‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 344 sur 385 · APPRÉCIATION DE LA CONDUITE DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DE LA CONDUITE DE RICHELIEU

raux et particuliers qui découlaient de cette occupation? Se laissa-t-il impressionner pas la fatigue de ses troupes et par la nécessité de leur donner le repos qu'elles réclamaient d'une voix presque unanime? Espéra-t-il, en négociant une trève avec le roi de Prusse, préparer les voies à des pourparlers plus sérieux? Songea-t-il à un retour à l’ancienne alliance dont il serait resté le partisan convaincu ?

Sans chercher à ces questions une réponse pour laquelle les éléments nous font défaut, on peut affirmer que l'immobilité du mois d'octobre à Halberstadt fut pour beaucoup dans la défaite de Rossbach et dans les résultats fâcheux de fin de campagne. Quant à la convention de Closter Seven, s’il est juste d’en blâmer les termes ambigus et le manque de précision, Richelieu ne saurait ètre rendu responsable de la rupture. Les réserves apportées à la ratification, la lenteur des pourparlers avec Brunswick et Hesse, le retard des concessions consenties in extremis, sont imputables à la cour de Versailles et au ministre Bernis. A part quelque légèreté dans la discussion, quelques propos maladroits au sujet du désarmement, la véritable pierre d’achoppement, le maréchal n’eut rien à se reprocher dans une affaire dont la conduite lui fut enlevée dès la première heure. Au moment critique, à la veille de la dénonciation, Richelieu se montra de nouveau énergique et résolu; son mouvement sur Lüneburg, la force de caractère qu'il déploya à Celle en restant sourd aux conseils de son entourage et en maintenant ses positions devant l’ennemi, méritent des éloges et indiquent une capacité supérieure, ce qui n'est d’ailleurs pas un grand éloge, à celle de la plupart de ses collègues de l’époque.

Mais si nous sommes enclins à accorder les circonstances atténuantes à Richelieu jugé comme stratégiste et

comme diplomate, nous ne saurions être trop sévères pour GUERRE DE SEPT ANS. 43

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le général chargé de la direction et de la surveillance de l’armée. Pendant toute la campagne de 1757, l’indiscipline et la maraude du soldat, l’insubordination de l'officier, l'attitude déplorable à l'égard des chefs, l'esprit de critique et la rivalité dans l'état-major, furent autant d’influences malsaines qui diminuèrent la valeur et atteignirent profondément le moral de tout le personnel. Le mauvais exemple partait d’en haut; il était difficile d’empèchez le troupier d'imiter, à sa facon souvent brutale, les procédés de spoliation que pratiquaient, avec plus de méthode et moins de grossièreté il est vrai, les autorités militaires de tout rang, à commencer par le général en chef. Comment espérer de la retenue de la part du subordonné qui ne pouvait ignorer les prélèvements faits par ses supérieurs sur les réquisitions ou contributions des pays occupés? Dans la correspondance de Richelieu, nous relevons des plaintes sur les excès du soldat, sur la tenue et les propos des officiers, sur la désobéissance des géntraux, sur l'embarras de leurs équipages; mais il se garde bien de parier des agissements de la plupart de ses licutenants, de flétrir des pratiques qui enrichissaient le particulier aux dépens du trésor de l’armée et des finances du Roi. | °

Les sacrifices demandés par l’intendance française, tant en nature qu’en argent, aux Éiats conquis, quelque lourds qu'ils eussent paru aux habitants, ne dépassèrent pas ceux que Frédéric imposa à l'Électorat de Saxe: mais grâce à la vigilance de ce prince et au contrôle qu'il avait su exercer sur tous les rouages publics, les subsides ainsi pe“çus étaient utilisés pour l'entretien des troupes et pour la conduite de la guerre. Aux armées de Louis XV, rien de pareil; le ministère à bout de ressources délégua à la vérité aux services militaires les impôts extraordinaires qu'il s'agissait de frapper sur ‘2s provinces occupées; l’Impératrice-Reine abandonna aux Français la part qui lui

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