CHAMP DE BATAILLE DE ROSSBACH
Essayons de donner une idée du théatre de la lutte (1) : Le pays à première vue laisse l'impression d'une grande plaine légèrement ondulée, en culture de céréales, coupée par des rangées d'arbres. Aucun accident bien marqué, pas de collines attirant l'œil du spectateur, ni de point de repère; tout au plus, quelques renflements de faible relief, des hautevrs insigniiantcs, dont la crête presque imperceptible se relie par des pentes régulières à des dépressions qui méritent à peine la désignation de fonds, et encore moins celle de vallées. Cà et là, dans les plis Les plus bas du terrain, des villages entourés de vergers, communiquant les uns aux autres par des chaussées presque toujours en ligne droite et ombragées de cerisiers. En fouillant le paysage, on distingue deux relèvements auxquels la monotonie environnante prête une importance relative. Le premier plus au nord, court de l'ouest à l'est; l'inclinaison assez accusée à son extrémité occidentale quand on y monte de Leiha, est douce sur tous les autres versants; son point culminant, le Janus Hiügel ne dépasse le niveau général que de quelques mètres. Autour de la partie la plus élevée de ce plateau, arrosant sur son passage les villages de Rossbach, Leiha, Schortau et Bedra, coule un ruisseau paresseux à bords marécageux qui sert de déversoir aux eaux du district et qui les emporte vers la Saale. À une distance d’à peine trois kilomètres, à peu près parallèle à la première, se dessine une seconde hauteur dont le point saillant est marqué par l'auberge de Luftschiff, audessus du village de Pettstädt, et dont la crête est suivie par la route de Luftschiff à Tagewerben.
Entre ces deux croupes s'étend un vaste amphithéâtre en champs de blé et de seigle, limité à l’occident par les prés qui entourent les villages de Lunstädt et Rossbach, à l'orient par la grande route de Weissenfels à Merseburg. Dans cet espace, et notamment à l’est du chemin qui
(1) Voir la carte page 630.
mène du Janus Hügel à Reichartswerben, le terrain est presque uni et n'accuse que des différences d'altitude négligeables. En résumé toute cette partie de la contrée est un superbe champ de manœuvre, sans obstacles, sans accidents, admirablement adapté aux charges de cavalerie.
Au matin du 5 novembre, le camp de Frédéric était établi sur la première éminence que nous avons décrite, la gauche appuyée À Rossbach, la droite vers Bedra, le front et les flancs couverts par le ruisseau de Bedra et par des fonds marécageux beaucoup plus étendus alors qu'aujourd'hui; le village de Schortau, à mi-côte, servait d'abri aux avant-postes.
Les Prussiens (1), le Roi tout le premier, en voyant les alliés quitter leur position, s'imaginèrent qu'ils commençaient leur retraite, et que la division de Saint-Germain était destinée à former l'arrière-garde. Cette impression fut si tenace que Frédéric n'ajouta pas foi aux premiers rapports sur la direction que prenait l'ennemi, et alla au château de Rossbach s'assurer par ses propres yeux de ce qui se passait.
Arrivés à Luftschiff les commandants alliés avaient arrôté leurs têtes de colonnes, et avaient tenu une sorte de conseil auquel assistèrent plusieurs officiers généraux. De ce point, on découvrait les lignes prussiennes; tout v était en repos, les tentes étaient dressées; rien n’annoncait des préparatifs de départ. D'après les relations françaises, les opinions furent en désaccord. Hildburghausen, plusieurs des siens, parmi lesquels les officiers saxons étaient les plus ardents, et bon nombre de Francais, arguaient de l'immobilité de l'ennemi pour préconiser une attaque im-
(1) Pour !e récit de la bataille voir les rapports et lettres des archives du ministère de la Guerre, l'ouvrage de l'État-major prussien, les historiens militaires de la Guerre de Sept Ans, Mathias Der Sieger von Rossbach, Leiptig 1859, qui résume avec quelque partialité les récits prussiens; aussi Thuna. Die Wur:burger Hilfstruppen. Wurzburg 1893.
BI LS Va dei ha qu
pas ia Saa défi en mar ces, rent leur A battr avec un t comn mée dont trois parti der; quelc delà « ligne che, et sui rectio fit ét.
détac
\ est > né- » est sans AVA-
était rite, a, le t par l'aud'a-
it les menmain prespre-
il, et )pres
aient sorte aux.
put y icait ises, plutent it de in-
s du riens eipaussi