusse nous braver pendant quatre jours:

malgré son extrème infériorité; il avait tout au plus 25 à 30,000 hommes... Il est arrivé de mème dans cette dernière aventure ; le roi de Prusse est venu se camper sous le feu de notre canon; il y est resté cinq jours à nous donner l'alarme avec 25 ou 30,000 hommes de moins que nous... Quand je me suis plaint à Son Altesse Royale, elle m'a répondu : « Que voulez-vous que je fasse? Vous voyez bien que le maréchal ne veut rien faire, et moi je ne veux rien prendre sur moi. »

Après la critique du commandement Montazet fait celle de l'état-major; les troupes sont bonnes, surtout l’infinterie, « mais presque point d'officiers généraux, nul état-

(t) Montazet à Paulmy. Devant Zittau, 27 août 1757. Archives de la Guerre.

ma par pro] de t ce € app attad les f, avec de fa Ce] espri prése sur la prend accor« propid qui, a quis 1:

diger calcule quels ligne, Autrick divisior livrer b en Silés princip:

avec le veiller ] Pas, ma sième s des vues

(1) Arnet (2) Méme GUER

erre.

Page 1