FRÉDÉRIU RECONNAIT LA POSITION DES ALLIÉS
ler sa présence, et ne rallia le quartier-général que dans la nuit du 3 au 4. L'armée combinée ne fit rien pour empêcher la jonction des forces du Roï; mais elle profita de la nuit pour changer sa ligne dont la gauche vint toucher le village de Mücheln, et la droite, composée des troupes des Cercles, fut appuyée à une hauteur boisée près de Branderode. Dès le # au matin Frédéric vint reconnaitre la position des alliés; il la trouva trop forte pour tenter l'assaut et rentra dans son camp suivi à distance par les Franco-Impériaux.
« IL'avait été décidé, raconte Soubise (1), qu’on laisserait avancer les Prussiens, et qu’à une certaine distance l’armée s’ébranlerait pour marcher à eux, d'autant plus que le terrain nous devenait avantageux en gagnant 3 ou 100 pas. D'ailleurs ce mouvement audacieux est plus conforme au génie de la nation et lui plait davantage. Le roi de Prusse après avoir reconnu, commença par faire retirer sa droite, et quand nous eùmes gagné la hauteur. nous n’apercümes en decà du ruisseau que quelques escadrons et l'avant-garde qui se retiraient à mesure que nous avancions. Il ne fut pas possible de les joindre; on les canonna assez vivement, ce qui hâta leur retraite... Je ne puis vous exprimer, Monsieur, la joie qui était peinte sur tous les visages. Il est malheureux que le roi de Prusse n'ait pas voulu soutenir la gageure. Je crois qu'il en sera de même à la première occasion, mais hier tout était bien préparé et arrangé... Nous sommes un peu fatigués, mais devant l'ennemi on est toujours en bonne santé et de bonne humeur... Je vais me rendre auprès du prince de Saxe Hildburghausen, et je crois que nous exécuterons notre marche sur le flanc gauche du roi de Prusse. »
Au moment où Soubise traçait ces lignes, c'est-à-dire de erand matin le 5 novembre, on ne s'attendait pas dans
(1) Soubise à Paulmy. Mücheln, 5 novembre 1757. Archives de la Guerre.
le camp français à une affaire pour ce jour-là. On avait commandé un fourrage; aux soldats affectés à cette corvée, s'étaient joints, selon le laisser-aller de l'époque, un grand nombre de maraudeurs qui s'étaient répandus dans les villages voisins. Sur ces entrefaites survint un billet d'Hildburghausen : « Je crois, mandait-il (1), que nous n'avons pas un moment à perdre, mais qu'il faut prendre notre parti sur le champ d'aller à l'ennemi et l'attaquer. On voit bien par la manœuvre d'hier qu'il ne viendra pas à nous, et au lieu de cela nous avons tous les motifs de craindre qu'il pense de nous couper la communication avec Fribourg, par conséquent celle des subsistances… Ainsi je crois que nous devrions nous mettre d’abord en marche, gagner les hauteurs de Schevenrode, et l'attaquer de ce côté-là... Je prie Votre Altesse d'y réfléchir et de mettre sa réponse à côté de ceci. La première chose qu'il faut faire, c'est d’avertir vos régiments qu’on va marcher et qu'on ne laisse sortir personne du camp; car ils vont à milliers vers les villages à portée de l'ennemi, et celui-ci avec un détachement de quei.,ues hussards fera autant de prisonniers qu'il lui plaira. »
Quoique Soubise s’en défendit (2) plus tard, il est évident, d’après la correspondance, qu'il ne fit pas d’objection au plan d'Hildburghausen qui consistait à tourner par un mouvement de flanc la position des Prussiens, tout en couvrant sa propre ligne de ravitaillement. L'armée combinée s’ébranla par la droite et marcha, les Impériaux en tête, dans la direction des villages de Zeuchfeld et Grüst. Avant le départ qui eut lieu vers neuf heures, le général de Saint-Germain s'était établi sur la croupe de Schortau vis-à-vis du camp du Roiï, avec 9 bataillons c! 15 escadrons français.
(1) Hildburghausen à Soubise, 5 novembre 1757. Annexé à la dépêche de ce dernier du 10 novembre. Archives de la Guerre. (2) Soubise à Pauliny, 10 novembre 1757. Archives de la Guerre.
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