‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 323 sur 385 · SUPÉRIORITÉ NUMÉRIQUE DE SOUBISE · texte numérisé non relu

SUPÉRIORITÉ NUMÉRIQUE DE SOUBISE

8 furent sérieusement engagés, et encore pour deux seulement de ces derniers le nombre de cartouches brülées dépassa la moyenne de 12 par soldat. C'est à bon droit que la critique militaire à attribué la victoire de Rossbach aux dispositions de Frédéric, aux qualités manœuvrières de ses troupes, à la charge de Seydlitz et au judicieux emploi de l'artillerie prussienne.

Dès les jours qui suivirent l'affaire, les dépêches de Soubise et les correspondances de l'armée cherchèrent à reporter sur Hildburghausen et sur les contingents de l'Empire la responsabilité de la défaite: l'amour-propre nalional aidant, cette légende a été reproduite par beaucoup d'historiens. Certes, à en croire les rapports cités plus haut, la conduite des troupes des Cercles fut pitoyable. Nous avons vu fuir leur cavalerie à l'aspect des escadrons de Seydlitz; leur infanterie ne se conduisit «uère mieux; sur les 9 bataillons présents à Rossbach, seuls ceux de Wurzburg et de Darmstadt firent bonne contenance; les autres, saisis d’affolement, jetèrent leurs fusils ou les décharcèrent en l'air, abandonnèrent leurs canons et décampérent au plus vite. Ils laissèrent entre les mains du vainqueur de nombreux prisonniers, dont beaucoup furent en réalité des déserteurs heureux d'échanger le service de l'Empereur contre celui du roi de Prusse. Mais tout en reconnaissant la mauvaise attitude des soldats de l'Empire, il laut loyalement avouer que les Francais eurent leur large part dans la honte de la déroute. Mettons hors de calcul les 40 ou 12,000 hommes de l’armée des Cercles qui prirent part à la bataille; Soubise avait sous ses ordres directs 30 bataillons et 42 escadrons, sur lesquels #0 des premiers et 26 des seconds furent engagés. Avec ses propres troupes, auxquelles il convient d'ajouter les 6 escadrons autrichiens, il était très supérieur aux Prussiens qui ne comptaient que 27 bataillons et #5 escadrons sur Île champ de bataille; à l'armée du Roi, forte de 21,600

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hommes, le général français pouvait opposer 36,000 de ses nationaux (1).

Heureusement pour Soubise, la poursuite du vainqueur fut molle; la courte journée d'hiver, l'heure tardive à laquelle fut terminée l’action, ne donnèrent guère à Frédéric le temps d'achever sa victoire. Le lendemain, il ne dépassa pas Freyburg où il fit rétablir sur l'Unstrut le pont que les Francais avaient brûlé. Il se contenta de faire harceler l'ennemi par sa cavalerie légère qui ramassa quelques centaines de prisonniers et force butin, « beaucoup (2 d'équipages et plusieurs tentes d'officiers doublées de soie. » L'armée des Cercles était évidemment hors de combat pour le reste de l’année; libre de ce côté, comptant, pour fournir de la besogne à Richelieu, sur la rupture de la convention de Closter Seven qu'il savait imminente, Frédéric prit ses mesures pour voler au secours de la Silésie où ses affaires prenaient une tournure inquiétante.

Ce fut de Freyburg, dans la nuit du 5 au 6 novembre, que Soubise annonca sa défaite; le soir du second jour il mandait (3) que l’armée continuait sa retraite &« à marches un peu forcées, pour revenir de l'abattement excessif et de la douleur où elle est plongée. » Hildburghausen avait séparé son sort de celui de son PTS il n'était pas venu à un rendez-vous qu'il avait cependant fixé luimème, et s'était borné à indiquer qu'il prenait avec ses Impériaux la direction d’Arnstadt. Le 8, Soubise écrit de Sachsenburg que sur le bruit du passage de l'Unstrut par un gros détachement prussien, et sur l'avis de l'évacuation d'Halberstadt par Richelieu, 1l gagnera Nordhausen. Dans ce campement où l’on arriva le 9, on com-

(1) Nous avons estimé les bataillons à un effectif de 600 hommes et les escadre?s à 150 y compris les officiers.

(2) Relation d'un officier prussien, 11 novembre 1757. Archives de la Guerre.

(3) Soubise à Paulmy. Wicke, 6 novembre 1757. Archives de la Guerre.

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