‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 334 sur 385 · RUPTURE DE LA CONVENTION DE CLOSTER SEVEN · texte numérisé non relu

RUPTURE DE LA CONVENTION DE CLOSTER SEVEN

ainsi dire toujours au compliment à qui tirera le premier. » L'attente ne fut pas longue; l'armistice fut dénoncé le 28 par une lettre du prince Ferdinand (1), qui informait les Français de sa nomination au commandement de l'armée et de la reprise des hostilités.

Depuis longtemps cette solution avait été prévue et préparée dans le camp ennemi. En Angleterre et en Hanovre, on était d'accord, avec des nuances . qu'expliquent les circonstances locales, pour se dérober à l'exécution du contrat; mais on différait sur l'opportunité de la rupture. Dans un conseil tenu à Stade le 28 octobre, où s'étaient rencontrés les frères Münchhausen, l’un venu de Londres, l’autre de Hanovre grâce à un passe-port que Richelieu avait eu la lgèreté de lui octroyer, on décida l'envoi auprès du roi de Prusse d'un officier chargé de sonder ses intentions et de lui demander sur quel appui on pouvait compter. Le comte de Schulenburg, à qui on confia cette mission, rejoignit Frédéric le surlendemain de la bataille de Rossbach. Il eut plusieurs audiences auxquelles assistèrent (2) Mitchell et Eichel, ministre attaché à la personne du Roi. Frédéric, de fort belle humeur, fit bon accueil au corate, fe questionna sur l'état des troupes alliées et sur lears cantonnements; aussitôt édifié sur ces points essentiels, il déclara « qu'il fallait lever le masque et agir drapeau déployé »; puis tout en faisant l'éloge du soldat, il émit des doutes sur la capacité des chefs. Schulenburg répondit « qu'il ne dépendait que de Sa Majesté de suppléer au défaut des généraux en nous accordant un de ses généraux, comme le prince Ferdinand, lequel à ce que je croyais serait fort agréable au Roi mon maitre. Sa Majesté prussienne y consentit, et ayant fait appeler sur

(1) Prince Ferdinand de Brunswick à Richelieu, 28 novembre 1757. Paral. lèle de la conduite du Roi.

(2) Schulenburg au président Münchhausen. Leipsick, 11 novembre 1757. Newcastle Papers.

le champ le dit Prince, lui donna cette commission que |

le Prince accepta. » Le Roi promit de seconder les opéaons de l’armée confédérée par une diversion dans le $ pays d'Halberstadt. « 11 ne pouvait pas pour le présent I faire davantage, ayant à se défendre contre trop d’en- c nemis, d'autant que nous, par nos retraites et nos con- L ventions, avions causé beaucoup de dommage à ses meil- P leures provinces, parce que nous ne songions qu'à notre n terre sainte sans nous soucier beaucoup de ses États ». st

La nomination du prince Ferdinand ne se fit pas avec la v brusquerie dont le récit du général hanovrien donne l’im- d pression. Dès le 10 octobre (1), Holdernesse avait suggéré, de de la part du roi “’Angleterre, le choix d’un des princes de de l maison de Brunswick comme successeur de Cumber- fa land; mis au courant de ce projet, Frédéric (2) avait tè promis son assentiment; aussi était-il tout préparé à la D ‘u demande des autorités électorales. L'affaire conclue, Schu- EH ©

lenburg et le prince Ferdinand élaborèrent un plan stratégique qui fut soumis au Roi; puis le nouveau général en chef alla attendre à Magdebourg ses lettres de service, ‘ et le Hanovrien s'empressa de rapporter à Stade la bonne | nouvelle.

Aussitôt fixé par la relation de Schulenburg, le conseil de régence résolut d'agir : « Le parti est décidé, écrit-il à Londres (3), lequel selon Îles ordres de Vctre Majesté nous avons eu à prendre; car l’une des conditions qui nous à été prescrite, à savoir que le roi de Prusse battrait l'armée française ou la pousserait avec avantage, ayant été rem- 4 plie, Sa Majesté prussienne.. s’est offerte à concerter les opérations de guerre. » Suivent les dispositions adoptées :

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(1) Holdernesse à Mitchell, 10 octobre 1757. Mitchell papers, (2) Mitchell à Holdernesse. Leipsick, 30 octobre 1757.Correspondance po- sus litique, vol. XV p. 467. |

(3) Relation des ministres d'État du Roi. Traduction. Stade, le 18 no- (1) vembre 1757. Newcastle papers. (2)

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