LE PRINCE FERDINAND ARRIVE A STADE
On s'est mis en rapport avec le landgrave de Hesse pour être « entièrement assuré » du concours de son contingent; le prince héréditaire de Brunswick s'emploie dars le même sens auprès du duc son père; les généraux Zastrow et Sporcken ont recu l’ordre de concentrer et de mobiliser les troupes; enfin on avertit Mitchell que tout se prépare pour la reprise des hostilités et on réclame la prompte venue du général en chef. En effet, le 16 novembre, le conseil expédia un courrier au prince Ferdinand, le priant, vu la gravité des circonstances, d'assumer le commandement de l’armée sans attendre la notification officielle de Londres. Ferdinand se rendit à cet appel (1), partit de Magdebourg le 20 novembre avec une faible escorte, faillit être enlevé par le français Grandmaison qui à la tête de quelques pelotons de hussards réquisitionnait sur la rive droite de l'Elbe, arriva à Hamoourg, y rencontra le Landgrave et le prince héritier de Brunswick, et parvint à Stade le 23 novembre à cinq heures du soir. Quand deux jours plus tard, l'infatigable Lynar se présenta dans cette ville, porteur des offres les plus conciliantes de la part de Richelieu qu'il avait laissé « fort inquiet »,1l dut se borner à constater que la rupture était consommée. « Les ministres, écrit-il (2) à Bernstorf, vinrent d’abord me voir et ne firent aucune difficulté de m'avouer qu'on était résolu de recommencer la guerre. ils ont les mains liées par des ordres supérieurs. » C’est en vain que le Danois se déclare prêt à transmettre à Richelieu des ouvertures pour une paix générale, lesquelles pourront être communiquées à Versailles, et s'efforce d'obtenir le maintien de l’armistice jusqu’au retour du courrier. Les ministres ont témoigné « de ne pouvoir non seulement pas entrer là-dessus, mais qu’ils n'oseraient pas même suspendre les opérations militaires pour des propositions (t\ Voir pour tous ies détails Hassell, p. 478 et suivantes.
\ (2) Lynar à Bernstorf. Stade, le 27 novembre 1757. Newcastle papers. GUERRE DE SEPT ANS. 42
que je fnsse autorisé à leur faire de la part la France... Enfin, à ma grande douleur, ils m'ont fait connaître que ie via était tiré et qu'il fallait le boire. Ils conviennent qu'ils jouent très gros jeu, mais le roi d'Angleterre a cru devoir plutôt risquer la ruine totale de ses États que de ne pas céder à la véhémence d’une nation qui ne fait pas moins, dit-on, que de menacer sa couronne. »
Les hostilités commencèrent par la sommation de Harburg; le maréchal de camp de Perreuse, dont la petite garnison venait être renforcée, répondit par un refus énergique. Le général Hardenburg prit aussitôt ses mesures pour le blocus et le bombardement de la ville.
Richelieu sentait toute l'importance de conserver le contact avec les Suédois qui s'étaient avancés dans l'Ucker Mark, et avec le duc de Mecklembourg qui était sur le point de signer un traité avec la France; il eût désiré se maintenir à portée de Harburg, mais il n'avait avec lu: que des forces insuffisantes : 35 bataillons et 25 escadrons à effectifs réduits, soit environ 17,000 hommes, à opposer aux 35,000 dont l'adversaire pouvait disposer pour l'offensive. D'autre part, il n’était pas sans inquiétude sur ses derrières, mal protégés contre une attaque des Prussiens de Magdebourg ; aussi se résigna-t-1l à évacuer Lüneburg et à concentrer son armée autour de Celle sur les bords de l’Aller. Les ordres furent donnés en conséquence; les troupes des lignes de communication durent se porter en avant, et Soubise fut invité à quitter le comté de Hanau où il venait d'arriver, et à remplacer en Hesse et sur la Wurra les corps rappelés en Hanovre.
Villemeur, que le maréchal avait laissé à Lünebureg, effectua sa retraite sans autre incident qu'un combat heureux, où Caraman à la tète de ses drazons et de quelques troupes légères de Fischer, infligea des pertes sérieuses à la cavalerie nanovrienne qui le serrait de trop près. Malgré la longueur de la campagne le trou-
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