LE PRINCE CHARFES REFUSE D'ATTAQUER BEVERN
au contact du maréchal Daun et des officiers généraux de l'armée; car à en juger par quelques lignes d’un billet de Charles à son frère (1), Daun aurait été plus prudent ou plus timoré que son chef. « Je ne saurais que me louer du F. M.; quoique le F. M. pense très bien, i! veut aller, si jose le dire, trop méthodiquement et sûrement, et ne veut rien exposer, ce qui nous à fait retarder quelques manœuvres dont nous aurions pu tirer, à ce qu'il me semblait, plus d'avantage que nous n’en avons tiré; mais cela par un bon principe et craignant de perdre
es avantages qu’on avait eus jusqu’à cette heure. »
Quant aux principaux chefs de l’armée, ils n'étaient pour la plupart guère disposés à conseiller une tentative contre les positions de Bevern. « Tout le monde, écrit le prince de Lorraine (2), ou pour mieux dire la plus grande partie, n'étant pas d'avis d'attaquer, corime Votre Majesté pourra le voir par l’avis que je me suis fait donner par écrit des lisutenants-généraux, Feldzeigmeister et généraux de cavalerie; cependant‘ je tâcherai de lui (Daun) persuader, car l'affaire est de trop grande conséquence pour oser la prendre sur moi seul. » On commençait à se ressentir des fatigues de la campagne et l’état sanitaire n'était pas satisfaisant : « Nous avons la cavalerie qui tombe beaucoup, et nos vingt régiments que nous avons ici ne font que 8,500 chevaux de service: outre cela nous avons plus de 22,000 hommes malades ou blessés ; tous les jours ncus en avons de nouveaux et des chevaux qui crèvent. »
Si le généralissime et ses lieutenants déclinèrent la responsabilité de combattre le corps de Bevern, ce ne fut pas faute d’exhortations et d’invitations de l'Empereur. En fort mauvais français, où l'orthographe est à la hauteur
(1) Prince Charles à l'Empereur. Lissa, 5 octobre 1757. Archives de la Guerre. Vienne.
‘ (2) Prince Charles à l'Empereur, 8 octobre 1757. Archives de la Guerre. Vienne.
du style, François, dans le commerce épistolaire presque quotidien qu’il entretient avec l’armée, conseille, supplie son frère de profiter de sa supériorité pour écraser les forces inférieures qu'il a devant lui. Il fait appel à son honneur, au souci de sa gloire, dépeint l’impatience du public qui s'en prendra au général en chef de toute chance de succès qu'on aura la:ssée échapper; il invoque l’aide de Dieu pour la bonne cause, et tout en mettant son insistance sur le compte de l'affection fraternelle, répète à chaque page son refrain sur la nécessité de livrer bataille. « Toutes ces raisons (1) et une infinité d’autres me font vous prier de ne rien négliger pour attaquer cette armée prussienne, et de ne meitre:tous vos idées et projets qu’à cela, et de le faire le plus tôt possible, car sans cela cette occasion vous manquera et on vous en donnera tout le blâme, ce qui me ferait une peine terrible. »
Dans un autre billet (2), l'Empereur compare la mobilité prussienne à la lenteur aatriclienne : « Je ne comprends pas, puisqu'ils (les Prussiens) mènent avec eux pourtant une assez nombreuse artillerie, et tout le nécessaire des pontons, et pourtant aussi un bagage; et vous voyez le temps que tout cela prend lorsque nous voulons faire un mouvement et une petite marche, et pourtant leurs gens et chevaux ne sont pas d'une autre espèce que les nôtres. » C'était, il faut le reconnaitre, mettre le doi it sur la plaie et signaler le secret de la plupart des victoires du roi de Prusse.
Pendant le séjour de Bevern à Liegnitz, la prose impériale devient des plus pressantes : « J'ai recu (3) votre estafette du 21... Je ne puis y répondre autre chose sinon
(1) L'Empereur au prince Charles, 23 septembre 1757. Archives de la Guerre, Vienne.
(2) L'Empereur au prince Charles, 24 septembre 1757. Archives de la Guerre.
Vienne.
(3) L'Empereur au prince Charles, 25 septembre 1757. Archives de la Guerre:
Vienne.
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finis; L'arr resp une lutte To perte vinre il fau Daun.
le can plusie active de l’a Nadas!
qu'apr et la v Le n s'écoul chasser