RETRAITE DES HANOVRIENS
Æ eo — = 2
car c'est à contre cœur qu'il renonce à une marche en avant. Le danger des Suédois qui battent en retraite devant l’armée de Lehwaldt, la situation critique du duc de Mecklembourg obligé d'abandonner” ses États aux Prussiens et de se réfugier à Lubeck, wppellent une diversion; il serait désirable de rétablir avec ces alliés les communications que la capitulation de Harburg vient de couper. C’est au Roi de décider; la teneur des ordres qu'il recevra déterminera s’il doit se porter sur l’Elbe ou prendre ses quartiers d'hiver.
Si le maréchal avait encore des doutes sur le parti à prendre, il n'y en avait plus dans son entourage qui se laissait aller à une débandade générale. Maillebois, prétextant l’état de sa santé, avait donné sa démission de maréchal des logis général, et avait obtenu l'autorisation de quitter l'armée. Crémille se disposait à en faire autant. Le comte de Laval avait invoqué des raisons d’affaires pour retourner à Paris. « Le comte de Noailles, écrit Richelieu (1), qui avait, à ce qu'il m'a dit, la permission du Roi de retourner quand il le jugerait à propos, est parti ce matin... Messieurs les colonels qui sont revenus ici par vos ordres demandent déjà à repartir; je vous supplie de me marquer ce que je dois faire à cet égard; je l'ai refusé à tous. »
C'est probablement sous l'impression de cette désertion que le général en chef renonce à son projet de prolonger la campagne. « Le parti le plus sage et le plus sûr, ajoutet-il en post-scriptum, est de rester tranquille dans la position où je suis, dans laquelle je ne crois pas qu'il soit possible de me forcer, entre l’Ocker, l’Aller et la Leine, où il me parait que je suis dans une forteresse inattaquable. » Il est présumable que les rigueurs de la saison furent aussi pour quelque chose dans cette détermination. Les
(1) Richelieu à Paulmy, 2 janvier 1758. Archives de la Guerre.