‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 36 sur 385 · PROJET DE TRAITÉ SECRET RÉDIGÉ PAR STAHREMBERG · texte numérisé non relu

PROJET DE TRAITÉ SECRET RÉDIGÉ PAR STAHREMBERG

d'ici ne fût autre que de se rendre maitre de la guerre et de la paix; mais c’est à quoi présentement nous devons tâcher d'obvier en concluant au plus tôt notre traité secret, et en convenant si bien de nos faits qu'il soit impossible à la France d'obtenir, au moyen d’une paix à conclure, les grands avantages qu'elle se propose... à moins que de nous procurer préalablement ceux auxquels nous aspirons, »

C'était, en effet, du traité secret qu'il était de nouveau question. En vertu des instructions reçues de Vienne, Stahremberg avait rédigé avec le plus grand soin un projet qu’il remit à Bernis le 31 octobre. Quelques expressions de son rapport indiquent bien la ligne de conduite qu'il comptait adopter dans la négocialion, et qui lui avait valu ses succès antérieurs. « J'ai cru devoir accorder tout de suite les points de moindre importance afin de pouvoir tenir bon sur les objets principaux, en même temps que j'ai pris toutes les précautions possibles pour lier la France et rendre tous les engagements à prendre de sa part bien obligatoires; j'ai eu soin de garder les mains libres sur différents points au sujet desquels il n'eût pas été de notre intérêt de nous lier avant le temps. »

Les articles essentiels sur lesquels l’Autrichien n'entendait céder que le plus tard possible, étaient les suivants : affectation au service de l'Impératrice, en plus des 24,000 auxiliaires du traité défensif, d'un corps de 25 à 40,000 hommes des troupes de l'Empire à la solde française; échéance très rapprochée pour le paiement du subside de douze millions de florins; abandon total des avances en cas de non succès de l'entreprise contre le roi de Prusse; subordination de la cession des Pays-Bas à l'occupation par l'Impératrice, non seulement de la Silésie et Glatz, mais encore d'autres territoires à déterminer: affaiblissement ultérieur du roi de Prusse « dont, quels que soient le mécontentement et l'aigreur que l'on à actuellement

contre lui, on ne voudrait pas néanmoins voir la puis- HE sance totalement anéantie. »

UK Sur deux autres objets, l'envoyé impérial pensait renll contrer une vive opposition. Dans ‘ur part des Pays- LANQEE Bas, les Français désireraient que N uport, Ostende et la côte maritime fussent compris; quoique autorisé par sa cour à cet abandon, Stahremberg entendait résister jusqu'au bout, « offrir comme compromis le pays rétrocédé, se retrancher derrière des ordres qu'il serait censé avoir recus de Vienne, et ne signer qu'avec la réserve « sub spe rati ». Il se montrerait intraitable sur : la renonc'ation de notre cour à l'alliance de l'Angieterre, chose que l'on nous a constamment demandée depus le commencement de la négociation. De mon côté, je su» décidé à ne consentir, sans un ordre exprès de Leurs Majestés, à aucune clause dont l'Angleterre püt avoir lieu de se plaindre, et j'ai évité à cet effet de faire à mon proje: la moindre mention de la Grande-Bretagne. Le cas de là réciprocité n'existe nlus Actuellement: notre position à l'égard de l'Angleterre est bien différente de celle de là France à l'égard de la cour de Berlin: aussi est-ce principalement dans cette vue que je me suis donné tant de mouvement pour obtenir le rappel de M. de Valor: et :e renvoi du baron de Knyphausen, ce qui dénote publiquement une rupture faite entre les deux cours; nous ne sommes pas dans ces termes-là avec l'Angleterre.

En attendant l'examen du projet de traité sur lequel Bernis va préparer son rapport, Stahremberg dépeint l'état des esprits à la cour comme excellent Le mécontentement et l'animosité contre le roi del ‘ augmentent ici d'un jour à l’autre, et jose assurer que nous n'avons rien à désirer sur ce point. Il reste encore à ce prince beaucoup de partisans en France, et même à la cour, mais ils n'osent plus élever la voix. Le Roi tient publiquement des propos qui ferment la bouche à tout le

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