‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 317 sur 385 · SOUBISE ABANDONNE LA SAALE · texte numérisé non relu

SOUBISE ABANDONNE LA SAALE

se portèrent à Halle. Ainsi posté sur les principaux points de passage de la Saale, on se faisait fort de tenir tête à l'armée du Roi dont on estimait l'effectif à 22,000 hommes.

Pendant que les généraux alliés se disputaient sur l'emploi de leurs forces, le roi de Prusse avait réuni les siennes. Le 28 octobre, grâce à l'arrivée successive du prince Maurice de Dessau et du prince Ferdinand de Brunswick venus à marches forcées, l’un de Berlin, i autre des environs de Magdebourg, l'armée prussienne se trouva concentrée à Leipsick. Le 30 elle se mit en marche, etle 31 de bon matin Frédéric attaqua Weissenfels; il y surprit les Impériaux, les chassa avec pertes de la ville située sur la rive droite de la Saale, mais ne put s'emparer du pont qui fut défendu et brülé sous ses yeux par les grenadiers de Crillon. Keith, qui avait été dirigé sur Merseburg , y trouva le pont coupé et les Français en nombre ; il en fut de même à Halle. Franchir un cours d’eau important à trois endroits différents éloignés les uns des autres, en présence d’un ennemi supérieur, n’’tait pas chose aisée ; Frédéric n’hésita pas à l’entreprendre; la tâche lui fut d’ailleurs facilitée par la retraite de l'adversaire. Soubise s'était décidé à abandonner la Saale et à replier toutes ses divisions à Mücheln, où il les plaça de manière à faire face au débouché de Merseburg ; il y fut rejoint par une fraction de l’armée des Cercles.

Dans une dépèche du 2 novembre datée de son nouveau camp, il fait part au ministre (1) des hésitations de Hildburghausen, de ses démêlés avec lui, et de ses prévisions pour la fin de la campagne : « Si le roi de Prusse veut passer la rivière, ce qui lui est très libre, nous sommes en état de l'en faire repentir. Nous nous passerons de l’armée de Hildburghausen, qui, par réflexion, voulait venir ce matin à Mersebourg et qui s'était mis en marche sans m'en

(1) Soubise à Paulmy. Mücheln, 2 novembre 1757. Archives de la Guerre.

prévenir. J'en ai été averti, j'ai été au-devant de lui. Il était fAché de n'être pas hier avec nous. Il a passé la nuit dans la plus grande agitation, croyant à chaque instant que l'ennemi jetait des ponts pour venir l’attaquer... Enfin, Monsieur, tout est réparé; l’armée est réunie. J'avoue que ce n'est pas sans risques; sans la résistance des grenadiers au pont de Weissenfels il y aurait eu beaucoup de désordre. D'ailleurs en suivant les instructions que j'ai reçues par le dernier courrier, je dois compter que la campagne finira bientôt. Le roi de Prusse sera content de conserver la Saxe ; avec 25,000 hommes il en est venu à bout. Je crois cependant qu'on diminue ses forces, ct les derniers déserteurs les font monter à 16,000 hommes de plus. S'il passe la Sala, pour la gloire de la nation et la tranquillité assurée de l’armée pendant l'hiver, je pense qu'il ne faut pas balancer à marcher à lui et le combattre. Les troupes le désirent avec une ardeur qui est de bien bon augure. Cependant, Monsieur, je puis vous répondre que mon intention ne sera jamais de commettre les troupes du Roi sans une nécessité bien décidée; mais il serait

honteux de reculer, après la réunion des 20 bataillons et RYEn 18 escadrons qui me sont arrivés en beaucoup meilleur AROE état qu'on ne l'avait annoncé. » pee) La journée du 3 novembre fut employée par les généraux *ous | alliés à prendre connaissance du terrain et à choisir la po- n'ait sition dans laquelle on attendrait le choc, s'il se produisait. de m De leur côté, les Prussiens traversèrent la Saale à Weissen- Pepe fels, Merseburg et Halle, et atteignirent par une marche mais concentrique les hauteurs de Braunsdorf, à peu de dis- bonne tancé du camp de Mücheln. Cette opération épineuse Saxe s’'accomplit sans trop de difficulté; seule la division du notre prince Ferdinand, venue de Halle, point le plus éloi- + £Tanc

gné, s'égara (1), fut obligée de tirer le canon pour signa-

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(1) Geschicitle des siebenjährigen Krieges, Vol. 1, p. 363.

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