‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 329 sur 385 · CREMILLE ENVOYE AUPRÈS DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

CREMILLE ENVOYE AUPRÈS DE RICHELIEU

vation d'Halberstadt, mais on ne cachait pas ses préférences pour cette solution.

Enfin, dans la dernière décade d'octobre, on recut au quartier-général des instructions positives (1) qui tranchèrent la question. Richelieu était autorisé, non sans réserves et malgré l'opinion contraire du Roi, à se retirer ei à prendre ses quartiers d'hiver sur l'Ocker, ne laissant derrière lui que des troupes légères chargées de surveiller la rentrée des contributions. Cette décision était trop conforme aux idées du maréchal et aux vues dont s'était inspiré l'armistice conclu avec les Prussiens, pour pe pas êcre la bienvenue; mais il n'en fut pas de mème de la mission du lieutenant-général de Crémille. Cet officier, considéré à juste titre comme le bras droit du ministre de la guerre, était envoyé auprès de Richelieu et Soubise sous couleur de se concerter avec eux pour les préparatifs du siège de Magdebourg, objectif avéré de la campagne prochaine. Richelieu ne cacha pas son dépit : « Crémille va arriver, écrit-il à buverney, (2); Je l'aime, je l'estime, tout s'arrangera sûrement tout au mieux, après quoi on me permettra de m'en aller m'expliquer et rétablir les choses sur un autre pied, ou m'en aller à Richelieu, parce que rien dans ja nature ne me ferait rester ici sur le pied que j'y suis depuis plusieurs mois. » Bernier reflète (3) la mauvaise humeur de son chef : « Le voyage de M. de Crémille l’occupe et l'affige beaucoup, ainsi queses alentours. » Gisors lui-même, peu suspect de sympathie pour le maréchal {#), ne dissimule pas la fâcheuse impression produite par les ordres

(1) Paulmy à Richelieu, 13 et 16 octobre 1757, Archives de la Guerre.

(2) Richelieu à Duverney, 20 octobre 1757. Correspondance de Richetieu.

2) ternier à Duverney, 22 octobre 1757. Papiers de Clermont. Archives de la Guerre.

(4) Gisors à Belleisle. Ochserleben, 28 octobre 1757, Archives de la Guerre, Lettre citée par Camille Rousset.

contradictoires de la cour, et par la mission de Crémille. « Personné assurément n'aime moins que moi M. de Richelieu; mais il faut être juste, le mal vient de plus haut; et quand il perce de toutes parts que la cour n’a nulle confiance dans un général, que M. Duverney, de son cabinet de Paris, prétend mieux connäitre la situation d'une place que les plus habiles officiers généraux qui sont sur les lieux, que les courtisans qui composent la plus grande partie de l’armée y portent les intrigues de la cour, croyezvous qu'il soit aisé à un général d'inspirer une certaine considération pour lui, de faire servir avec goût, et de mettre l'ensemble si nécessaire dans une armée?... Ainsi, blämant peut-être M. le inaréchal sur certains points, je le plains avec équité sur beaucoup d’autres. Je trouve fort simple qu’il soit mécontent de l’arrivée de M. de Crémille qui passe dans l’armée pour venir être le censeur de sa conduite. »

Richelieu n'était pas au bout de se: peines; vers la fin d'octobre il apprit (1) que le Roi repoussait le projet d'armistice; il se montra fort mécontent d'un rejet qui bouleversait tous ses arrangements. « L'on se repentira plus d’une fois, écrit-1il (2) à Duverney, et vous plus que tout autre, d’avoir refusé le marché que le bailli d'Halberstadt avait offert, auquel le roi de Prusse avait consenti. » Au ministre, il manifeste sans détour sa contrariété (3) : « C'est un malheur quand les opérations militaires sont subordonnées à un certain point au politique, et ordinairement l’un et l'autre s'en trouvent plus mal. » Quant au mouvement de retraite, il l’eftectuera sans retard, en dépit des invitations reçues en dernier lieu de se maintenir le plus longtemps possible à Halberstadt, il

(1) Paulmy à Richelieu, 21 octobre 1757. Archives de la Guerre. (2) Richelieu à Duverney, 30 octobre 1757. Correspondance de Richelieu.

(3) Richelieu à Paulmy. Halberstadt, 2 novembre 1757. Archives de la Guerre.

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