PORTRAIT D'APRAXINE
rt Cosaques et des Kalmouks, ce qui forme un spectacle ES assez singulier par leurs courses et leurs cris perçants. ae M. le maréchal Apraxine est persuadé que ce genre de al troupes causera de l’épouvante et du désordre à la cavates lerie prussienne; il m'a même dit qu’il comptait faire al venir ici un nombre de chameaux, de dessus lesquels ite les Kalmouks tireront des flèches. En effet, on dit à l’arnts mée, et comme en secret qu’il doit arriver 3 à 400 chants meaux, et qu'ils sont déjà à Wilna. » Il ne paraît pas que no l'état-major moscovite ait donné suite à cette idée ingéles nieuse, car il n’en est pas question dans le récit de la en campagne.
1ne D'Apraxine lui-même, l'ambassadeur fait un portrait peu eur | flatteur : « Il est Agé de cinquante-cinq ans; sa figure est qui belle et noble; il est grand, mais grave et pesant, sa phyque sionomie est ouverte. Il a passé par tous les grades mili- > au taires et a servi sous Pierre:l°", sous le général Munich. jien La prévention sur son ivrognerie est absolument fausse, eux étant aujourd’hui fort sobre par nécessité... Il passe pour fort efféminé; il a laissé à Riga une quantité de jeunes dames un qui composaient sa cour et qui ne l’ont quitté que depuis nez deux jours. Je puis assurer qu'il n’a aucune des grandes des M qualités d'un général; ilen convient lui-même assez franuns chement, et paraît avoir beaucoup de confiance dans le eds vicux Liewen qui malheureusement est bien cassé. » L’arvec mée d’Apraxine, forte sur le papier de 124,000 hommes, un pouvait (1) atteindre un effectif de 110,000, dont environ blo- 15 à 16,000 Cosaques, Tartares et autres irréguliers ; son artillerie se composait de 114 pièces, parmi lesquelles un pte certain nombre d'obusiers lançant des projectiles creux ion mais d’une portée faible. Le maréchal avait pour chef en- d'état-major le général Weymarn , et pour ses lieutenants des ires (1) Voir sur l’armée russe et les opérations russes pendant la Guerre de
Sept Ans l'intéressant ouvrage de M. Rambaud, Russes et Prussiens.
les plus marquants les généraux Fermor, Lapoukhine, Liewen, Browne, Roumiantsof.
Les Russes commencèrent les hostilités par le siège de Memel, situé à l'extrémité nord de la lagune du Kurisches Haff, sur la frontière de la Courlande. Au bout d'un bombardement de six jours, auquel prit part l'escadre, la place qui n'avait pour garnison qu'un bataillon de milice se rendit le 5 juillet au général Fermor. Entre temps Apraxine, avec la principale partie de l'armée, franchit le Niemen (1) et se porta sur Insterburg. Vietinghoff, officier français attaché à l'état-major, critique l’organisation et se plaint de l’indiscipline. « On m'a assuré (2) que M. d’Apraxine a ordre d’attaquer les Prussiens, mais il me parait par la lenteur des opérations que la résolution 1 est pas encore bien prise sur cela. » Le service des vivres laisse fort à désirer; la maraude commence et produi ses effets habituels. « Je plains d'avance la pauvre Prusse; elle est ruinée pour jamais, puisque la Lithuanie où nous marchons en amis est presque ruinée par les Kalmoucks et les Cosaques. On peut dire que toutes les troupes de cette armée aiment assez à piller; de cette façon tout est d'une cherté terrible, puisque personne ne peut venir avec des provisions à l'armée sans courir le risque de vendre ses provisions pour rien et d’être encore maltraité... On dit que tout est permis à un soldat en plein jour; on voit au quartier-général forcer des serrures et voler impunément. Voilà les désordres desquels je suis souvent témoin, sans pouvoir y remédier. »
Dans le camp prussien il y eut manque d’entente (3) entre Lehwaldt, vétéran de soixante-dix-huit ans, et ses divisicnnaires dont le principal, Dohna, n’obéissait guère à son
(1) Vietinghoff au ministre, 1°" juillet 1757. Archives de la Guerre.
(2) Vietinghoff au ministre, 11 juillet 1757. Archives de la Guerre.
(3) Geschichte des siebenjährigen Krieges, par unofficier de l'État-major prussien. Vol. I p. 332.
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