‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 35 sur 385 · INDIGNATION DE LA COUR DE VIENNE · texte numérisé non relu

INDIGNATION DE LA COUR DE VIENNE

gements du traité de Versailles. L'obligation qu'il contient de nous fournir un corps de 24,000 hommes est absolue, et n’a rien de commun avec le traité secret. L'Impératrice est en droit de déterminer la destination de ce secours, et nulle raison domestique ne peut autoriser la France à s’en dispenser. Qui pourra croire d’ailleurs qu'une puissance comme elle, qu'une guerre de mer n'a pas empêchéeil v à peu d'années d’avoir de grosses armées en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas, puisse être embarrassée lorsqu'il s'agit d'envoyer 2%,000 hommes au secours d’un allié dont les succès doivent lui valoir des acquisitions et des avantages inestimables? »

Le chancelier réfute un à un les arguments mis en avant dans le mémoire de Versailles, puis : « Je veux bien me flatter encore que l'on pensera et agira d'une facon plus conforme aux règles de l'équité et à l'intérêt commun; mais je ne vous cacherai pas, Monsieur, que nous ne saurions prendre, pour ce que nous croyons ètre en droit d'attendre des sentiments du Roi et de la pénétration de son ministère, les expressions obligeantes dont on couvre un refus. On nous connait bien peu en France, si peut-être on à cru qu'en nous faisant des difficultés on accélèrerait la conclusion de notre grande affaire. Les bons procédés seuis peuvent faire cet effet, et des procédés contraires l'effet opposé. »

Malgré ce fier langage, il était évident qu'on ne pouvait plus compter sur l'entrée en ligne, en temps utile, du corps auxiliaire ; il fallait bien subir l’inévitable, aussi consentaiton, par complaisance pour Sa Majesté Très Chrétienne, à renoncer pour le moment à l'envoi des 24,000 hommes, « bien entendu néanmoins, que comme il convient de sauver les apparences de ce changement vis-à-vis de toute l'Europe qui ne s’y attend pas, on donnera la chose pour la suite d'un concert entre les deux cours à ce sujet ».

Kaunitz tenait À ce que l'expression du dépit de sa sou-

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| veraine parvint jusqu'aux ministres de Louis XV : « J'ai [LA lieu de croire, mande-t-il à Stahremberg par un billet (El personnel (1), que vous ètes sur le pied de confiance avec ARE") M. l'abbé de Bernis, et peut-être mème avec M. le ma- HER réchal de Belleisle. Si cela est, il conviendra qu'à l’arrivée de votre courrier, vous approchiez au plus tôt l’un ou l'autre, ou même tous les deux, et que vous leur disiez que vous venez d’avoir un courrier, et que vous voyez, comme vous vous y étiez attendu, et mème plus encore, votre cour dans la situation d'esprit la plus fâcheuse sur la réponse que l’on vous à remise en dernier lieu; en un mot, que vous tâchiez de les alarmer autant qu'il vous pa-

raitra convenir, et qu'alors, si vous le jugez à propos, vous

leur laissiez lire, comme par une suite de votre confiance éon

en eux, ma lettre francaise ostensible, en observant soi- so

gneusement, pour m'en rendre compte par la suite, l'effet suit

qu'elie aura fait sur ces messieurs dont je ne vous cache- fén: rai pas que je suis extrêmement scandalisé. Je ne vous j'ai précise cependant rien là-dessus, et vous ferez ce que vous ct jugerez être à propos. » IL va sans dire que l'ambassadeur obli s'acquitta avec empressement de la commission qui lui difté avait été donnée. Dans sa relatic: : ‘ia soin de se porter tre i garant des bons sentiraents et des excellentes intentions de Le Bernis et de Belleisle qui, avec M"° de Pompadour, ont été dait ‘ les promoteurs de l'alliance ; il leur a fait la communica- dtiec tion indiquée : « Le contenu les a frappés et a fait beaucoup —— d'impression sur eux, au point que l'abbé de Bernis m'a horii demandé le même soir de lui permettre de la lire à M"° de éché Pompadour et au Roi. » L'Autrichien donne un résumé del de l'apologie que font les deux ministres de la politique FE de leur cour: puis, repris d’un regain de méfiance, il ébo ajoute : « Il se pourrait bien que tout le but du ministère par (1) Kaunitz à Stahremberg, 18 octobre 1756. Archives de Vienne. ment

(2) Stahremberg à Kaunitz, 2 novembre 1756. Archives de Vienne. le m

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