‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 325 sur 385 · MAUVAIS ESPRIT DES OFFICIERS · texte numérisé non relu

MAUVAIS ESPRIT DES OFFICIERS

en plusieurs circonstances : « La veille de la bataille (1), lorsque l'ennemi a paru devant nous à Mücheln, il v avait dans les villages hors du camp, dans les bois, et de tous côtés, plus de *# à 5,000 bommes répandus et occupés à la maraude... La générale qu'on battit l'après-midi n'en a pas rappelé la moitié, et nous avons combattu dans cet état (2). » 4 en croire De Vault, l'esprit de l'officier ne valait pas mieux que celui du soldat : « 11 y a une autre raison, Monseigneur, qui à bien certainement contribué à notre malheur, c'est le peu de discipline de la part du plus grand nombre des officiers. Cette indiscipline est soutenue par le dégoût que la plupart ont pour le service. chacun prétend que l'officier n’est point en état de vivre et que le Roi doit absolument penser à améliorer son état. » Cette mauvaise humeur de l'officier du rang, besogneux et sans avenir, nous avait été signalée à maintes reprises dans la correspondance de Gisors; elle était la plaie de l'armée dont elle ébranlait la subordination et tuait le sentiment du devoir. Soubise lui-même est obligé d'y faire allusion. « Je vois avec chagrin, écrit-il (3), que les officiers demandent beaucoup de congés et de passeports pour retourner en France. IL y en a beaucoup qui ne se cachent point de la résolution où ils sont de ne pas revenir, si leur état ne change pas. Il est certain qu'ils ont beaucoup souffert pendant la campagne, et leur situation misérable a causé de grands désordres auxquels il faut remédier. »

De l'insuffisance des subalternes, De Vault passe aux défaillances des supérieurs : « Vous ne sauriez en même temps être trop sévère pour que les officiers généraux restent aux divisions auxquelles ils sont attachés, et ne s'en

(1) Bourcet dans sa lettre du 10 novembre donne le même renseignement. (2) D'après le billet d'Hildburghausen à Soubise écrit le matin de la botaille, il en aurait été de même dans la journée du 5 novembre.

(3) Soubise à Paulmy. Nordhausen, 13 novembre 1757. Archives de Ja Guerre.

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écartent jamais pour aucune raison de commodité où autre. J'ai vu bien souvent pendant cette campagne arriver des malheurs, c’est la profusion de vaisselle d'argent qu'on traine avec soi; si le Roi ne défend pas absolument les assiettes, ce sera un grand mal, tant que le Ro; ne s'expliquera pas lui-rème de vive voix et positivement sur ces différents articles. »

En outre de ces causes générales et pour ainsi dire endémiques, il faut, pour expliquer l'effondrement de Rossbach tenir compte de la division du commandement, ct de l'impéritie d’Hildburghausen qui en l'occurrence et fort mal à propos avait revendiqué les droits ct l'autorité de général en chef. « Trop d’ardeur (1) de la part de M. le prince d'Hildburghausen, et trop de confiance de la nôtre » avaient fait engager l'affaire. Au lieu de prendre, après la levée du camp, entre Pettstädt et Reichartswerben, une position d'attente qui aurait offert le double avantage de menacer le flanc des Prussiens et de couvrir ses prepres commu cations, on avait couru, sans préparation d'ensemble ni de détail, sans reconnaissance du terrain, sans avant-garde, à la poursuite d'un ennemi qu'on imaginait en retraite. « Notre disposition était très bonne à ce que je crois, écrivait Soubise cinq jours après la rencontre; le roi de Prusse ne nous a pas donné le temps de l'exécuter. » Il serait difficile de faire de la direction du combat une critique plus sanglante. Un plan de campagne ou de bataille, excellent en lui-même, échoue par suite de circonstances ou d'événements qu’il était impossible à son auteur de prévoir. lei rien de pareil; les commandants de l’arméc alliée ne pouvaient supposer que le roi de Prusse, dont ils connaissaient le tempérament, attendrait tranquillement dans son camp le mouvement tournant qu'il voyait se dessiner contre lui; et cependant ils l'abordèrent

(1) Boureet à Paulmy. Wicke, 7 novembre 1757. Archives de la Guerre.

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