‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 337 sur 385 · MAUVAIS ESPRIT DE L'ARMÉE DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

MAUVAIS ESPRIT DE L'ARMÉE DE RICHELIEU

plaint du manque de tentes, de l'insuffisance des hôpitaux pour les nombreux malades; l'argent fait défaut pour payer les entrepreneurs; la démoralisation à fait des progrès éffra yants. « Il y a eu ici avant-hier dans les faubourgs de cette ville üne maraude aïfreuse, et le soldat ne reconnaissait plus son oîiticier;… toutc cette maraude est occasionnée par le défaut de discipline, par la négligence de l'officier, lequel ne veut se mèler en rien de sa troupe, et dit journellement que c’est l'affaire de l'état-major. Cela est au point que des officiers qui sont détachés à la tête de 50 hommes pour la police, tournent la tête quand ils voient faire du dommage, et en jaissent faire par leurs détachements; et tout cela par un vrai dégoût du métier et par le désir qu’ils ont de retourner en France... Nous avons mis des détachements dans les villages afin que le fourrage ne fût pas pillé; la plupart de ces détachements ont été forcés par la cavalerie, les dragons et l’infanterie, des officiers à la tête... » La conclusion est navrante : « 11 ne faut pas se flatter, Monseigneur, mais il est absolument nécessaire de changer presque la constitution militaire, sans quoi le Roi n’a plus d'armée. Il faut absolument attacher l'officier à son état par l'intérèt ; il n'y a plus que ce principe qui fasse agir, et le remède presse. »

Des corps de troupes le découragement gagna les hauts grades, et donna lieu à une scène caractéristique dont Richelieu rendit compte à la cour. Au retour d’une reconnaissance « je trouvai (1) quelques officiers généraux chez moi, qui me dirent que la plupart d’entre eux n’approuvaient pas le passage (de l’Aller) que l'on disait que je méditais. Je demandai si c'était une députation et par quel hasard on me donnait de tels avis sans que je les demandasse, et sans même être mieux instruit de ce que je

(1) Richelieu à Paulmy. Celle, 19 décembre 1757. Archives de la Guerre.

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