PROJET D'ARMISTICE LOCAL
dont l'effet le plus clair serait de permettre à Frédéric de courir sus à l’armée des Cercles, ou d'aller au secours de Bevern en Silésie ?
Quelque étrange qu’elle pût paraitre, la nouvelle était vraie. Dès son arrivée à Halberstadt à la fin de septembre, Richelieu, désireux d'assurer la tranquillité de ses quartiers d'hiver, avait suggéré (1) au prince Ferdinand de Brunswick, qui commandait à Magdebourg, un armistice jusqu'au printemps de 1758. Une pareille ouverture cadrait trop avec les vues de Frédéric pour qu'il ne l’accueillit pas avec joie; aussi chargea-t-il sans retard le conseiller Dieterich de se rendre auprès du général français, et de préparer une convention qui s’étendrait aux provinces de Magdebourg, Halberstadt, Mansfeld et autres pays environnants. L'après les conditions arrêtées par le Roi (2), signées par Ferdinand et soumises à Louis XV (3) par Richelieu, la principauté d’Halberstadt et les districts voisins seraient évacués par les troupes francaises, à la seule exception du corps léger de Fischer. Par contre,ila province, pour prix de sa libération, aurait, en outre de la subsistance du détachement laissé en garnison, à payer en argent le traitement d'hiver de 7 bataillons et 2 escadrons, à livrer 175,000 sacs de grains rendus à Brunswick à prix convenu, et à fournir gratuitement 700,000 rations de fourrage dans les magasins du Roi, à Brunswick et à Wolfenbuttel. En échange de ces approvisionnements, l'intendance française s'engageait à renvoyer les chevaux et chariots appartenant soit au pays d'Halberstadt, soit à la province de Magdebourg. Toute hostilité serait suspendue dans la région intéressée jus-
(1) Frédéric au prince Ferdinand, Buttelstad, 2 octobre 1757. Correspondance politique, vol. XV, p. 396.
(2) Frédéric au prince Ferdinand. Naumbourg, 13 octobre 1757. Correspondance politique, vol. XV, p. 418.
(3) Propositions du directeur d'Halberstadt. Richelieu au ministre, 16 octobre 1757. Archives de la Guerre.
L Étape Peer
qu'au 15 avril 1758. Pendant cette période, les Prussiens s'obligeraient à ne pas dépasser le cours du Bode qui deviendrait la ligne de démarcation des belligérants.
Il est facile de se rendre compte des raisons qui avaient amené les deux parties à cet arrangement : Richelieu v rencontrait l'avantage d'assurer le repos à son armée, et de pouvoir se retourner contre les Hanovriens et leurs alliés dont les retards à exécuter la capitulation de Closter Seven devenaient inquiétants. Quant à Frédéric, il se débarrassait d’un de ses principaux adversaires et retrouvait la libre disposition d'une partie de ses troupes.
A ces mobiles d'ordre général, vint s'ajouter la nécessité de pourvoir à la défense de la capitale de la Prusse. L'avis de la pointe des Autrichiens sur Berlin ne fut pas étranger à la hâte que montra Frédéric pour la conclusion de l'armistice. « Mon cher Ferdinand (1), il faut que dès que vous aurez signé la convention, vous vous mettiez en marche avec votre corps; il y a periculum in mora. Marshall marche droit à Berlin. » Malgré, ou peut-être à cause des souvenirs de Closter Seven, Richelieu n’osa pas prendre sur lui la responsabilité de terminer l'affaire, et envoya le projet à Versailles pour l'approbation de la cour. Bernier écrivit (2) aussitôt à Duverney pour le tenir au courant et pour solliciter son appui. Le grand munitionnaire fut très heureux de voir résolu de cette facon le problème des approvisionnements qui lui aonnait tant de soucis; aussi promit-il (3) son concours : « Votre lettre du 11 est un grand soulagement; dès qu’il n’est pas possible d’occuper Halberstadt militairement, il ne pourrait rien nous arriver de plus heureux que l'acceptation réciproque du
(1) Frédéric au prince Ferdinand. Leipsick, 15 octobre 1757. Correspondance politique, vol. XV, p. 423.
(2) Bernier à Duverney. Halberstadt, 11 octobre 1757. Papiers de Clermont. vol. XXXIIT. Archives de la Guerre.
(3) Duverney à Bernier, 17 octobre 1757. Papiers de Clermozt. Archives de la Guerre.
dire qu'o sent( oubl tard périé le go vert dire néral repot La par lé Prusse prod bruit que vd semen sous le ques | de Pn a'lés Brunsx lève tr quoi, | part d Prusse et les !
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Frédéri tale, n heureu
(1) Duv la Guerre (2) Berr
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