TENTATIVE AVORTEE DES BRUNSWICKOIS
appeler ses troupes de l'armée; ses frères et son fils, le prince héréditaire, étaient acquis à la cause prussienne ; ce dernier se retira momentanément à Hambourg pour ne pas prendre parti contre son père. Quant à Imhotf, s'il faut en croire les bruits que l'envoyé anglais (1) de La Have recucillit, probablement de la bouche du prince Louis de Brunswick, il aurait été de connivence avec les généraux harovriens et les aurait prévenus des ordres qu'il avait recus; son arrestation n'aurait été qu'une comédie habilement montée pour le disculper vis-à-vis de son souverain. Richelieu était en route pour rejoindre son avant-garde, quand il apprit à la fois l'échec de la tentative des Brunswickois, la nomination du prince Ferdinand de Brunswick au commandement de l’armée confédérée, et l'occupation de Bremerworden par un détachement hessois devant lequel les quelques dragons français qui occupaient le bourg avaient dù battre en retraite. Zastrow (2) cherchait, il est vrai, à expliquer ce dernier incident par des nécessités de ravitaillement et protestait de son intention de maintenir la trêve; de son côté le conseil de régence invitait le comte de Lynar à venir conférer avec lui à Stade; mais il était impossible de se laisser tromper par de bonnes paroles que démentaient les événements journaliers. « Il est aisé de sentir, écrit le maréchal (3), que c'est une comédie qui approche du dénouement, et je la jouerai de mème jusqu'à ce que je trouve une occasion de leur enlever quelques postes considérables; mais je n'ai nulle confiance, comme vous croyez bien, dans le succès du voyage de M. de Lynar.. Je joins aussi copie de la lettre que j'ai recue du landgrave de Hesse, et celle de ma réponse dans laquelle je dis à peu près tout ce qui reste à dire; mais il n'y a
(1) Yorke à Nevicastle. La Haye, 13 janvier 1758. Newcastle Papers. (2) Zastrow à Richelieu, 21 novembre 1757. Archives de la Guerre. (3) Richelieu à Paulmy. Ultzen, 23 novembre 1757. Archives de la Guerre.
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point d'argument qui puisse triompher d'un prince de soixante-quatorze ans, qui radote par conséquent. »
Il était difficile de se faire illusion sur les intentions du Landgrave. Dans sa réponse du 16 novembre (1), ce prince se basait sur la déclaration de Sa Majesté britan- Ai nique au sujet du paiement des subsides, et sur l'impossibilité de se priver de sa dernière ct unique ressource pour refuser de prendre « aucun parti que de l'aveu et de concert avec l'Angleterre. » À partir de ce moment, Guillaume de Hesse ne varia plus; il résista aux efforts que fit auprès de lui M. de Champeaux, le ministre français de Hambourg, pour renouer les pourparlers, et ne voulut pas écouter l'autrichien Kettler, attaché à l'état-major de Richelieu, que celui-ci avait chargé d'une tertative finale. « Le Landgrave m'avant élevé et ayant été mon gs tuteur, écrit cet officier, (2) je fus euvoyé à Hambourg AU à comme particulier pour tâcher de lui parler et faire en- | tendre raison; je le vis, je fis en sorte que les nouvelles de ÿ Schweïidnitz lui parvinssent. Le caractère de son âge est de ï particulier; de temps en temps il radote; souvent il à BR peur, et quelquefois l'idée du vieux romain lui passe par la tête; il est gouverné par Hardenberg. » Quelles que fussent les influences qui agirent sur l'esprit du prince, sa 4 détermination de rompre fut définitivement notifiée par une lettre (3) où il rappelait qu'il n'avait pris aucune part directe à la convention de Closter Seven.
Le 27 novembre, le maréchal était à Lûüneburg d'où il expédia un détachement de 500 hommes renforcer la garnison de Harburg. « Nous en sommes, mande-t-il (#), pour
(1) Landgrave de Hesse à Richelieu. Hambourg, 16 novembre 1757. Par«allèle de la conduile du Roi.
(2) Kettler à Stahremberg, 5 décembre 1757. Archives de Vienne, (3) Landgrave à Richelieu, 28 novembre 1757. Archives de la Guerre. ; (4) Richelieu à Paulmy. Lüneburg, 27 novembre 1757. Archives de la
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